Benoît Poiraudeau a remisé sa voiture pour l’hiver et n’utilise que son vélo pour se rendre au travail.

Rouler en vélo été comme hiver

L’Almatois Benoît Poiraudeau se rend tous les jours au travail en vélo, été comme hiver. Si les automobilistes se montrent courtois pendant la saison estivale, c’est tout le contraire en période hivernale, constate le technicien en agroenvironnement, qui souhaite sensibiliser les conducteurs, mais aussi encourager plus de gens à utiliser le vélo comme moyen de transport en hiver.

« L’été, les gens pédalent beaucoup dans la région. Mais en hiver, même à partir de l’automne, c’est fini. Pourtant, ça circule bien en hiver sur les routes et ça ne prend pas d’équipements particuliers. J’ai un vélo qui m’a coûté 60 $ et ça va super bien », plaide celui qui est également membre d’Alma en transition.

Au Québec, plus de 180 000 cyclistes arpentent les routes entre le mois de décembre et mars. Ce qui est loin des 3,2 millions de personnes en vélo l’été. Il s’agit tout de même d’une augmentation constante depuis une dizaine d’années.

Les municipalités ont d’ailleurs fait des progrès importants pour encourager les différents modes de transport sur leur territoire, en déneigeant mieux les artères et les trottoirs, admet M. Poiraudeau. C’est plutôt le comportement des automobilistes, qui se montrent souvent imprudents, qui doit changer, à son avis.

Pas besoin d’un fatbike ou d’un vélo particulier pour pédaler en hiver, selon le cycliste, qui s’est procuré un vélo usagé à 60 $.

« La grande majorité des conducteurs passent très près de moi. Même si les artères sont bien dégagées, les voitures ne respectent pas la distance sécuritaire. Et la plupart ne mettent pas non plus leur clignotant lorsqu’ils me dépassent, ce qui pourrait indiquer au moins ma présence aux automobilistes derrière. L’été, par contre, ça se passe super bien. C’est vraiment le jour et la nuit avec l’hiver », raconte le cycliste originaire de France.

« Il y a même des gens qui me crient de prendre la piste cyclable. Ça serait difficile en hiver, surtout qu’on ne la déneige pas. »

Si plus de cyclistes sillonnaient les routes enneigées de la région, les conducteurs seraient davantage sensibilisés. M. Poiraudeau admet toutefois que ce n’est pas tout le monde qui peut utiliser ce moyen de transport. Ce dernier habite à deux kilomètres de son travail. « Dans mon cas, c’est plus facile en raison de la distance. J’ai d’ailleurs remisé ma voiture cet hiver pour ne pas l’utiliser du tout. Mais quand mes enfants étaient petits, c’était une autre histoire. Il y a toutefois des gens qui demeurent pas loin de leur travail. J’ai un collègue qui habite à 400 mètres et il prend sa voiture. Ça peut aussi être du covoiturage. On peut tous faire une différence », insiste le technicien en agroenvironnement.

« Il ne faut pas mettre le poids du changement sur les épaules des gens qui sont déjà en transition, mais sur ceux qui ne le sont pas encore. Il faut que ça devienne plate de prendre son auto », ajoute-t-il.

Si les avantages de prendre le vélo sont si grands, notamment les coûts, les effets sur la santé et l’environnement, pourquoi très peu de personnes en région l’utilisent encore ?

« Avoir une voiture, c’est un signe de réussite. Ça fait pauvre de prendre son vélo. Les gens me demandaient toujours pourquoi je ne prends pas ma voiture. J’avais l’air cheap. La fierté d’avoir une voiture est forte », remarque celui qui a immigré au Québec en 2009.