Paul-Eugène Grenon est le propriétaire de l’entreprise Au gros bleuet, de Saint-David-de-Falardeau.
Paul-Eugène Grenon est le propriétaire de l’entreprise Au gros bleuet, de Saint-David-de-Falardeau.

Sa bleuetière encore endommagée à Falardeau

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le début de la saison de motoneige a une fois de plus été marqué par des dommages dans une bleuetière du Saguenay, alors que certains adeptes choisissent ses vastes espaces pour faire des courses ou tout simplement pour pousser la machine à fond.

Le propriétaire de l’entreprise Au gros bleuet de Saint-David-de-Falardeau, Paul-Eugène Grenon, a de nouveau constaté que plusieurs motoneigistes avaient décidé de quitter le sentier balisé pour utiliser sa bleuetière comme piste de course. Chaque début d’hiver, Paul-Eugène Grenon constate, impuissant, les dommages sur sa propriété.

Chaque début de saison, Paul-Eugène Grenon constate que certains motoneigistes utilisent sa bleuetière comme piste de course. Ces escapades causent des problèmes qui se traduiront par des pertes de production pour la prochaine saison.

« Les motoneigistes qui agissent de la sorte ne comprennent pas que le passage cause des dommages irréversibles aux plants. Le bleuet a besoin d’une couche de neige d’isolation puisque le bourgeon pousse en automne pour éclore aux printemps en fleurs », explique le propriétaire de la bleuetière.

Lorsque les motoneiges circulent, elles compriment la neige et lui font perdre ses propriétés isolantes. Le gel peut ainsi descendre beaucoup plus profond et provoquer la mort des bourgeons. Dans certains cas, les extrémités des plants sont tout simplement cassées.

« Nous acceptons une certaine perte en autorisant un corridor sur nos terres pour le passage du sentier du Club Caribou-Conscrits. Les bénévoles du club ont fait un très bon travail pour baliser la piste. Ceux qui sortent du sentier le font en connaissance de cause. Ils voient beaucoup d’espace et veulent en profiter », reprend le producteur de bleuets.

Chaque printemps, lorsque la neige fond et que les bleuets sont en fleurs, il est possible de bien distinguer les tracés des motoneigistes. « On observe facilement la largeur de la chenille ainsi que les deux patins. »

Le producteur n’a jamais fait l’évaluation des pertes financières associées à ces escapades de motoneigistes. Il est beaucoup plus préoccupé par le respect de la propriété privée et le travail réalisé depuis de nombreuses années pour l’entretien et l’amélioration de la bleuetière. « Les motoneiges ne sont plus ce qu’elles étaient, poursuit-il. Les chenilles sont munies de crampons très longs. Il arrive que l’on trouve des endroits où il y a des plants tout simplement arrachés avec des bris au système d’irrigation. C’est décevant. »

Paul-Eugène Grenon n’aime pas utiliser les menaces contre les motoneigistes puisque la très grande majorité respecte les sentiers et la propriété privée. Il considère toutefois que sa bonne collaboration a un prix chaque année, avec des dommages à sa bleuetière, alors qu’il n’a aucune obligation de signer les ententes autorisant le passage du sentier. Il comprend, de plus, qu’il est impossible d’installer des clôtures le long des sentiers.