Le barrage de Shipshaw de Rio Tinto

Rio Tinto: Fréchette appuie la démarche de Crevier

Le président du syndicat des Métallos local 9490 de l’aluminerie d’Alma, Alexandre Fréchette, juge tout à fait approprié de redéfinir un nouveau pacte social avec Rio Tinto sur la base des redevances versées aux municipalités pour la production d’électricité.

« Rio Tinto ne partira pas avec ses barrages et jusqu’à maintenant, l’entreprise n’a fait aucune menace. La région a une forte tendance à s’autocensurer quand il est question des privilèges accordés à l’entreprise pour la production d’électricité. Nos politiciens régionaux ont quant à eux tendance à prendre les balles à la place de Rio Tinto quand les situations soulèvent de vives critiques comme ce fut le cas avec le premier ministre Philippe Couillard dans le dossier des berges », analyse le leader syndical.

La direction syndicale du local 9490 a tenu une rencontre afin d’évaluer tous les aspects de cette démarche initiée par le conseiller municipal de Saguenay Jean-Marc Crevier, qui compte sur l’appui d’une très forte majorité d’élus au conseil de ville. Alexandre Fréchette assure que la position est partagée par tous les membres de son exécutif qui ne craignent pas de mettre en danger le projet d’agrandissement Alma II.

« C’est un peu vite comme argument pour rejeter la démarche de dire que Jean-Marc Crevier a initié cette démarche parce qu’il a des récriminations contre Rio Tinto ou quelque chose comme ça. La ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, devrait surtout tenir compte des faits et les analyser. Il n’est pas trop tard pour qu’elle change de position ».

Au centre, le président du syndicat des Métallos local 9490 de l’aluminerie d’Alma, Alexandre Fréchette.

Le gouvernement du Québec a cristallisé dans la Loi sur la fiscalité municipale au début des années 70 des ententes avec Rio Tinto (Alcan à l’époque), qui font en sorte que l’entreprise est le producteur d’énergie privé qui verse les plus basses redevances aux municipalités de la région. À cette époque, l’entreprise investissait dans les communautés et générait entre 9000 et 10 000 emplois dans la région.

« L’entreprise a obtenu des avantages ou privilèges qui ont aujourd’hui une valeur de 700 M $ par année par rapport à une entreprise qui doit acheter l’électricité au tarif industriel d’Hydro-Québec. Les raisons pour lesquelles les privilèges ont été accordés n’existent plus. Rio Tinto n’investit pratiquement plus dans les communautés et il y a aujourd’hui un peu plus de 3000 travailleurs dans les installations régionales alors qu’ils étaient 10 000 au moment de geler les ententes dans la loi », soutient le syndicaliste.

Il enchaîne en affirmant que dans un tel contexte, il est tout à fait normal que l’on retourne à la table pour discuter de façon intelligente de la contribution de l’entreprise. Il comprend bien les élus municipaux qui doivent composer avec cette décroissance de l’emploi manufacturier, laquelle se traduit par moins de contribuables et donc moins de revenus.

Alexandre Fréchette croit que toute démarche doit être réalisée par toutes les municipalités qui touchent des redevances de la multinationale en raison de la présence des équipements de production hydroélectrique sur leur territoire. Il croit que Rio Tinto aurait tout intérêt à trouver un terrain d’entente avec la région dans le contexte actuel et croit que l’entreprise pourrait accepter de participer à la démarche.

« Si nous proposons à Rio Tinto une démarche bien structurée qui vise un nouveau pacte social régional avec des arguments basés sur des faits en tenant compte de l’étude menée par les spécialistes, je pense qu’ils vont accepter. Ils ont tout intérêt à le faire dans les circonstances », a conclu Alexandre Fréchette.

Alain Gagnon ne se prononce pas

Le Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida section locale 1937 Unifor ne prendra pas position dans ce débat. Le président Alain Gagnon a indiqué que la direction syndicale laissait aux auteurs de l’étude le suivi dans ce dossier.