Saguenay n’est pas la seule à blâmer pour la destruction du patrimoine

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
Saguenay fait souvent figure de cancre dans la protection de son patrimoine bâti, mais elle n’est pas la seule à blâmer. C’est du moins ce qui ressort du rapport de la vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, rendu public mercredi.

Cette dernière pointe le ministère de la Culture et des Communications (MCC), et plus largement Québec, qui n’ont « pas de vision » dans la protection du patrimoine.

« Le MCC n’assume pas adéquatement ses responsabilités en matière de patrimoine immobilier et n’exerce pas le leadership attendu dans la résolution d’enjeux de sauvegarde qui existent depuis des décennies », écrit Mme Leclerc dans son rapport qui fait état du laxisme du gouvernement provincial sur la question.

Selon la vérificatrice générale, le fait que la gestion du patrimoine ait été donnée aux municipalités est une bonne chose, a-t-elle dit devant les médias. Ces gouvernements de proximité sont bien placés pour gérer la question, mais Québec ne doit pas renier ses responsabilités pour autant.

La Maison Isidore-Gauthier, plus que centenaire, a été démolie à la mi-mai.

Guylaine Leclerc émet donc neuf recommandations pour éviter que des édifices patrimoniaux irremplaçables soient perdus à jamais. Elle recommande entre autres de se doter d’une stratégie qui contient « minimalement une vision claire, les résultats à atteindre ainsi que les acteurs responsables ».

Plusieurs démolitions, mais un plan

La question du patrimoine fait fréquemment la manchette dans les médias régionaux pour les mauvaises raisons. Au début du mois de mai, plusieurs personnes déploraient la démolition d’une maison construite sur la rue Jacques-Cartier et dessinée par l’architecte Jacques Coutu. Une semaine plus tard, un édifice centenaire, la Maison Isidore-Gauthier, tombait sous le pic des démolisseurs dans le quartier de Rivière-du-Moulin, à Chicoutimi.

En 2018, il avait été abondamment question des maisons Bossé et Riverin, au centre-ville de Chicoutimi, détruite pour faire place à l’agrandissement d’une résidence pour personnes âgées.

Pendant la dernière séance du conseil municipal de Saguenay, le 1er juin dernier, le président du Comité du patrimoine, Simon-Olivier Côté, a présenté un avis de motion qui vise à mieux encadrer les démolitions sur son territoire et à « arrêter l’hémorragie ».

Les demandes de démolition seront désormais étudiées par un comité formé de trois membres du conseil, appuyés, lorsque nécessaire, par les fonctionnaires de la Ville.

Le règlement prévoit aussi des amendes allant de 10 000 $ à 250 000 $ pour ceux qui y contreviendront.