Riverains exaspérés, policiers aux aguets

Le comportement irrévérencieux de certains plaisanciers qui circulent sur le lac Kénogami importune des résidants du secteur. Certains ont déposé une plainte à la Sécurité publique de Saguenay (SPS), dont les effectifs redoublent d’ardeur pour patrouiller sur le cours d’eau en cette période de pointe.

Cette semaine, une citoyenne du chemin des Érables a pris la plume à l’intention du Quotidien pour dénoncer la vitesse excessive des bateaux sur le plan d’eau. Il s’agit d’un problème récurent, qui survient chaque année. La riveraine n’a pas voulu témoigner à visage découvert, mais a expliqué, par écrit, que les bateaux et les motomarines qui fréquentent la baie Gélinas font tout un vacarme et troublent la quiétude des propriétaires.

«Malgré une borne limitant la vitesse à 10 kilomètres à l’heure afin de protéger les berges et les bateaux amarrés aux quais, les embarcations rentrent à toute allure et ne limitent aucunement leur vitesse. Il y a des risques d’accident, car c’est une petite baie et les gens font du canot, se baignent, se promènent en pédalo et ce n’est pas sécuritaire», a résumé la citoyenne de Lac-Kénogami, qui se dit à court de ressources.

«Nous ne savons plus quoi faire, car la police ne peut rien ainsi que la Ville. Nous ne voulons pas faire briser nos acquis et équipements, mais on est assis là, impuissants, à les regarder détruire notre bel environnement. On ne peut plus tondre quoi que ce soit sur nos berges sous peine d’amendes salées, mais sur l’eau, tout semble permis», note celle qui craint également pour la sécurité des plaisanciers.

Absence de réglementation
Porte-parole de la SPS, Luc Tardif explique que la patrouille nautique affiche une présence assidue sur les eaux du lac Kénogami. Devant l’absence de limites de vitesse sur les cours d’eau, la police ne peut toutefois donner des contraventions aux pilotes d’embarcations qui font preuve d’un peu trop de témérité. C’est que la Loi sur la marine marchande ne fixe aucune limite de vitesse sur les cours d’eau.

«Il y a des limites qui sont suggérées, mais ont ne peut pas donner de ‘‘tickets’’. Il y a beaucoup d’efforts qui sont faits de notre côté pour rendre le lac Kénogami plus sécuritaire pour tout le monde», note le policier Tardif, qui confirme que la SPS a reçu les doléances de résidants du secteur. Les plaignants ont été rencontrés par les policiers, qui ont fourni des explications au sujet des interventions de la patrouille nautique.

L’agent Luc Tardif rappelle que les capitaines de bateaux peuvent être tenus responsables des bris occasionnés par les vagues qu’ils provoquent. Cela dit, il revient au propriétaire de l’engin endommagé de prouver que les dommages ont été causés par la vitesse excessive. Naturellement, le fardeau de la preuve peut peser très lourd lorsqu’il s’agit d’un événement survenu au beau milieu d’un grand lac, sans témoins oculaires.

Alcool
La consommation d’alcool par des plaisanciers est aussi surveillée de près par les patrouilleurs de la SPS. Si plusieurs adeptes aiment bien lever le coude et tenant le gouvernail, les policiers rappellent que la conduite avec les facultés affaiblies est encadrée par les mêmes règles, sur la route comme sur l’eau.

«On vérifie si les plaisanciers ont tout le matériel obligatoire, comme les bouées et les vestes de flottaison. Si ce n’est pas conforme, c’est l’expulsion automatique. On est aussi très vigilants pour la consommation d’alcool. Souvent, nos policiers vont retourner à quai pour attendre les bateaux et vérifier l’état du capitaine. S’ils ont des doutes, ils peuvent leur demander de se soumettre au test de l’ivressomètre. Les mêmes accusations s’appliquent», fait valoir Luc Tardif. L’agent de la paix précise que des constats d’infraction ont été remis à des utilisateurs du Lac-Kénogami depuis le début de la présente saison pour diverses infractions, notamment l’alcool.