Le pont qui traverse la rivière Ashuapmushuan et qui relie Normandin à La Doré sera réparé, dès cet été.
Le pont qui traverse la rivière Ashuapmushuan et qui relie Normandin à La Doré sera réparé, dès cet été.

Route entre Normandin et La Doré: un dossier qui traîne depuis trop longtemps selon Mario Fortin

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
Selon le maire de Normandin, Mario Fortin, il est grand temps que le dossier de financement pour la réfection de la route qui relie sa municipalité à celle de La Doré se règle.

Pour lui, le dossier traîne depuis trop longtemps. « En 2015, la MRC de Maria-Chapdelaine avait eu comme mandat d’identifier les 100 kilomètres de chemins ruraux sur son territoire qui devaient être rénovés. Chaque MRC au Québec a donc produit un rapport et l’a déposé au MTQ. Le chemin entre La Doré et Normandin a donc sorti dans ce rapport. »

Le même travail avait été fait du côté de la MRC du Domaine-du-Roy et les résultats menaient aux mêmes conclusions.

« En 2016, notre dossier a été accepté au programme de réparation des chemins ruraux. On avait un numéro de dossier et tout allait bien. »

Depuis, plus rien. Le maire Fortin avance que les coûts ont augmenté, passant de 2,5 M$ à 9 M$, selon une évaluation effectuée en 2019.

« Ce qui arrive, c’est que ce chemin-là est en fin de vie utile, car il a plus de 25 ans. Il se dégrade rapidement. Pour notre part, on a maintenu l’effort d’entretien, mais là, on n’est plus capables. Il y a des ponceaux de 1,5 mètre de diamètre à réparer, le bord de la route s’effrite, il y a du resurfacage à faire à quelques endroits. On voit que les coûts augmentent », déplore-t-il.

Le maire de Normandin croit aussi qu’il y a là un certain enjeu de sécurité publique.

« Bon an, mal an, on a maintenu l’entretien, mais juste les ponceaux, j’en ai deux à réparer pour 400 000 $. S’ils s’affaissent cet été ou s’ils deviennent trop dangereux, je n’ai pas les moyens de le faire, car ils sont dans le programme. Vais-je devoir arrêter le trafic ? C’est une question de sécurité et la Ville de Normandin doit assumer ses responsabilités. Et si un chemin n’est pas sécuritaire, on va devoir prendre des décisions en fonction de ça. »

Route prioritaire

La route qui sépare Normandin et La Doré fait une vingtaine de kilomètres. Le pont qui surplombe la rivière Ashuapmushuan relie la rue Du Rocher à la route Saint-Joseph Nord. Depuis sa mise en place, le trafic routier n’a fait qu’augmenter.

« On s’est aperçus avec les années que la surcharge sur le chemin s’accentuait. Ce sont plus de 70 000 camions de Résolu qui passent par là chaque année. Il y a aussi toutes les autres activités économiques qui passent par là, comme les équipementiers et les travailleurs qui voyagent à Chibougamau. Il y a les échanges entre Normandin et La Doré et les touristes aussi, donc tout le monde utilise ce chemin-là. »

Une solution serait que le ministère reprenne la gestion de cette route, mais selon le maire, cette option n’est pas possible.

« Toutes ces années-là, on a fait des pressions, car on disait qu’au Québec, des chemins ruraux avec une telle charge industrielle comme celle-là, il ne doit pas y en avoir beaucoup. On décharge leur réseau public. On décharge une partie de la 167 et de la 169. On a essayé que le ministère reprenne ce chemin-là, car nous autres, en tant que municipalités, nous ne sommes plus capables. Ç’a toujours été une fin de non-recevoir, de retourner ce chemin au MTQ », se désole-t-il.

« On est dans un néant depuis 2016 et on repousse ça. Si un chemin avec une telle charge industrielle n’est pas une priorité, je me demande bien ce qui l’est. »

Lenteur bureaucratique

Févier 2020. Aucune décision n’a été prise. Aucune annonce de financement n’a été faite. « On se ramasse en 2020 et je n’ai pas de nouvelles. J’ai reçu l’autre jour une lettre du ministère, qui exigeait tous les documents. On nous redemande un paquet de documents, mais comment veux-tu qu’une petite municipalité réussisse à passer au travers de ça ? […] Je n’ai pas trois ingénieurs pour répondre rapidement, mais je sais que depuis 2018, notre dossier est prêt et que ça n’aboutit pas. »

Le premier magistrat déplore la lenteur bureaucratique. Pendant ce temps, la Ville a tout de même dépensé des milliers de dollars pour faire avancer le projet. « En termes de dépenses, on a mis près de 100 000 $ dans le projet, entre autres pour les plans et devis. On est déjà engagés. De notre côté, tout est fait. Maintenant, je veux des réponses. »

Nancy Guillemette commente

Reconnaissant l’urgence dans ce dossier, la députée de Roberval pour la Coalition avenir Québec (CAQ), Nancy Guillemette, aimerait que les choses avancent plus rapidement, mais avoue que présentement, aucune annonce n’est possible.

