Les réparations mineures de la rue Saint-Léon ne suffisent plus à sécuriser les résidants, qui observent des trous profonds même dans l’asphalte fraîchement réparé par les travailleurs. ­­

Rue Saint-Léon, à Chicoutimi: bris récurrents et inquiétants

Les orages de jeudi soir ont eu de fâcheuses conséquences pour quelques résidants de la rue Saint-Léon, à Chicoutimi. Les fortes pluies ont emporté plusieurs parcelles d’asphalte et ont fait en sorte que l’eau s’est infiltrée dans le sous-sol d’une maison, en plus de saccager l’aménagement extérieur d’une autre.

Nathalie Lebel, résidante du secteur depuis 18 ans, n’en peut plus de demander à Saguenay de venir réparer la rue Saint-Léon. La pluie de jeudi soir a fait céder l’asphalte à plusieurs endroits dans son entrée. « Le problème est récurrent, indique Mme Lebel. Chaque année, c’est la même histoire. Il y a de gros trous dans l’asphalte, et ils se contentent de les calfeutrer, sans jamais réparer la rue au complet. »

L’asphalte n’est pas la seule infrastructure à tomber dans la décrépitude sur la rue Saint-Léon.

Sylvie Lévesque, voisine de Nathalie Lebel et résidante de la rue depuis plus de 20 ans, confirme les dires de celle-ci : « Ça fait plusieurs années qu’on demande que la rue soit réparée, mais on nous répond que ça fait partie des projets. Ils ne font rien! Un jour, il va se passer quelque chose de grave. »

Une autre voisine, Isabelle Gauthier, doit elle aussi composer avec un dégât d’eau à la suite des fortes averses de jeudi. « L’eau est entrée par la fenêtre du sous-sol. Ça faisait trois mois qu’on effectuait des rénovations. On venait tout juste de terminer. Maintenant, c’est à recommencer. »

L’aménagement d’Isabelle Gauthier a été emporté avec le torrent d’eau. Il ne reste désormais plus rien de son terrassement arrière.

Elle admet que la situation soulève des questions quant à la sécurité de son enfant. « Ma fille joue sur le terrain, dehors, en plein où le torrent d’eau est passé. Ce genre d’événements est imprévisible. C’est inquiétant », commente la mère d’une petite fille de 2 ans et demi.

En plus des réparations déficientes de l’asphalte, Sylvie Lévesque souligne le mur de soutien décrépit en haut de la rue. « C’est la Ville qui a fait ce mur, dit-elle. Il est tellement vieux que les bases du garde-corps ne sont plus ancrées dans le béton. Les ingénieurs sont venus prélever un échantillon du mur pour l’évaluer, mais plutôt que d’utiliser un morceau de l’endroit où il est le plus en mauvais état, ils ont prélevé un échantillon de l’endroit le moins désuet. Évidemment, ils ont dit qu’il n’y avait rien à retravailler. »

Nathalie Lebel a eu peur que sa cour et son terrain s’effondrent, jeudi soir, lorsque des pluies torrentielles se sont abattues sur la région.

Nathalie Lebel et Sylvie Lévesque sont sans équivoque: s’il n’y a pas de réparations sérieuses, la rue va céder. « Notre quartier tient sur un cran, explique Mme Lebel. Lorsqu’ils ont construit les maisons, ils ont mis du sable, mais évidemment, ça part. Présentement, les trous qu’ils réparent, ils tiennent sur du vide. Il y a des ruisseaux d’eau sous l’asphalte. Je suis inquiète et j’ai peur de ce qui peut arriver. Il y a plusieurs automobilistes qui circulent ici, des piétons et des cyclistes. Il y a une garderie en haut de la rue. Les enfants viennent souvent se promener par ici. C’est dangereux. »

« J’ai vu un cycliste rouler dans un trou une fois, enchaîne Sylvie Lévesque. On a dû faire venir l’ambulance tellement la chute a été grave. »

Les résidantes déplorent l’état de leur quartier, d’autant plus qu’elles mettent beaucoup d’efforts pour le rendre attrayant. « C’est un quartier historique. Nous nous entraidons entre voisins et nous faisons tout pour que ce soit beau, mais il n’y a aucun entretien de la part de la Ville. Depuis 10 ans, c’est comme s’ils nous avaient oubliés », affirme Nathalie Lebel.

Sylvie Lévesque ajoute : « Si ce genre de situation avait lieu dans le quartier des Oiseaux, ce ne serait pas toléré. »