Risque important d'intoxication au mercure

Environ 22 % des pêcheurs des lacs Kénogami et Lamothe, en hiver, sont à risque d'intoxication au mercure, conclut une étude réalisée par cinq étudiants en médecine de l'Université de Sherbrooke, qui ont exploré l'univers de la pêche blanche.
Le groupe, formé de Laurence Harvey, Benjamin Phaneuf, Stéphanie Rivard-Forté, Mélanie Rowen et Pierre-Marc Tremblay, s'est penché sur les habitudes de pêche et de consommation de ces pêcheurs. Les médecins résidents voulaient savoir si les pêcheurs respectaient les recommandations émises par Santé Canada et par l'Agence de la santé du Québec.
144 pêcheurs ont participé à l'étude. Les médecins ont conclu qu'un pêcheur sur cinq consommait plus de poissons ayant des traces de mercure qu'il est recommandé. Par exemple, le grand éperlan, présent dans les lacs Kénogami et Lamothe, est l'un des poissons ayant le plus de mercure. Les autorités en matière de santé recommandent de ne pas excéder un repas de grand éperlan par mois. Toutefois, 20 % des pêcheurs sondés ont affirmé en manger une à deux fois par semaine. Les cinq médecins résidents ont toutefois affirmé qu'il faudrait manger 15 fois plus d'éperlans pour être victime d'une intoxication du mercure.
« Il n'y a jamais eu de cas d'intoxication au mercure dans la région et nos poissons n'ont pas de taux élevé de mercure. Il est quand même important de constater qu'un pêcheur sur cinq est à risque, si on tient compte des recommandations », a indiqué le docteur Benoît Girard, qui supervisait le travail des jeunes médecins en stage.
De plus, l'étude démontre que la majorité des pêcheurs ne connaissent pas les recommandations de Santé Canada et de l'Agence. « La sensibilisation est importante, les pêcheurs doivent connaître les risques, sans oublier que le poisson est bon pour la santé. Il faut tout de même faire attention avec le grand éperlan, surtout chez les enfants et les femmes enceintes. Pour ces deux groupes de personnes, on recommande d'éviter la consommation de ce poisson », a indiqué Pierre-Marc Tremblay.
Un autre volet de l'étude démontre qu'un peu moins de 20 % des pêcheurs sondés ont un détecteur de monoxyde de carbone dans leur cabane à pêche. Constat qui inquiète les étudiants. « Les intoxications au monoxyde de carbone peuvent être très graves. Il y a un important travail de sensibilisation à faire à ce niveau », a indiqué Benjamin Phaneuf.
Les résultats de l'étude étaient présentés, hier soir, au centre communautaire de Lac-Kénogami.