« On travaille conjointement avec la municipalité de La Doré et celle de Normandin pour effectuer les travaux, mais aussi pour faire reconnaître le chemin comme une route collectrice. Il n’y a rien d’officiel encore, mais on a eu une rencontre avec les gens du cabinet du ministre François Bonnardel et ils sont très au courant de la problématique. »

Le maire de Normandin, Mario Fortin, exige des réponses du gouvernement.

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UN DOSSIER JUGÉ PRIORITAIRE

Le maire de La Doré, Yanick Baillargeon, ne s’en cache pas: le réseau routier qui relie sa municipalité à celle de Normandin est vital du point de vue économique. En revanche, il est bien conscient que le projet n’avait pas été prévu pour un tel achalandage à l’origine.

« Au départ, ce projet routier avait été prévu pour le passage de 5000 à 6000 véhicules par année. On sait très bien que ce n’est pas ça qui s’est passé. Juste en termes de passages de véhicules lourds, avec ceux qui impliquent Résolu, on parle de plus de 70 000. »

Avec de telles données, il sait très bien que le ministère des Transports du Québec (MTQ) ne désire pas reprendre la responsabilité de cette route. « Ce que l’on demande au MTQ, car on sait très bien qu’il ne reprendra pas la route, c’est d’obtenir au moins le statut de route collectrice. » 

Il déplore cependant que le dossier stagne du côté de Québec. D’ici à ce que le projet débloque, la municipalité de La Doré continuera d’effectuer des travaux d’entretien routier dans le secteur Saint-Joseph.

« Comme la route n’avait pas été conçue pour ce qu’elle fait aujourd’hui, il faut toujours mettre de l’argent dedans. En 2017, on avait mis 500 000 $ de notre côté, qui étaient subventionnés à 75 %. Cette année, on va mettre 1 280 000 $, subventionnés à 90 %. On va pouvoir faire 1,4 kilomètre avec ça. Ce sera des travaux en profondeur et ce sera seulement sur des portions de la route. »

En ce qui concerne l’annonce des travaux qui seront faits sur le pont au cours des prochains mois et qui s’ajouteront aux autres de la route Saint-Joseph, le maire Baillargeon ne croit pas que cela nuira au tourisme ou à l’économie locale, et ce, même si la circulation y sera plus difficile.

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UN AXE ROUTIER IMPORTANT POUR PFR

Plus de 70 000 camions de Produits forestiers Résolu (PFR) empruntent annuellement la route et le pont reliant La Doré à Normandin.

Pour le porte-parole de PFR, Karl Blackburn, il importe que cet axe routier soit sécuritaire. Il espère que les municipalités concernées obtiendront des réponses favorables du gouvernement pour les demandes d’aide financière.

« C’est important pour la prospérité des régions d’avoir des routes carrossables avec un haut degré de sécurité. On espère que Normandin aura des réponses positives aux demandes qu’elle a faites, car s’il arrivait qu’on bloque ou ferme la route pour des raisons de sécurité, ça serait malheureux. On espère que la Ville obtiendra des réponses rapidement pour ne pas faire perdre de temps à personne. »

En plus de l’enjeu économique, il rappelle que la route dessert aussi tous les citoyens du Nord-du-Lac et qu’elle pourrait être utile en cas d’urgence. 

« Cette route-là sert à toute la population. À l’époque, quand la route et le pont ont été construits, l’objectif du MTQ était de donner une autre voie à la population du Haut-du-Lac, au cas où il arriverait quelque chose de majeur sur la 169, évitant ainsi que les gens soient bloqués. »

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LE PONT SERA RÉNOVÉ

Le pont qui traverse la rivière Ashuapmushuan et qui relie Normandin à La Doré sera réparé, cet été. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) en a fait l’annonce mardi matin.

En effet, des travaux de réfection et de réparation évalués entre 1 M $ et 5M $ seront exécutés d’ici 2021. Ils devraient débuter au mois de mai et se poursuivre jusqu’en octobre.

Le maire de Normandin, Mario Fortin, se réjouissait d’une telle annonce, « une bonne nouvelle dans les circonstances », étant donné que le dossier concernant les réparations à faire sur la route qui relie les deux municipalités est en attente de développement.

« Les réparations du pont ont été annoncées, seront dans la planification du MTQ et seront réalisées cette année. Ça représente un bon investissement. C’est une bonne nouvelle. Les travaux vont avoir lieu cet été et vont durer plusieurs semaines. En gros, les joints de dilatation, les avants-ponts et les gardes de sécurité seront refaits », a-t-il expliqué.

Circulation en alternance

Comme les travaux se dérouleront sur plusieurs semaines, les usagers du pont devront faire preuve de patience.

« La circulation se fera en alternance pendant plusieurs semaines. Peut-être que le pont devra être fermé complètement pour des petites périodes plus critiques », a mentionné le maire de Normandin.

Même si les travaux se feront pendant la période estivale, il ne croit pas que cela nuira à l’économie locale et aux activités touristiques. Il préfère demeurer optimiste.

« Il va y avoir un peu de ralentissement, mais au moins, ça va circuler pareil des deux côtés. C’est un pas dans la bonne direction. Maintenant, il nous reste le dossier de la route entre La Doré et Normandin à régler. »

Le maire de La Doré, Yanick Baillargeon, ne s’en cache pas: le réseau routier qui relie sa municipalité à celle de Normandin est vital du point de vue économique.