Le débit d'eau de la Petite Décharge est important.

Roberval sur un pied d'alerte

Les prévisions d'élévation du lac Saint-Jean font craindre le pire à Roberval, notamment à l'hôpital et au palais de justice. Les autorités sont sur un pied d'alerte.
Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean s'affaire à la mise en place d'un plan d'intervention en mesure d'urgence afin d'être de pallier à toutes les situations. Au palais de justice, le personnel a vidé l'étage inférieur de l'immeuble, mercredi. L'opération s'est terminée tard en soirée. Tous les biens, dont plusieurs documents, ont été transportés au second étage de la bâtisse, qui est située dans une zone inondable.
Selon les nouvelles données rendues publiques par Rio Tinto, les probabilités que le plan d'eau atteigne les 18 à 18,5 pieds dans les prochains jours sont de 14 %, alors que les chances qu'il dépasse les 17,5 à 18 pieds s'élèvent à 83 %. « Le niveau du lac Saint-Jean est actuellement de 14,2 pieds. Nos prévisions actuelles indiquent que le lac atteindra 16,5 pieds vers le 14 mai », mentionne Xuân-Lan Vu, porte-parole de la multinationale.
Le centre hospitalier de Roberval est situé sur les rives du Piékuagami. Des rencontres ont lieu quotidiennement pour faire le point sur cette situation qui est suivie de près, confirme Jean-François Saint-Gelais, porte-parole du CIUSSS. 
« Nous sommes mobilisés. Nous nous préparons à faire face à toute éventualité. Les différents scénarios qui pourraient se produire vont se préciser selon l'évolution de la crue printanière. Ça pourrait aller du bris électrique à une fermeture d'étage. On reste dans les hypothèses et on est en mode préparation », mentionne M. Saint-Gelais.
« Quand il y a des événements comme ça, nous avons le devoir d'être prévoyants. Nous sommes à mettre en place différentes mesures afin de nous assurer que nous ne manquerons de rien si jamais la situation devenait critique, explique le maire de Roberval, Guy Larouche. Nous avons du temps devant nous pour nous préparer. On a le temps de voir venir le coup et par le fait même, de s'organiser. Je me croise les doigts pour qu'il ne vente pas. »
La municipalité a commandé plus de 2500 sacs qui pourront être remplis de sable, si besoin il y a.
À Roberval, les secteurs à risque sont le chemin du Domaine Lévesque, la rue Côté, une portion de la voie ferrée et de la piste cyclable, les riverains de la rivière du Tremblay, le boulevard de l'Anse (344 à 400), le parc situé sur la rue Saint-Joseph, les Résidences du boulevard Saint-Joseph et le Domaine des Bernaches.
 
Le centre hospitalier de Roberval est situé sur les rives du Piékuagami. Sur cette photo d'archives, on peut voir la proximité entre l'hôpital et le lac Saint-Jean.
Guy Larouche demande à Rio Tinto qui va payer
Le maire de Roberval, Guy Larouche, a profité de sa présence au BAPE pour demander à Rio Tinto qui allait défrayer le coût des dommages que la présente crue printanière allait causer puisque le niveau du lac pourrait atteindre les 18 pieds vers le 17 mai dans le scénario le plus probable.
Le président du BAPE a autorisé ces questions du maire qui sont à l'extérieur du mandat. Rio Tinto a évidemment refusé de s'engager sur des dédommagements. L'hydrologue Bruno Larouche, qui gère le réseau Rio Tinto, a expliqué la dynamique de la crue actuelle et surtout les façons de concevoir la gestion de ce problème provoqué par l'épaisse couche de neige au sol combinée aux fortes précipitations.
« Notre objectif est d'arriver en juin avec des réservoirs d'amont (Manouane et Péribonka) remplis et une situation revenue à la normale pour le niveau du lac Saint-Jean. Aujourd'hui, il est entré de façon naturelle 2500 mètres cubes d'eau dans la rivière Péribonka et nous avons fait en sorte de diminuer les apports à 1000 mètres cubes dans le lac Saint-Jean. On doit toutefois éviter de remplir complètement nos réservoirs d'amont trop rapidement puisque lorsque ces réservoirs sont pleins, il n'y a plus d'autre choix que de déverser », a expliqué l'hydrologue.
Dès la fin mars, les gestionnaires ont ouvert les déversoirs au maximum de façon à faire sortir le plus d'eau possible sans tenir compte de la production énergétique. Cette logique est toujours maintenue.
Devant le BAPE, le maire Larouche a annoncé que le lac Saint-Jean allait atteindre des niveaux historiques. Cependant, la cote la plus haute de l'histoire récente a été enregistrée au printemps 1976 alors que l'eau a monté à 19,5 pieds pendant trois jours.
Sans aucun système de régulation, le niveau du lac Saint-Jean serait aujourd'hui de deux ou trois pieds plus haut puisqu'à l'état naturel, il avait une capacité limitée d'évacuation alors qu'il n'y avait aucun ouvrage en amont pour emmagasiner les apports naturels comme c'est le cas en ce moment avec la rivière Péribonka.