Richard Martel est allé constater les efforts des militaires canadiens dans une mission de l’ONU au Mali.

Richard Martel revient du front

Le député conservateur de Chicoutimi-Le Fjord, Richard Martel, revient transformé d’une mission parlementaire au Mali. Celui qui fait partie du Comité permanent de la défense nationale porte un nouveau regard sur les Forces armées et sur le rôle des Casques bleus.

Richard Martel a pu constater le travail effectué par les militaires canadiens de ses propres yeux. Le député s’est rendu à Gao, au nord du Mali, où des affrontements ont encore lieu entre différents groupes armés.

« Tu ne penses plus pareil après. L’armée prend une autre signification. Pour ceux qui pensent qu’elle égale nécessairement la guerre et se demandent pourquoi on met de l’argent là-dedans, l’armée sert à la protection de la souveraineté du pays, aux opérations d’urgence », exprime-t-il en entrevue, quelques jours après son retour d’Afrique.

« Il faut être fier de ces gens-là, qui sont déployés en mission, ajoute-t-il. On a des alliés de différents pays, c’est une question d’entraide à un moment donné. On le voit sur le terrain, ces militaires-là y sont pour sauver des vies. »

Selon lui, les risques demeurent actuellement très élevés pour les militaires dans cette mission qui est « très dangereuse ».

Le député fait partie du Comité permanent de la défense nationale.

En mission

Dans les faits, les parlementaires avaient comme objectif d’évaluer la participation canadienne à la mission de l’ONU au Mali. La délégation qui s’est rendue en Afrique était composée de six députés, dont trois libéraux, deux conservateurs et un néodémocrate, en plus des membres du Comité permanent de la défense nationale.

« Le comité s’est rendu au Sénégal et au Mali pour observer et discuter de la situation préoccupante qui se passe présentement. On a rencontré des gens de l’ambassade, nos troupes... », énumère le député, laissant sous-entendre qu’il ne s’agit pas d’une mission de paix, les militaires étant en situation de combat même si aucune guerre n’est officiellement déclarée.

M. Martel décrit ce qu’il a vu en pesant chacun de ses mots. « C’est très compliqué. [...] Le système de justice est faible. L’armée est faible. Le gouvernement est faible. C’est pour ça qu’ils ont besoin de l’intervention de l’ONU », raconte-t-il.

Quelque 15 000 Casques bleus se trouvent sur place depuis la signature d’un accord de paix en 2015 entre le gouvernement malien et des groupes armés. Les militaires du Canada font surtout des opérations de sauvetage, selon le récit de M. Martel.

Cette opération de maintien de la paix de l’ONU est la plus coûteuse en vies humaines des opérations actuelles, avec près de 180 morts.

Rapport

Si le travail du comité de la défense n’est pas nécessairement public, un rapport sera fait et des recommandations seront émises au gouvernement du Canada dans les prochaines semaines.

Officiellement, les troupes canadiennes devraient quitter le Mali au mois de juillet. AVEC AFP

(AFP) - BERLIN — Un soldat malien a été grièvement blessé samedi au cours d’un échange de tirs nocturne avec des soldats allemands présents au Mali en vertu d’un mandat de l’ONU, a annoncé dimanche l’armée allemande.

L’homme a été transporté dans un hôpital de campagne français et son pronostic vital est engagé, a précisé la Bundeswehr (l’armée allemande) dans un communiqué.

L’échange de tirs a eu lieu au moment où les soldats allemands revenaient d’une mission de récupération d’un transport de troupes à 50 km de leur base, à Gao, dans l’ouest du Mali.

« Un convoi allemand a essuyé des tirs dans le noir, la situation était incertaine », a déclaré un porte-parole des opérations à Potsdam. Les soldats allemands ont répliqué aux tirs d’armes légères et sont rentrés ensuite dans leur camp, selon la Bundeswehr.

C’est seulement ensuite qu’on s’est rendu compte qu’il y avait eu un échange de tirs entre les forces maliennes et les forces allemandes, selon le communiqué.

« Un soldat malien a été blessé et transporté à l’hôpital de campagne français par les forces allemandes », selon l’armée.

Un millier de soldats allemands sont présents au Mali dans le cadre de la Mission de l’ONU (Minusma).

Quelque 15 000 Casques bleus se trouvent sur place depuis la signature d’un accord de paix en 2015 entre le gouvernement et des groupes armés.

L’opération de la Minusma est la plus coûteuse en vies humaines des actuelles opérations de maintien de la paix de l’ONU, avec près de 180 morts, dont une centaine dans des actes hostiles, soit plus de la moitié des Casques bleus tués dans le monde depuis cinq ans.

Le mois dernier, 11 Casques bleus tchadiens ont été tués au cours de l’engagement le plus grave pour les forces militaires de l’ONU.