La RMR de Saguenay démontre le plus haut taux de logements inoccupés de toutes les régions de recensement du Québec, selon des données rendues publiques par la SCHL.

Saguenay, le royaume des logements inoccupés

Le taux d’inoccupation de logements à Saguenay y est le plus élevé de toutes les régions métropolitaines de recensement (RMR), avec 6,8 %, soit deux fois plus que la moyenne provinciale.

Ces statistiques proviennent de la Société canadienne d’hypothèques et de logements (SCHL), dans le rapport datant d’octobre 2017. La SCHL a confirmé que le taux d’inoccupation est stable, mais très élevé, et ce, depuis quelques années, dans les quelque 15 000 logements de la RMR du Saguenay.

« Ça n’a pas toujours été comme ça », a ajouté Nicolas Bertnachez, analyste des marchés pour la SCHL. Selon les donnés de la SCHL, le taux atteignait 7 % dans les années 90, et il était inférieur à 2 % en 2008. L'analyste a mentionné que plusieurs facteurs expliquaient ces variations, qui dépendent toujours de la conjoncture locale.


« Il y a beaucoup de logements. Il y a du choix, et les locataires ont donc bon espoir de partir et de trouver mieux. C'est comme jouer à la chaise musicale. Quand il reste une chaise, c'est stressant. Mais quand il y en plusieurs, ça va beaucoup mieux. »
Hans Brouillette

« Ça dépend toujours du marché de l’emploi et de la démographie. Le contexte a été moins favorable dans la région au cours des dernières années. Il y a eu plus de gens qui ont quitté la région que de gens qui sont venus s’y établir, surtout chez les jeunes. Ça a affaibli la demande d’habitations et contribué à une augmentation marquée du taux d’inoccupation entre 2012 et 2015, lequel demeure autour de 7 % depuis », a mentionné l’analyste.

Hans Brouillette, directeur des affaires publiques de la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ), a ajouté que l’âge des logements a aussi contribué à faire hausser le taux d’inoccupation.

« Il y a une offre, mais elle ne semble pas rejoindre la demande. Plusieurs logements sont vieillissants. Même si les prix des logements de la région sont dans les moins chers au Canada, les gens recherchent une certaine qualité. »

Il a conseillé à ceux qui ne sont pas capables de louer de faire certaines rénovations et d’investir un peu plus.

Dans les prochaines années, la SCHL a estimé que le taux devrait être à la baisse et pourrait atteindre 6 % d’ici 2019.

Taux de rotation
Le taux de rotation des locataires se démarque aussi des autres régions du Québec. Ce dernier correspond à la proportion d’appartements dont le locataire a changé en cours d’année.

Dans le RMR de Saguenay, le taux atteint 21,3 %, comparativement à la moyenne provinciale de 18,6 %. « Il y a beaucoup de logements. Il y a du choix, et les locataires ont donc bon espoir de partir et de trouver mieux. C’est comme jouer à la chaise musicale. Quand il reste une chaise, c’est stressant. Mais quand il y en a plusieurs, ça va beaucoup mieux », a expliqué le directeur des affaires publiques de la CORPIQ.

La montée des annonces 
Dans un entretien avec Le Quotidien, Johanne Sasseville, administratrice de la page Facebook Appartements à louer à Jonquière et à Chicoutimi, a confirmé l’augmentation d’offres qu’elle reçoit en ligne.

Depuis les trois ans qu’elle y œuvre, le nombre d’offres n’a jamais été aussi élevé. « Il n’y a pas de temps d’arrêt. Il y a toujours de nouvelles publications », a-t-elle écrit au Quotidien.

Ce nombre si élevé encourage les gens à se distinguer pour louer leur habitation. Divers moyens sont utilisés. Sur la page, on peut voir les gens offrir des mois gratuits, une remise en argent jusqu’à 300 $ ou encore des rabais sur les premiers mois.

Plusieurs souhaiteraient avoir loué pour le 1er juillet, qui arrive à grands pas. Sur le site Internet Kijiji, plus de 700 annonces de logements et de condos sont disponibles dans toute la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean

En version papier, Le Quotidien a maintenu un nombre constant d’annonces, depuis les dernières années.

Certains propriétaires ont avoué que, puisqu’il y en avait moins, il était plus facile de se démarquer.