Les cinq alumineries, dont celle de Laterrière, obtiennent la certification ASI.

Rio Tinto certifiée Aluminium Stewardship Initiative

(Anne-Marie Gravel) - Rio Tinto atteint son objectif en devenant la première entreprise au monde à recevoir la certification de l’Aluminium Stewardship Initiative (ASI), la plus haute norme internationalement reconnue en matière de développement durable.

La certification, qui fait suite à un audit indépendant, reconnaît les pratiques environnementales, sociales et de gouvernance robustes tout au long du cycle de production, d’utilisation et de recyclage de l’entreprise. 

Son obtention est le fruit d’un processus amorcé il y a plusieurs semaines. Toutes les composantes de la chaîne de production de Rio Tinto ont dû être scrutées. 

La certification s’applique aux cinq alumineries de Rio Tinto, à la raffinerie Vaudreuil, aux centres de coulée, à l’usine de traitement de brasque ainsi qu’aux infrastructures connexes telles que les installations hydroélectriques, portuaires et ferroviaires du Québec. La mine de bauxite Gove en Australie a aussi reçu la certification. 

« Rio Tinto est fière d’avoir franchi cette étape marquante en devenant la première entreprise à obtenir la certification ASI. Pionniers de la production d’aluminium responsable, nous continuons d’être le chef de file de l’industrie en matière de développement durable et de production responsable, en travaillant en étroite collaboration avec nos clients afin de répondre à leurs besoins », affirme Alf Barrios, chef de la direction de Rio Tinto Aluminium dans un communiqué, rappelant que Rio Tinto a lancé RenewAl en 2016, le premier aluminium certifié à faible teneur en carbone. 

Rio Tinto affirme que grâce à la certification, les fabricants et utilisateurs de l’aluminium certifié ASI peuvent désormais démontrer leur engagement envers une chaîne d’approvisionnement durable.

En octobre dernier, Catherine Munger, conseillère principale Environnement et opérations pour l’Atlantique chez Rio Tinto, affirmait dans les pages du Progrès que la démarche vers l’atteinte de la norme ASI est en partie née du désir des clients de Rio Tinto d’acheter de l’aluminium propre, dans tous les sens du terme. 

« Nous nous attendons à ce que la production d’aluminium responsable devienne de plus en plus importante pour nos clients et les consommateurs qui achètent leurs produits, affirme Alf Barrios. Nous produisons dans nos usines d’électrolyse de l’aluminium de l’une des meilleures qualités et dont l’empreinte carbone est parmi les plus faibles au monde. »

Daniel Weston, président du conseil d’administration de l’Aluminium Stewardship Initiative et chef des affaires juridiques et corporatives chez Nespresso, témoigne de l’importance de la certification. « Le développement de la norme ASI a exigé de nombreuses années d’engagement et de travail de la part de nombreuses parties et cette première certification représente un jalon important dans l’adoption de ces nouvelles normes et ouvre la voie à l’ensemble de l’industrie. Nespresso est impatient de s’approvisionner en aluminium certifié par l’ASI. »

Josef Schön, cadre supérieur planification stratégique et développement durable chez Audi AG, abonde dans le même sens. « Pour nous assurer que la production de l’aluminium respecte les meilleures normes de durabilité possible, nous nous sommes associés à l’ASI dès sa fondation. Audi est donc très heureuse de voir que les membres en amont de l’ASI – comme Rio Tinto – appliquent la norme dans le cadre de leurs activités », affirme celui qui estime que la transition vers les voitures électriques rehaussera davantage la pertinence de l’aluminium dans leur conception. 

Les installations portuaires et ferroviaires de La Baie obtiennent aussi la certification ASI.

QUALITÉ DE L'ENVIRONNEMENT: UNE AMANDE DE 33 925$ POUR RIO TINTO

(Anne-Marie Gravel) - Rio Tinto écope d’une amende de 33 925 $ pour avoir enfreint la Loi sur la qualité de l’environnement. 

Les événements reprochés se sont produits le 13 décembre 2016, au Complexe Jonquière du boulevard Mellon. Rio Tinto a contrevenu à l’article 31.38 de la Loi sur la qualité de l’environnement en émettant au-delà d’une période de 180 minutes par mois, un rejet à l’environnement en eaux usées à l’émissaire D, dont la valeur du pH est inférieure à 5,5 ou supérieure à 9,5.

