La mairesse de Saguenay, Josée Néron, s’explique mal les attaques de CKAJ.

Saguenay se défend de boycotter CKAJ

Le conseil municipal de Saguenay n’a ordonné aucun boycottage de la station de radio jonquiéroise CKAJ, ni du point de vue publicitaire, ni de celui de la couverture médiatique. La mairesse de Saguenay, Josée Néron, s’explique bien mal la sortie de la station, qui se dit victime d’une campagne de boycottage en raison des récents résultats d’un sondage et de l’intervention des animateurs à l’endroit de l’administration Néron. La mairesse affirme également que des sommes substantielles étaient versées à la station radiophonique dans le temps de l’ancien régime de Saguenay, des sommes qu’elle n’arrive pas vraiment à expliquer.

Au cours de la journée de mercredi, la station communautaire a publié un long texte sur les médias sociaux, affirmant que la Ville s’apprêtait à la boycotter, notamment en raison de la diffusion de récents sondages, dont les résultats n’étaient pas en faveur de l’administration Néron.

« À la suite du sondage Segma Recherche CKAJ 92,5 (sur la satisfaction des citoyens de Saguenay sur l’administration municipale) diffusé récemment sur les ondes du 92,5 et à la suite de la dénonciation de l’augmentation des salaires des élus, nous avons appris avec stupéfaction que Saguenay boycotterait à partir de maintenant, et ce, à différents niveaux (financier notamment, et absence des élus de sur nos ondes), la seule station 100 % régionale CKAJ 92,5. L’administration tente de nous faire taire, nous croyant faibles », a écrit l’équipe de CKAJ.

La mairesse Josée Néron a d’ailleurs tenu à réagir à ces propos, qu’elle infirme. « Premièrement, je tiens à dire que le conseil est pour la liberté de presse et je m’explique très mal cette sortie, puisque la Ville n’a aucunement l’intention de boycotter qui que ce soit. Ce que je trouve bizarre, toutefois, c’est que CKAJ a diffusé des sondages qui me concernaient directement et qu’on n’a jamais, je dis bien jamais, pris la peine de me contacter pour avoir ma réaction. Alors oui, je me pose certaines questions. Qui utilise CKAJ, à qui sert ce sondage et qui a fourni l’argent pour le réaliser ? », a questionné la mairesse.

Le cabinet de Josée Néron a fait parvenir des tableaux au Quotidien, afin de démontrer qu’il n’y avait pas d’inégalité en terme de revenus publicitaires entre les stations. « Au cours de la dernière année, les stations de radios saguenéennes ont toutes reçu leur part du gâteau de façon équitable en fonction des cotes d’écoute, notamment », a expliqué Mme Néron. Ainsi, en 2018, CKAJ a reçu 21 755,36 $ de la Ville, en plus d’un montant de 4461,03 $ de Promotion Saguenay. À titre comparatif, KYK a reçu 42 955,10 $ et 22 693,78 $. Groupe Attraction, qui détient le 98,3, a reçu des montants de 19 446,27 $ et 1724,63 $. C’est Bell Média, qui est propriétaire de deux stations (Rouge et Énergie), qui a la plus grande part, avec 129 407,27 $ et 14 201,15 $.

Les chiffres de 2017 sont toutefois nettement plus élevés pour la station CKAJ, qui avait reçu 106 000 $ de la part de Promotion Saguenay. À l’époque, les plus importants montants étaient remis par Promotion Saguenay, ce qui a été changé depuis l’élection de Josée Néron. En effet, les plus importants montants de publicités proviennent maintenant des coffres de la Ville.

À titre d’exemple, lorsque CKAJ a reçu un montant de 106 000 $ de Promotion Saguenay, KYK en a reçu 41 791,09 $.

« Je vais vous raconter une anecdote. Lorsque j’ai pris la mairie, vous vous souvenez que j’ai eu plusieurs surprises avec Promotion Saguenay. L’une d’elles était un chèque de 25 000 $ pour CKAJ pour la publicité en lien avec les Marquis. J’ai demandé à un membre de l’ancien conseil d’administration que je ne nommerai pas à quoi servait ce chèque. On m’a dit que c’était une patente que Promotion Saguenay avait créée pour aider CKAJ à boucler sa fin d’année, a affirmé Josée Néron. Alors non, je ne remettrai pas d’argent à une radio parce qu’elle en a besoin. Je le ferai de façon juste », a-t-elle ajouté.

De son côté, le président du conseil d’administration de CKAJ, Robert Banford, a affirmé qu’il n’était pas là au moment de l’émission de ce chèque. Questionné à propos des montants alloués par Promotion Saguenay en 2017, le président a expliqué que les chiffres étaient élevés en raison des contrats de radiodiffusion des matchs des Marquis et de ceux des Voyageurs.

Il ignore s’il y a bien une campagne de boycottage, mais affirme que ses animateurs l’ont su de source sûre et qu’il leur faisait confiance.

Le Quotidien a également demandé qui avait financé le fameux sondage. « C’est CKAJ, avec l’aide de commanditaires que je ne nommerai pas », a affirmé Robert Banford.