RTA qualifiée de négligente

Rio Tinto Alcan (RTA) est blâmée sévèrement pour le décès d'une employée, Cyndie Lavoie, survenu le 30 avril 2013 à l'Usine Alma.
Dans un rapport d'enquête rendu public hier, la CSST identifie trois causes pour expliquer la tragédie. Notamment, l'inspecteur Dave Létourneau déplore une gestion déficiente de la santé et de la sécurité par la direction de l'usine. Il ajoute qu'aucune méthode de déblocage n'a été convenablement élaborée ou véhiculée au personnel.
L'inspecteur reproche enfin à la compagnie de ne pas avoir sécurisé l'accès à une zone dangereuse.
Dans ce cas-ci, la victime de 38 ans tentait de remettre en mouvement un convoyeur aérien. L'équipement était paralysé par deux tiges d'anodes qui s'étaient bloquées. Une fois la manoeuvre effectuée, Cyndie Lavoie a été entraînée malgré elle jusqu'à l'entrée d'une grenailleuse, où elle a été écrasée mortellement.
Cinquième infraction
RTA a été sanctionnée d'une amende dont le montant demeure imprécis.
Depuis 2009, l'usine Alma a reçu cinq constats d'infraction de la CSST pour avoir négligé la sécurité autour de ses machines. Selon la procédure prescrite, le montant d'une amende de ce type se situe entre 15 698 $ et 62 790 $ pour une première offense. Lors d'une récidive, l'amende prévue peut atteindre jusqu'à 156 976 $.
La compagnie savait
Dans son rapport d'enquête, l'inspecteur Dave Létourneau soutient que la direction de RTA était consciente de la menace que représentait la machine.
Le 23 janvier, à peine trois mois avant le drame, un employé s'était blessé au bras en tentant de désengager le système dans des circonstances comparables.
Un mémo de sécurité avait alors été rédigé, mais ce dernier suggérait une pratique jugée inadéquate et périlleuse. La direction exigeait en effet de débloquer la machine à l'aide d'une perche, depuis la passerelle surplombant l'équipement. Une telle recommandation, soutient l'inspecteur, ne tenait pas compte des risques de chute. Les dirigeants de RTA ont par ailleurs omis de préciser qu'il est nécessaire de placer la grenailleuse en mode local ou mieux, de la cadenasser.
S'appuyant sur une série d'entretiens avec des travailleurs et des superviseurs de l'usine, l'inspecteur de la CSST détermine que les consignes de sécurité n'ont pas été communiquées de façon efficace au sein du personnel.
M. Létourneau retient enfin le témoignage d'un travailleur, lequel dit avoir expliqué à son supérieur, quelques jours avant la mort de Cyndie Lavoie, la méthode de déblocage qu'il privilégiait. Il s'agissait de la même technique qui a coûté la vie à la jeune femme.