:Le contrat de la nouvelle directrice générale de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay a été adopté à la majorité, 14 contre 3. La directrice générale, Johanne Allard, à gauche, et la présidente, Liz S. Gagné, à droite.

Rives-du-Saguenay: le contrat de Johanne Allard adopté

Les commissaires de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS) ont adopté mardi soir, à la majorité, le contrat de cinq ans de la nouvelle directrice générale, Johanne Allard. En août dernier, elle avait pris l’intérim en relève de Chantale Cyr, congédiée en mars 2018.

Mme Allard a soutenu à la suite du Conseil des commissaires que son nouveau contrat « ne changerait en rien la façon dont elle effectue son travail ». Elle est restée évasive sur la durée du contrat.

Au moment d’adopter le contrat, le commissaire Marc Larocque a demandé le vote qui s’est soldé au compte de 14 à 3 en faveur de l’adoption. Les commissaires ayant voté contre ont préféré ne pas commenter le résultat. Un commissaire a mentionné que seule la présidente pouvait commenter. « On n’a pas le droit de parler, c’est madame la présidente qui peut le faire », a-t-elle dit d’un ton sarcastique et d’un non verbal qui témoignait de son désaccord.

L’adoption de ce contrat soulève plusieurs questions. Dans un premier temps, le dossier de l’ex-directrice générale Chantale Cyr, qui conteste son congédiement, qu’elle juge illégal, en plus de plaider du harcèlement psychologique. La contestation de son congédiement est encore en cours devant les tribunaux et son avocat, Me Éric Le Bel, demande la réintégration de sa cliente à son poste.

En mai dernier, Me Le Bel avait qualifié d’irrespectueuse la décision du conseil des commissaires d’offrir un contrat à une nouvelle directrice générale. Il avait alors rappelé que le rapport du ministère de l’Éducation, complété à la suite d’une enquête commandée sur la gestion et la gouvernance de la commission scolaire, demandait de ne pas pourvoir le poste à la direction générale avant la fin des procédures judiciaires. 

« Si jamais le juge demande la réintégration, qu’est-ce qu’ils vont faire avec le contrat de cinq ans de Mme Allard ? Ils vont l’indemniser et lui payer cinq ans de salaire ? Est-ce que c’est une façon de bien administrer les fonds publics de la commission scolaire ? On trouve la situation totalement absurde », avait commenté Me Le Bel.

Mardi soir, Me Le Bel a préféré s’abstenir de tout commentaire sur l’adoption du contrat de Mme Allard. « Je vais réserver mes commentaires pour monsieur le juge. Ce sera tout aussi intéressant. » De son côté, la présidente du conseil de la CSRS, Liz S. Gagné, a dit que « la commission réglerait la question en temps et lieu ». Liz S. Gagné devrait comparaître comme témoin, dans le procès de Chantale Cyr, le 4 juillet prochain, tout comme la nouvelle directrice générale, Johanne Allard.

Il y a aussi l’avenir des commissions scolaires qui est menacé depuis l’élection du gouvernement Legault. La CAQ compte déposer un projet de loi à l’automne, visant l’abolition des commissions scolaires. Le premier ministre du Québec, François Legault, voudrait donner plus de pouvoir aux écoles en formant des centres de service à la place des commissions scolaires. Ces centres seraient composés d’enseignants, de membres de la direction de l’école et de parents.

Les commissaires scolaires sont élus par la population, mais aux dernières élections scolaires en 2014, le taux de participation était de seulement 5,5 % dans l’ensemble du Québec.

Mme Gagné et Mme Allard s’entendent pour dire que même si les commissions scolaires disparaissent, il y aura toujours besoin de membres à la direction administrative des instances scolaires et que le contrat de Mme Allard sera honoré.