L’entreprise a été déclarée coupable le 22 janvier dernier. Rio Tinto a été condamnée à verser une amende de 25 000 $ et doit rembourser les frais de poursuite engagés par le Ministère, soit un montant de 8925 $, en plus d’assumer les frais judiciaires.

Le chef de la direction Aluminium, Alf Barrios.

«Nos premier investissements seront au Québec»

(Mélyssa Gagnon) - Ce n’est pas une surprise si les installations de Rio Tinto (RT) au Québec, particulièrement celles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, ont été certifiées ASI en premier. Le chef de la direction Aluminium, Alf Barrios, précise que les activités de la multinationale dans la Belle Province génèrent du métal gris de grande qualité, propre et à prix compétitif. 

L’utilisation de l’hydroélectricité, de même que des mesures développées au fil des ans pour traiter et revaloriser les brasques, ont fourni une longueur d’avance aux usines québécoises.

C’est d’ailleurs armé de ces arguments de compétitivité, de qualité et de durabilité qu’Alf Barrios s’est rendu à Washington à plusieurs reprises, au cours de la dernière année, pour mettre en relief la « position avantageuse » du Canada et du Québec en matière de production d’aluminium. Le tout avec, en trame de fond, les visées protectionnistes de l’administration Trump.

« J’ai passé beaucoup de temps avec l’ambassadeur du Canada aux États-Unis, David MacNaughton, pour m’assurer que notre message soit clairement entendu. Nous continuons de travailler très fort, non seulement en ce qui concerne la section 232 (du Trade Expansion Act de 1962, lequel permet de limiter les importations pouvant mettre en cause la “sécurité nationale”), mais aussi en marge des négociations de l’ALÉNA. Nous devons continuer de mettre l’accent sur la grande valeur, la durabilité et les avantages compétitifs que l’industrie canadienne, et particulièrement québécoise, des alumineries recèle à l’échelle de l’Amérique du Nord », a déclaré Alf Barrios, en anglais, au cours d’une conférence téléphonique organisée en marge de l’annonce de l’obtention de la certification ASI. 

Selon lui, le conflit entourant le commerce sur le continent nord-américain permet de faire ressortir le statut de chef de file du Canada. 

« Les arguments que nous avons fait valoir aux autorités américaines, épaulés par les gouvernements du Québec et du Canada, sont que ces avantages sont cruciaux. Ils sont importants non seulement pour nos clients américains, mais aussi pour les consommateurs des deux côtés de la frontière » , a enchaîné Alf Barrios. 

Investissements

Concernant de futurs investissements destinés aux installations régionales de Rio Tinto, le chef de la division aluminium est demeuré vague. Il a toutefois réitéré que les actifs de la multinationale au Saguenay-Lac-Saint-Jean sont « au cœur des opérations de l’entreprise » et que la direction continue de plancher sur divers projets, en prévision de la reprise pressentie du marché. 

« Comme vous le savez, nous avons annoncé le prolongement de Vaudreuil. C’est important d’être prêts à tous les points de vue quand les conditions seront bonnes. Nous serons alors en mesure de répondre à la demande. Le Québec est un endroit dans le monde où nous avons clairement une opportunité de croissance et c’est à cet endroit que nos priorités seront en termes d’investissements. Nous l’avons déjà dit clairement : nos premiers investissements seront au Québec », tranche le chef des opérations. 

Quant à la certification complète de l’ensemble des installations de RT à travers le monde, des mines de bauxite jusqu’à la fin de la chaîne de production, Alf Barrios indique que le géant tentera d’y arriver le plus rapidement possible.

« La certification n’est pas seulement en lien avec les émissions de gaz à effet de serre et la protection de l’environnement. Elle couvre notamment l’intégrité, la transparence, la biodiversité, la responsabilité sociale, les droits humains, les droits des travailleurs et la santé et sécurité au travail. L’objectif, c’est d’être perçue comme une compagnie qui adopte des pratiques responsables et durables et que ces valeurs se reflètent dans la façon dont nous administrons l’entreprise », a-t-il fait valoir.