Saguenay aura son Lab-École

En cette fin d’année scolaire, l’équipe de professeurs de l’école Antoine-de-Saint-Exupéry a reçu un cadeau alors que la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay a obtenu l’autorisation du ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge, de construire son Lab-École flambant neuf sur le site de l’école Marguerite-D’Youville, à Chicoutimi, au coût de 15,5 M$.

Vendredi matin, la présidente Liz S. Gagné, accompagnée de Nicolas Savard, directeur des ressources matérielles, et de Jean Frédérick-Girard, professeur à l’école Antoine-de-Saint-Exupéry, a convoqué les médias pour annoncer la nouvelle voulant que l’école Marguerite-D’Youville soit démolie pour laisser place à un établissement Lab-École.

Effectuant un retour sur l’origine du projet, Mme Gagné a mentionné que tout a débuté sous le gouvernement libéral avec le ministre de l’Éducation de l’époque, Sébastien Proulx. L’architecte Pierre Thibeault, l’athlète Pierre Lavoie et le chef Ricardo Larrivée « avaient le mandat de suggérer un concept et de nous faire nos demandes pour s’inscrire», explique Mme Gagné.

C’est ainsi que l’école Antoine-de-Saint-Exupéry a été désignée pour recevoir les investissements nécessaires pour le Lab-École, soit environ 3 M$. Par la suite, la commission scolaire a décidé d’ajuster le tir, estimant que l’établissement du boulevard de l’Université serait moins sécuritaire en raison de l’achalandage automobile important sur cette artère. « Nous avons présenté le projet à Pierre Lavoie et consulté la population ainsi que la municipalité afin de proposer l’école Marguerite-D’Youville », explique Mme Gagné. 

Cette école est entourée d’une piscine municipale et de plusieurs terrains sportifs, sans compter que le terrain de 25 000 mètres carrés est situé dans un secteur très calme. « [La députée] Andrée Laforest a été rencontrée et a été emballée par le projet, tout comme Pierre Lavoie », affirme Mme Gagné.

La nouvelle école, qui sera construite autour des valeurs de saines habitudes de vie, d’un environnement inspirant et de la qualité de l’alimentation, accueillera à l’automne 2022 un total de 

300 élèves de niveau primaire répartis en 15 classes, dont trois destinées aux 4-5 ans.

L’école du futur

MM. Girard et Savard ont mentionné que les adultes habitués au concept d’école des années 1950 avec de longs couloirs autour desquels sont réparties les classes devront oublier le passé. Le futur Lab-École sera doté d’une salle à manger lumineuse et d’une cuisine permettant d’initier les jeunes à la saine alimentation, tandis que la cour extérieure, les surfaces de jeu et le gymnase aideront à développer la pratique des sports.

Outre ces exigences, les architectes sollicités par appels d’offres à compter du 26 août pourront laisser libre cours à leur imagination, en décidant, par exemple, d’intégrer des serres. « Nous voulons changer la vision standard de l’école courante afin que les installations offertes créent le confort de la maison à l’école », affirme M. Girard.

Ce dernier mentionne que l’école Antoine-de-Saint-Éxupéry n’est plus adéquate pour l’enseignement de qualité en raison de locaux exigus ou du manque d’espace. « Le matin, certains locaux servent pour les petits déjeuners, puis se transforment pour l’enseignement de la musique, avant d’être utilisés pour le repas du midi et de redevenir un espace de travail ».

La firme gagnante, déterminée par un jury, sera connue au début de l’année 2020. La construction est planifiée sur deux années. Pour ce qui est de l’avenir de l’école Antoine-de-Saint-Exupéry, Mme Gagné a mentionné que l’école ne serait pas démolie puisqu’elle sera utilisée par le centre L’OASIS, qui est confronté à un manque de plateaux d’enseignement.

 +

ANDRÉE LAFOREST DÉPLORE LA FAÇON DE FAIRE

La députée de Chicoutimi et ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, déplore la façon dont le projet de Lab-École et l’enveloppe qui l’accompagne ont été annoncés par la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay.

En entrevue au Progrès, Mme Laforest a déclaré qu’elle et son collègue à l’Éducation, Jean-François Roberge, de même que Pierre Lavoie, ont été surpris, vendredi matin, par le dévoilement de l’autorisation accordée, lequel n’a pas été réalisé dans le cadre d’une annonce officielle avec une conférence de presse. « On se pose la question. J’étais en communication avec mon collègue Roberge et Pierre Lavoie. Ce projet, on l’a tellement travaillé. Liz. S Gagné est venue nous voir en nous disant: ‘‘Aidez-nous.’’ J’avais fait le travail pour un projet de 3 M$. J’ai travaillé avec M. Roberge, Ricardo et Pierre Lavoie pour le modifier. On se demande comment il se fait que ce soit la présidente qui l’annonce », affirme la députée.

Mme Laforest mentionne que son rôle a été d’expliquer à ses collègues et aux fonctionnaires les dangers qu’il y avait d’aménager le Lab-École sur le boulevard de l’Université, à Chicoutimi. Le projet aurait nécessité la construction d’une passerelle au-dessus du boulevard et des travaux de dynamitage derrière l’école pour agrandir le terrain à proximité de la rivière aux Rats.

La pente à franchir pour faire passer la facture de 3 M$ à 15 M$ pour le Lab-École n’a pas été facile. « Lorsqu’il y a surplus de coûts, notre gouvernement n’est pas toujours en faveur, à l’exemple du Théâtre Palace d’Arvida, qui nécessite 700 000 $ de plus. On laisse aller Mme Gagné, mais il faut qu’elle reconnaisse le travail accompli.» Après s’être débattue pour assurer la sécurité des élèves, Mme Laforest affirme qu’elle peut crier mission accomplie, d’autant plus qu’il s’agit du premier projet de Lab-École officiellement autorisé.