Marc-Antoine Simard et Jessica Girard ont choisi la Maison des naissances pour la venue au monde du petit Joseph.

Sages-femmes: le droit de pratiquer depuis 20 ans

Bien qu’il s’agisse de l’un des plus vieux métiers du monde, il y a 20 ans, les sages-femmes retrouvaient le droit de pratiquer des accouchements au Canada. Depuis 2015, les cinq sages-femmes de la Maison des naissances de Chicoutimi ont pratiqué une centaine d’accouchements par année, un nombre qui ne cesse d’augmenter.

C’est dans les années 1960 et 1970 que les accouchements à la maison ont perdu de leur lustre et que ceux en milieu hospitalier ont explosé. Bien que le métier de sage-femme n’était pas criminel à proprement parler, il n’était tout de même pas permis de le pratiquer. En 1999, la profession a été légalisée. C’est un peu ce que voulaient célébrer les travailleurs de la Maison des naissances de Chicoutimi, jeudi en fin de journée, en tenant une journée portes ouvertes.

Depuis son ouverture en 2014 (les femmes ont pu commencer à y accoucher en 2015), la Maison a accueilli entre 400 et 500 femmes, soit pour des suivis ou pour des accouchements dans l’une des trois chambres de la maisonnée ou à domicile. Dix pour cent des clientes de la Maison désirent accoucher chez elles.

Les accouchements sont en hausse à la Maison des naissances de Chicoutimi, explique la responsable des lieux, Élizabeth Tailly.

En pénétrant dans les chambres dédiées à l’accouchement, on se sent facilement à l’aise. Les femmes peuvent donner naissance comme elles le veulent, que ce soit couchées, accroupies, dans le bain ou sur différents accessoires, tel un ballon d’exercice.

Jessica Girard a accouché de son petit Joseph le 16 mai dernier. Elle donne une note de 15 sur 10 au service qu’elle a reçu. « C’est une expérience incroyable et tellement parfaite. Ça allait de soi qu’on vienne ici pour l’accouchement », a expliqué la jeune maman, accompagnée de son conjoint Marc-Antoine Simard. Le papa a également été comblé par son passage à la Maison.

Ému, il s’est rappelé le moment où son petit garçon est venu au monde. « C’est tellement impressionnant de voir la femme devenir si forte et si zen en même temps », a souligné Marc-Antoine Simard. « Nous ne sommes pas arrivés dans l’inconnu, puisque le suivi est très personnalisé », a ajouté le papa de Joseph, qui est venu au monde dans l’eau de la baignoire, installée dans chacune des chambres de naissance.

Selon la responsable de la Maison, Élizabeth Tailly, la demande est de plus en plus importante en ce qui a trait aux accouchements dits naturels. Notons que 20 % des accouchements commencés à la Maison, située face à l’hôpital de Chicoutimi, finissent en milieu hospitalier. La majorité des cas de transfert sont faits de façon préventive, surtout en ce qui a trait à la gestion de la douleur ou à l’arrêt de la progression de la dilatation ou des contractions.