Saguenay a annoncé qu’elle modifie sa procédure déposée en 2018 devant la Cour supérieure afin de réclamer 5,5 M $ pour non-respect d’entente et représentations erronées à l’homme d’affaires Paul Boivin dans le dossier de la vente des locaux du Carrefour Racine.

Saguenay réclame 5,5 M $ à Paul Boivin

Le dossier de la vente en 2013 des locaux du Carrefour Racine de Chicoutimi par Saguenay à l’homme d’affaires, Paul Boivin, a évolué alors que Saguenay a annoncé qu’elle modifie sa procédure déposée en 2018 devant la Cour supérieure afin de réclamer 5,5 M $ pour non-respect d’entente et représentations erronées.

Par voie de communiqué, Saguenay affirme qu’à la suite des conclusions d’experts en évaluation d’entreprise, juricomptabilité et évaluation de bâtiment, elle considère qu’elle est en droit de réclamer pas moins de 5,5 M $ de Paul Boivin et ses entreprises.

L’origine du litige remonte à mars 2013 alors que Paul Boivin, par l’entremise d’une société constituée à cette fin, achetait de la Ville de Saguenay pour 335 000 $ les locaux abritant le CLSC de Chicoutimi incluant un stationnement à étages de 100 espaces, un stationnement extérieur de 60 places et le terrain sur lequel était érigé l’ancien atelier Jones-Robert, sis au 421, rue de l’Hôtel-Dieu. Le projet présenté par Paul Boivin au comité exécutif de la Ville de Saguenay avant la vente prévoyait l’aménagement d’un hôtel-boutique dans les lieux occupés par le CLSC de Chicoutimi, la construction d’une nouvelle bâtisse pour relocaliser le CLSC sur le site de l’ancien atelier Jones-Robert et la rénovation du stationnement à étages de la rue Hôtel-Dieu.

La vente était conditionnelle à la réalisation d’un projet de 10 M $, à la création d’au moins 200 emplois et à la réalisation de travaux de démolition, de rénovation et la construction du stationnement à étages d’un minimum de 160 espaces. En contrepartie, une somme de 1 350 000 $ a été accordée par la Ville en réduction du prix de vente de l’immeuble.

Selon les allégations de Saguenay, M. Boivin n’a entrepris aucune démarche pour réaliser ses engagements dans les délais convenus, justifiant ainsi la Ville de Saguenay d’entreprendre, en 2018, des recours. Aux termes de sa demande en justice modifiée, la Ville de Saguenay allègue que M. Bovin et ses entreprises ont « fait preuve de négligence et de mauvaise foi » et que les représentations faites par M. Boivin en relation avec le projet présenté au comité exécutif « se sont avérées erronées et frauduleuses des faits ».

La Ville réclame en dommages et intérêts 3,6 M $ représentant la juste valeur marchande de l’immeuble, 1 350 000 $ en pertes de revenus de taxation, 270 000 $ en perte d’utilisation de stationnements et le reste en frais légaux.

Selon le porte-parole de Saguenay, Jeannot Allard, Saguenay n’a pas changé de position puisqu’elle n’a fait qu’ajuster sa requête en réclamation déjà déposée d’un montant de 4 M $. M. Allard a mentionné que le promoteur s’était engagé à débuter les travaux rapidement.

Réplique

La réplique au communiqué de Saguenay ne s’est pas fait attendre puisque M. Boivin a qualifié les affirmations contenues de diffamantes qu’il entend réfuter devant le Tribunal.

Cette diffusion, a-t-il soutenu, apparaît être une stratégie de diversion de la Ville de Saguenay en vue de ternir la réputation d’un homme d’affaires reconnu de la région qui a présenté à Saguenay un projet immobilier de douze millions de dollars accepté par l’administration municipale en octobre 2017.

Ce projet a selon lui été cavalièrement interrompu par la nouvelle administration dès son entrée en fonction. Ce projet visait la relocalisation des organismes culturels de la Ville dans des locaux entièrement adaptés à la définition de leurs besoins qui en avait été faite par la ville elle-même. Or, depuis plus de deux ans, la nouvelle administration municipale n’a aucunement relocalisé ses organismes culturels.

M. Boivin ne fera plus d’autres commentaires, estimant que le communiqué de la Ville le place en situation de transgresser la confidentialité de l’interrogatoire ainsi que les ordonnances de mise sous scellés et de non-publication prononcées dans le dossier judiciaire relativement à la documentation évoquée.