Dotée d’une généreuse bibliothèque, l’école Marie Médiatrice fait la fierté des Éternitois.
Dotée d’une généreuse bibliothèque, l’école Marie Médiatrice fait la fierté des Éternitois.

Rivière-Éternité tire la sonnette d’alarme pour le maintien de son école

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Le Quotidien
L’avenir de l’école Marie-Médiatrice, de Rivière-Éternité, préoccupe la présidente du conseil d’établissement, Lyne Morin, ainsi que les autorités municipales, à tel point qu’une campagne de mobilisation populaire s’organise afin de mettre en valeur ce milieu éducatif dans le but avoué qu’il reprenne de la vigueur.

Au début de novembre, une rencontre virtuelle a eu lieu entre le personnel enseignant, la direction de l’école, les parents des élèves, la direction municipale, le maire, un conseiller municipal, la responsable de la garderie en milieu familial et une personne du regroupement AGIR en raison de la baisse dramatique du nombre d’élèves inscrits.

Au cours des derniers jours, Mme Morin, accompagnée de Jean Bergeron, conseiller municipal et lui-même membre du conseil d’établissement, ont tiré la sonnette d’alarme afin qu’à court et moyen terme, cette école redevienne une partie de ce qu’elle a été, à savoir une école bourrée d’enfants de niveau primaire.

En entrevue au Quotidien, Mme Morin et M. Bergeron ont fait part de leur inquiétude de voir que seulement 13 élèves de niveau primaire fréquentent l’institution qui aurait la capacité d’en accueillir 92, soit quatre classes. Selon M. Bergeron, un document portant sur la destination des immeubles récemment émis par le Centre de services scolaire des Rives-du-Saguenay prévoit qu’en 2024, seulement 11 élèves fréquenteront l’école. Il n’est toutefois pas question dans ce document de fermeture d’école. « Je pense qu’on doit prendre des initiatives au plan collectif pour conserver l’école puisqu’il n’est pas minuit moins cinq. Il est minuit et cinq », affirme le conseiller.

Cette inquiétude ne date pas d’hier puisqu’au début des années 90, des actions ont été réalisées pour attirer de nouveaux élèves, notamment le passage à l’école à pédagogie alternative, le projet Faune et flore, assumer les coûts de transport des élèves ainsi que le déneigement de la cour d’école, l’engagement du personnel pour le service de garde.

Johanne Simard, enseignante depuis 33 ans à Marie Médiatrice, a déjà compté beaucoup plus d’élèves inscrits.

Lyne Morin, une citoyenne de L’Anse-Saint-Jean, a choisi d’inscrire ses enfants à Rivière-Éternité en raison de la qualité d’enseignement dans ce milieu de vie.

« Nous avons accès à des services personnalisés où les parents ont la possibilité de s’impliquer dans une pédagogie alternative avec beaucoup d’entraide. On s’y sent chez nous. Je crois qu’il n’y a pas assez d’informations qui circulent sur ce qui se passe ici. »

Elle ajoute que les élèves de Marie-Médiatrice ont la possibilité de fréquenter la forêt juste derrière. Les jeunes ont monté avec l’aide des parents un projet de tipi dans le parc qui sert pour l’enseignement, une bibliothèque remplie de livres est disponible sans compter que l’immensité de l’immeuble permet d’aménager des coins de lecture, des espaces de jeux, etc.

« C’est une super école. Les enfants se réunissent pour dire ce qu’ils ont accompli, émettre leurs idées sur ce qu’il y a à améliorer, régler des problèmes. Je connais des adultes qui n’ont pas ce réflexe de régler leurs problèmes », affirme Mme Morin.

L’opinion est partagée par Johanne Simard, une enseignante de 5e et 6e année qui en est à sa 33e année d’enseignement à Marie-Médiatrice. Dans le passé, elle a vu l’école être remplie à pleine capacité. Selon elle, une école avec si peu d’élèves présente bien des avantages, ne serait-ce qu’au niveau de la discipline qui s’autorégularise par la fréquentation des uns avec les autres.

Manque de terrains

Or, remplir une école de jeunes n’est pas seulement une question de volonté ou de mousser l’établissement, selon Jean Bergeron. Il y a urgence de poser des actions afin d’attirer de nouvelles familles.

Lyne Morin, présidente du conseil d’établissement, et son collègue Jean Bergeron, également conseiller municipal, s’inquiètent de l’avenir de l’école locale de Rivière-Éternité.

Il ajoute qu’il y a deux semaines, une rencontre de travail et de consultation a eu lieu impliquant des parents afin de tenter de trouver des solutions. Parmi les constats réalisés, ils ont observé que les maisons à vendre à Rivière-Éternité trouvent preneurs, mais que de l’autre côté, la municipalité offre peu de possibilités pour la construction neuve, faute de terrains disponibles à vendre,

« On est à regarder avec des propriétaires du village pour que la municipalité procède à l’acquisition de certains terrains qui seraient mis à la disposition de jeunes familles. Quand y a pas de terrain à vendre, c’est difficile d’attirer des jeunes familles », affirme M. Bergeron.

Le comité remarque que parmi les nouvelles familles qui s’installent, près de 30% des enfants d’âge scolaire de la municipalité ne sont pas inscrits à Marie-Médiatrice.

Avec le développement d’un quartier de minimaisons sur le territoire, l’offre de subventions ou de compensations pour les élèves qui s’inscriront à l’école figure dans les voies de solutions sur la table.

Outre ce volet, il est question pour le conseil d’établissement de mettre de l’avant une campagne de publicité destinée à faire connaître l’école, les valeurs qu’elle promeut dans le but de séduire les parents éternitois qui inscrivent leurs enfants dans d’autres écoles du Bas-Saguenay.

Lyne Morin affirme enfin que la sortie médiatique est un véritable cri du coeur qui est lancé à toute la population du Bas-Saguenay pour le maintien de ce service vital dans un milieu comme Rivière-Éternité.