Christiane Gagnon, professeure associée à l’UQAC, soutient que les élus de Saguenay devraient revoir leur façon de penser, dans le but de mieux assurer la sécurité des cyclistes sur les rues et artères de la ville.

Saguenay invitée à s'inspirer des réseaux cyclables d'Europe

Les élus et décideurs de Saguenay devraient s’inspirer des modèles d’urbanisme développés en Europe afin de faire une place plus sécuritaire aux vélos et cyclistes circulant dans la ville.

Cette suggestion est lancée dans l’espace public par la citoyenne Christiane Gagnon, une professeure associée à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) ayant oeuvré en enseignement en développement durable, qui souhaite que les dirigeants revoient le modèle de développement du réseau cyclable.

Christiane Gagnon, professeure associée à l’UQAC, soutient que les élus de Saguenay devraient revoir leur façon de penser, dans le but de mieux assurer la sécurité des cyclistes sur les rues et artères de la ville.

Grande amateure de cyclotourisme en Europe, Mme Gagnon a décidé d’effectuer une sortie médiatique après avoir lu dans Le Quotidien que Saguenay s’apprêtait à investir 1 M $ dans l’extension de pistes cyclables dans la ville.

Même si elle ne s’oppose pas à cette décision, Mme Gagnon soutient que les élus devraient revoir leur façon de penser les aménagements pour les cyclistes, dans le but de mieux assurer leur sécurité sur les rues et artères de la ville.

Inspirée par ce qui se fait en Europe, elle mentionne que dans plusieurs pays, on retrouve des voies réservées spécifiquement pour les vélos, aménagées à côté des voies pour automobiles, ainsi que des aires de stationnement pour vélos, des supports à vélo près des édifices publics ou commerces privés.

« On voit, ces jours-ci, des publicités à la télévision faisant la promotion du partage de la route. Si on veut partager la route avec le vélo, on se doit d’avoir des voies marquées avec de la peinture, de l’affichage, des séparateurs, des abris, avec pour objectif d’assurer la sécurité des cyclistes », évoque-t-elle.

Dans une époque où tout le monde parle de réchauffement climatique, elle estime que de tels aménagements seraient susceptibles d’aider les citoyens à mieux intégrer « la petite reine » dans leurs déplacements quotidiens, que ce soit pour effectuer des courses, se rendre au travail, visiter des amis, etc.

Une planification à long terme nécessaire

Mme Gagnon ne prétend pas que tout peut se faire du jour au lendemain, mais affirme qu’une meilleure planification urbanistique à long terme s’impose pour changer les choses. À titre d’exemple, elle mentionne que lors de l’aménagement de larges trottoirs sur le boulevard Talbot, personne n’a songé à aménager une voie réservée aux cyclistes.

Il en va de même, selon elle, lors des travaux de rénovation du pont Dubuc ou encore lors du développement de nouveaux quartiers résidentiels.

Les occasions de faire plus de place et de prioriser les vélos dans la ville ne manquent pas, selon elle, puisque Saguenay comporte de nombreuses rues très larges et facilement aménageables. Selon elle, on ne parle pas d’investir des millions en infrastructures cyclables.

Elle ajoute qu’au Québec, 4,4 millions de personnes pratiquent le vélo, certains selon un modèle sportif comme le promeut l’athlète Pierre Lavoie, tandis que d’autres le font à leurs risques et périls en l’absence d’aménagements réservés.

L’exemple de la France

Mme Gagnon rappelle que le vélo en Europe, spécifiquement en France, constitue un apport économique important puisqu’il existe de nombreux circuits cyclables intégrés à la campagne comme à la ville pour la pratique du cyclotourisme, où il est possible de s’héberger, de se nourrir et même de faire transporter ses effets personnels dans différents établissements.

« Il existe, en France, 40 circuits cyclables où tu peux traverser le pays au complet ainsi que 500 balades en vélo en itinérance », explique-t-elle.

Bien que la région dispose de la Véloroute des Bleuets, il n’existe pas de voies réservées au plan régional.

Selon elle, le développement à long terme de voies cyclables réservées passe par une prise de conscience des dirigeants, mais aussi par l’ensemble des citoyens. À titre d’exemple, elle mentionne que de nombreux commerçants, hôteliers et restaurants pourraient commencer à installer des supports à vélo près de leurs édifices permettant de cadenasser leur petit véhicule.

« Je pense également que les citoyens favorables à ces idées doivent penser à se regrouper et à faire des représentations afin d’obtenir de tels aménagements », conclut-elle.

Christiane Gagnon estime que Saguenay devrait s’inspirer des villes européennes, qui réservent des aménagements aux cyclistes, comme le montrent ces photos prises à Nantes, par exemple.