Il faudra investir un minimum de 2,2 M$ pour que le pont de Sainte-Anne demeure sécuritaire.

Saguenay demande 15M$ pour le pont de Sainte-Anne

Saguenay a besoin de 15 M $ pour permettre aux véhicules d’urgence de circuler à nouveau sur le pont de Sainte-Anne. Les élus de la ville interpellent donc la ministre de la circonscription de Chicoutimi, Andrée Laforest, et le ministère des Transports (MTQ) pour que le gouvernement provincial finance la totalité des travaux.

Les élus déposeront une résolution à la séance du conseil municipal, lundi soir, demandant une aide financière au MTQ pour « permettre la circulation des véhicules d’urgence sur ce pont, dans une optique de durabilité à long terme » de l’ouvrage construit en 1932, qui appartient à Chicoutimi (puis évidemment Saguenay) depuis 1978.

Une étude émanant du MTQ remise à la ville l’automne dernier a permis d’identifier les travaux à faire sur le pont. Une autre préparée par la firme d’ingénierie WSP en février dernier chiffre le montant total de ces travaux à 15 millions.

Pour conserver les usages actuels du « pont vert », soit de permettre aux piétons et aux véhicules de moins de 4500 kg de circuler, il faudra investir un minimum de 2,2 M $, avec ou sans l’aide du gouvernement provincial.

Pour le maire suppléant de Saguenay, Michel Potvin, plusieurs scénarios sont envisageables, mais il serait préférable de faire tous les travaux suggérés.

Michel Potvin, maire suppléant, et Simon-Olivier Côté, conseiller municipal du secteur, espèrent obtenir 15M$ du gouvernement provincial pour financer les travaux.

« Tous les véhicules pourraient passer dessus, admettons qu’il arrive d’autres difficultés. Ça, c’est intéressant pour tout le monde, incluant le gouvernement du Québec », pense-t-il.

À court terme, le pont demeure sécuritaire. « Si on veut assurer la sécurité à long terme, il y a différentes phases de travaux qui doivent être faites », précise le conseiller du secteur, Simon-Olivier Côté.

À rénover

Les travaux envisagés sont à la fois structurels et esthétiques. Repeindre le pont, par exemple, pourrait coûter de 3 à 4 millions. « Si on fait la totale, explique M. Côté, il y a les approches de chaque côté à refaire. Au niveau des paliers, ça ne tombera pas demain matin, mais si on veut sa pérennité il faut changer des éléments de structure en métal ».

Parmi les éléments moins urgents, les signataires de l’étude faite l’an dernier ont remarqué que les gardes du pont de Sainte-Anne commencent à démontrer des signes de fatigue à certains endroits. Des poutres de la structure métallique qui se trouve au-dessus du pont seraient aussi à refaire. « Il y a des palplanches, qui datent de l’époque où le pont tournait, qu’on aimerait enlever également », ajoute Simon-Olivier Côté.

Politique

Michel Potvin espère avoir la collaboration de la ministre Laforest et obtenir une réponse positive en 2019. Dans un monde idéal, les travaux pourraient même débuter en 2020 ou 2021.

« J’imagine qu’elle va essayer de faire tout son possible pour aller chercher le maximum. On sait que 15 M $, c’est un gros montant. Le pont n’appartient pas au gouvernement, il nous appartient. On ne peut pas revenir en arrière », indique M. Potvin.

S’il est persuadé d’avoir l’appui des conseillers, il réitère que Saguenay n’a pas d’argent à investir dans le pont. « On en a parlé, tout le monde est d’accord, en autant qu’on reçoive 15 M $. »

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UN POTENTIEL À EXPLOITER

Le lien pédestre entre Chicoutimi et sa rive nord pourrait être exploité davantage et représente une partie importante de notre histoire, croient les deux élus.

Pour Simon-Olivier Côté, le pont est un élément distinctif de Saguenay. « Je suis content que nos prédécesseurs aient décidé de le garder, parce que quand on regarde des images de Ville Saguenay, un peu partout dans le monde, c’est presque toujours le pont de Sainte-Anne qui est mis de l’avant. C’est une structure emblématique », lance-t-il, ajoutant qu’en dehors de son aspect utilitaire, le pont fait partie de notre patrimoine et de notre identité.

Son plein potentiel n’est pas encore exploité. « Les études démontrent qu’on peut circuler dessus, mais si on dit qu’on veut amener mille personnes pour faire un événement, pour l’instant, ça ne marche pas », précise le conseiller Côté.

Le maire suppléant abonde dans le même sens. « Un pont en bon état, propre, bien peinturé bien éclairé pourrait être porteur de plein d’événements. En ce moment, il est beau, mais il n’est pas très accueillant ».

Les deux élus terminent en disant espérer le voir franchir son centième anniversaire, en 2032.