Le Progrès du 15 novembre 1962

Saguenay-Lac-Saint-Jean: PQ ou PLQ depuis 1973

Si le Saguenay-Lac-Saint-Jean élit un député de la Coalition avenir Québec lundi soir, un important chapitre de l’histoire de la région s’écrira.

Car les derniers députés à être ni péquiste ni libéral ont été battus en 1973. Il s’agissait des unionistes Jean-Noël Tremblay dans Chicoutimi et Roch Boivin dans Dubuc. Depuis ce jour, les libéraux et le parti fondé par René Lévesque se sont passé le flambeau, sauf dans Chicoutimi où le PQ règne sans partage. Dans Lac-Saint-Jean, c’est depuis 1976.

83 ans

Dans Chicoutimi, qui incluait Jonquière jusqu’en 1956, même l’élection de la libérale Marie-Josée Morency ferait l’histoire. Car le parti y est absent depuis 1935, alors que Louis-Alexandre Taschereau était toujours premier ministre du Québec.

Arthur Larouche, président de l’Action libérale nationale de Chicoutimi, une branche dissidente du PLQ fondée par Paul Gouin, est alors élu député. Après la fusion de l’ALN avec les conservateurs de Maurice Duplessis, qui donnera naissance à l’Union nationale, Larouche est réélu sous la bannière du nouveau parti avant de démissionner au printemps de 1938.

C’est à ce moment qu’entre en scène Antonio Talbot, à la faveur de la partielle qui suit en mai 1938. Celui qui donnera à la région un lien direct vers Québec restera en poste jusqu’à sa démission en 1965. Jean-Noël Tremblay prend à son tour le flambeau unioniste sous le court règne de Daniel Johnson à l’élection générale de 1966, jusqu’à sa défaite aux mains de Marc-André Bédard en 1973.

changement de frontières

Il faut savoir que la région n’a évidemment pas toujours compté cinq circonscriptions.

Ainsi, Jonquière-Kénogami ne s’est détachée de Chicoutimi qu’en 1956 pour élire l’unioniste Léonce Ouellet. Dix ans plus tard, Chicoutimi et Jonquière-Kénogami ont de nouveau été modifiées pour donner les trois circonscriptions actuelles au Saguenay : Chicoutimi, Jonquière et Dubuc. À ce moment, Dubuc est restée elle aussi dans le giron de l’Union nationale jusqu’à l’élection du libéral Ghislain Harvey en 1973.

Jonquière, telle qu’on la connaît depuis 1965, a toujours balancé entre libéraux et péquistes. Son ancêtre, le comté Jonquière-Kénogami, portait les couleurs de l’Union nationale lors de sa création en 1956 puis a viré au rouge sous Gérald Harvey en 1960. Ce dernier a conservé son siège quand le comté est devenu celui de Jonquière en 1966, avant d’être chassé par Claude Vaillancourt lors de la vague péquiste de 1976. La démission de ce dernier, nommé juge en 1983, a permis l’élection de la libérale Aline Saint-Amand lors de la partielle. L’ancien maire Francis Dufour a ramené le comté dans le giron péquiste à l’élection générale de 1985 lors du retour de Robert Bourassa, pour ensuite céder son siège à Lucien Bouchard, donnant à la région le premier chef de gouvernement de son histoire.

La démission fracassante de Lucien Bouchard en 2001 a permis à Françoise Gauthier de planter à nouveau le drapeau du parti libéral dans la circonscription avant de céder sa place à Sylvain Gaudreault en 2007.

Journal Le Quotidien, 8 avril 2014

Au Lac

Le comté Lac-Saint-Jean, créé en 1890, incluait Roberval jusqu’en 1930.

La dernière fois que Lac-Saint-Jean a eu un député autre qu’un péquiste ou un libéral remonte à l’élection de Daniel Johnson père, alors que Léonce Desmeules s’y faisait élire en 1966, pour ensuite être défait par le libéral Roger Pilote en 70. Le PQ y règne sans partage depuis 1976.

Le portrait est semblable à Roberval où le dernier député de l’Union nationale, Georges Gauthier, a cédé sa place au libéral Robert Lamontagne en 1970 pour ensuite voir l’alternance entre libéraux et péquistes.