Le complexe AP-60.

RTA a comblé ses besoins en électricité

La multinationale Rio Tinto Alcan a acheté seulement 17 mégawatts d'électricité d'Hydro-Québec au cours de l'année 2013. À l'exception de l'année du lock-out, il s'agit des plus faibles transactions depuis la mise en service de l'aluminerie Alma et l'entrée en vigueur des nouvelles ententes sur les échanges énergétiques en fonction du tarif L Grande puissance en 2002.
Le montant des transactions, qui n'est toutefois pas confirmé par la multinationale, se chiffre à près de 7 M$ si l'on utilise la valeur de 45 $ pour chaque mégawatt vendu à la multinationale. La valeur moyenne des transactions entre Hydro-Québec et Rio Tinto depuis 2002 est de l'ordre de 121 mégawatts vendus par la société d'État au producteur d'aluminium ou un montant de 47,6 M$, toujours en fonction du mégawatt à 45 $ l'unité en vertu du tarif L.
Selon la porte-parole de la multinationale, Claudine Gagnon, les faibles besoins en électricité de Rio Tinto Alcan pour l'année 2013 sont attribuables à deux grands facteurs. L'entreprise a connu une très bonne année au chapitre de l'hydraulicité. La seconde raison est la fermeture progressive des opérations d'électrolyse à l'usine de Shawinigan.
L'exception de 2012
Il est intéressant d'évaluer les fluctuations par rapport aux années et événements particuliers. Pendant celle du lock-out en 2012, la multinationale a réalisé des ventes de 388 mégawatts ou 153 M$. Il s'agissait de l'énergie rendue disponible par la fermeture de 50 % de la capacité de production de l'usine d'Alma.
En revanche, en 2010, Rio Tinto Alcan a dû composer avec une année particulièrement faible en apport d'eau dans ses grands bassins. Avec seulement 78 % de la moyenne d'hydraulicité, Rio Tinto Alcan avait acheté 435 mégawatts ou 171 M$.
La porte-parole de la multinationale n'était pas en mesure de chiffrer les apports additionnels de production des nouveaux équipements du 13e groupe turbine-alternateur de la centrale Shipshaw. Cette nouvelle turbine a permis des gains de production en raison de la hauteur de chute plus importante que la centrale de chute à Caron.
Les chiffres transmis au Quotidien hier comprennent les échanges énergétiques qui surviennent pendant les périodes de grand froid. Lors des ces périodes, Rio Tinto Alcan rend disponible pour Hydro-Québec un bloc de 890 mégawatts à très court terme. Les échanges sont alors comptabilisés selon les tarifs commerciaux en vigueur d'Hydro-Québec, mieux connus sous le vocable du tarfi L.
Lors des derniers grands froids, Rio Tinto Alcan a pratiquement transféré dans le réseau d'Hydro-Québec la totalité de ce bloc d'énergie. C'était la première fois que la multinationale confirmait avoir délesté complètement des cuves pour supporter le réseau d'Hydro-Québec, au lieu de simplement diminuer la tension sur le procédé d'électrolyse.
Il ressort de ce bilan annuel que la multinationale reste un acheteur net d'électricité même si certaines années, les fluctuations positives ou négatives semblent importantes. Les achats d'électricité devraient normalement progresser significativement avec la construction et la mise en service des deux dernières phases du complexe AP-60 et du projet Alma II. Ces trois projets ont été suspendus en raison de la chute du prix de l'aluminium, combinée à une demande anémique et des surplus de production entreposés aux quatre coins de la planète.