Le Camping Jonquière ne pourra obtenir sa subvention municipale de 200 000$ cette année. Selon les autorités de Saguenay, le retrait de l'enveloppe n'a rien à voir avec l'enquête policière dont fait l'objet le DG, Richard Brabant.

Saguenay retire sa subvention

Le Camping Jonquière ne recevra pas l'aide financière de 200 000$ que Saguenay s'était engagée à lui verser cette année.
L'organisme devait bénéficier d'une subvention grâce à l'obtention d'un prêt par la Ville. Un projet de règlement adopté par le conseil en décembre 2013 faisait initialement état d'un montant requis de 997 000$ pour pourvoir aux besoins d'une dizaine de regroupements et organisations. La somme a toutefois été revue à la hausse. Une résolution entérinée le 3 mars dernier confirme la volonté de la Ville de contracter un emprunt de 1,2 million$ dans ce dessein.
Les projets de règlements d'emprunts de toutes les municipalités du Québec sont cependant soumis à l'approbation du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT). Dans le présent cas, le MAMOT a fait remarquer à l'administration de la capitale régionale qu'elle ne pouvait emprunter de l'argent pour subventionner des organismes responsables de la gestion d'actifs qui lui appartiennent. Ceci éclaircit les liens, jusqu'ici nébuleux, unissant le Camping Jonquière et la Ville.
«Le ministère nous a mis en garde contre le fait que nous ne pouvions pas adopter un règlement d'emprunt pour ensuite le redonner en subvention à un organisme qui le réinvestirait dans des bâtisses qui nous appartiennent déjà", a expliqué le responsable des communications, Jeannot Allard, par courriel.
Il ajoute que l'administration municipale a elle-même décidé de retirer la partie du règlement concernant le camping pour ne pas retarder son adoption et nuire aux autres bénéficiaires. Le dossier ayant pris cette tournure tout récemment, Jeannot Allard ne peut dire ce qu'il adviendra de la subvention annuelle que la Ville accorde au Camping Jonquière depuis 2010 pour l'aider à assainir ses finances.
Le porte-parole assure que le retrait de l'enveloppe n'a rien à voir avec le fait que le directeur général, Richard Brabant, fait l'objet d'une enquête menée par la Sûreté du Québec (SQ) en lien avec des allégations de fraude.
Refus
Au MAMOT, Caroline Saint-Pierre confirme que le règlement de 1,2 million$ a été approuvé par le ministre le 14 mai 2014, à l'exclusion de l'aide financière versée à la Fabrique de la Paroisse Saint-François-Xavier, au Club de Yacht de Chicoutimi, à la Société Bélu et au Camping Jonquière pour un montant de 355 000$.
«La Ville a informé le ministère qu'elle renonçait à l'emprunt concernant la Fabrique de la Paroisse de Saint-François-Xavier puisqu'elle allait plutôt relocaliser les organismes occupants. Pour le Club de Yacht de Chicoutimi, le Camping de Jonquière et la Société Bélu, elle a aussi renoncé à ces trois subventions. Il s'agit d'équipements appartenant à la Ville, auquel cas elle doit s'occuper elle-même de faire faire les travaux», met en relief la responsable des relations avec les médias.
Le Camping Jonquière a terminé l'exercice financier 2013 avec un surplus de 77 850$, lequel n'aurait pu être enregistré sans l'appui financier de Saguenay. Jeannot Allard précise que la direction s'est tournée vers d'autres sources de financement pour boucler son budget. Promotion Saguenay, la branche de développement économique de la Ville, affirme ne pas avoir été sollicitée financièrement dans ce dossier. Le DG du camping municipal se trouve présentement en vacances. Joint sur son cellulaire, il a refusé de commenter le retrait de la subvention par Saguenay. Il n'a pas voulu élaborer, non plus, au sujet de la récente acquisition, par la direction, d'une roulotte destinée à une clientèle spécifique dont le coût est estimé à plusieurs milliers de dollars.
Mgagnon@lequotidien.com
CHICOUTIMI - Le statut du Camping Jonquière et d'autres organismes bénéficiant de subventions municipales continue de susciter certains questionnements au sein de la population. Une situation semblable prévalant à Laval a motivé le maire, Marc Demers, à mandater l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques (IGOPP) à analyser la gestion de 15 sociétés paramunicipales. L'IGOPP a recommandé qu'un sérieux ménage soit fait et a suggéré, entre autres, la mise en place d'un Secrétariat à la gouvernance et d'une commission permanente pour suivre de près la gestion de ces organismes.