La plage Robertson s'érode.

Rio Tinto doit protéger la plage Robertson

Le chef de Mashteuiatsh, Gilbert Dominique, exige que Rio Tinto écoute et rencontre la propriétaire du camping Plage Robertson et fasse les correctifs nécessaires pour protéger la plage.
« Ça va prendre une communication étroite. Il faut que Rio Tinto soit à l'écoute et collabore pour faire un rechargement qui convient au propriétaire. Ce qu'ils ont fait dans le passé n'est pas acceptable. C'était l'une des plus belles plages du lac Saint-Jean, mais le sable employé a fait perdre de la valeur à ce joyau », affirme-t-il.
Gilbert Dominique a été surpris de voir l'état de la plage à la suite de la diffusion du reportage publié dans Le Quotidien montrant les grandes sections de plage emportées par le niveau de l'eau élevé.
« J'y suis allé aujourd'hui (hier). Je n'ai jamais vu cette plage dans cet état. C'est désolant ! Et je suis très inquiet pour la suite si le niveau monte au-dessus de 18 pieds et que les vents se mettent de la partie. Il va falloir que la compagnie se déplace et vienne voir les dégâts. Le conseil est en support au propriétaire et nous allons l'accompagner pour nous assurer que le plan de rechargement et de correctifs proposé par Rio Tinto fasse son affaire et ne soit pas imposé », prévient le chef.
La propriétaire Sonia Robertson a témoigné au Quotidien qu'elle ne voulait plus du sable qui avait été utilisé lors du dernier rechargement, puisqu'il n'a pas la même qualité que le sable fin naturel qu'on retrouvait à l'époque et encore à certains endroits sur la plage.
Rio Tinto
La porte-parole de Rio Tinto, Xuân-Lan Vu, a indiqué que des solutions avaient été proposées en 2015, mais qu'elles n'avaient pas été acceptées par la direction du camping. Il n'y a donc pas eu de travaux de stabilisation d'effectués. « La plage fait partie de notre programmation préliminaire de travaux pour l'automne 2017. En effet, notre équipe se rendra sur place au cours des prochaines semaines pour évaluer la situation et proposer à nouveau des travaux. Par ailleurs, il est important de noter que l'érosion du secteur découle davantage des vents. Une tempête survenue en décembre 2016 a fortement contribué à l'érosion de la plage. Nous continuons de suivre ce secteur et de proposer des solutions », a-t-elle mentionné dans un courriel.
Or, la propriétaire du camping est formelle ; la disparition de deux sections de 125 pieds de plages sur une longueur de 1000 pieds s'est réalisée au cours des derniers jours.
Vue aérienne des berges de Mashteuiatsh et des tipis qui longent la rive.
Les tipis de Mashteuiatsh menacés
Le muret de soutènement au coeur de Mashteuiatsh est dans un piteux état et le Conseil de bande réclame des travaux d'urgence de la part de Rio Tinto.
«Ça fait quelques années que ces travaux sont reportés, mais avec le niveau élevé du lac ce printemps, nos inquiétudes sont grandes sur les dommages qui peuvent se produire sous la structure. Ça pourrait même mettre la rue en péril», explique le chef Gilbert Dominique.
Ce long muret se trouve sur le bord du lac Saint-Jean en face de la bâtisse du Conseil des Montagnais. On y retrouve une promenade avec d'immenses tipis en béton.
Selon le chef, la structure se mine par en dessous et lorsque la vague frappe le muret, l'eau s'infiltre et fait glisser du matériel dans le lac Saint-Jean. «On ne connaît pas l'ampleur des dégâts, mais on sait que la situation est critique et Rio Tinto est au courant. On nous a dit que les travaux sont planifiés pour 2017. Par contre, on veut s'en assurer. On ne veut pas que ça soit reporté une autre fois. Il faut que Rio Tinto remplisse ses obligations. Nous ne pouvons plus attendre, c'est une question de sécurité», ajoute-t-il.
Redevances
Par ailleurs, Gilbert Dominique veut accélérer les discussions avec la multinationale afin d'obtenir de réelles retombées économiques de la gestion des barrages sur le Piékuagami. «Ils utilisent une partie de notre territoire. Ça fait des décennies que nous subissions les conséquences de la production d'électricité. Il est temps d'avoir notre part du gâteau juste et équitable. Il y a une volonté clairement démontrée de la part de Rio Tinto, il reste au Conseil à s'asseoir avec eux pour en arriver à une entente», a-t-il affirmé.