L’IRIS a dévoilé les résultats d’une étude en proposant le revenu viable, un outil complémentaire à la Mesure du panier de consommation, de Statistique Canada. Cette nouvelle façon de faire prend en considération le coût de la vie et différents facteurs régionaux, offrant ainsi un seuil pour calculer la sortie de la pauvreté.

Revenu viable à Saguenay: 23 888$ pour une personne seule

Le revenu viable d’une personne seule à Saguenay se situe à 23 888 $, en 2019, tandis qu’il grimpe à 40 593 $ pour une personne monoparentale avec un enfant. Finalement, pour un couple avec deux enfants d’âge préscolaire, il est de 60 405 $.

L’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) a dévoilé les résultats d’une étude en proposant le revenu viable, un outil complémentaire à la Mesure du panier de consommation, de Statistique Canada. Cette nouvelle façon de faire prend en considération le coût de la vie et différents facteurs régionaux, offrant ainsi un seuil pour calculer la sortie de la pauvreté.

« La Mesure du panier de consommation calcule comment ça coûte pour combler les besoins de base, met d’abord en contexte le chercheur de l’IRIS, Philippe Hurteau, en entrevue téléphonique. Mais une personne qui comble ses besoins de base est encore pauvre. On peut se loger, se nourrir et se vêtir selon les besoins les plus élémentaires sans se sortir de la pauvreté. »

Le revenu viable se base donc sur les réels besoins des ménages, qui ne prend pas seulement en considération le dossier du prix du panier d’épicerie.

« Cette personne (au-dessus du revenu viable) n’est plus dans une situation de pauvreté, explique M. Hurteau. Elle a une marge de manœuvre pour faire des choix. Par exemple, elle pourra choisir d’économiser, de rembourser ses dettes, de s’acheter une paire de lunettes ou encore de payer sa facture chez le dentiste. Cependant, il n’est pas question d’être propriétaire ou d’aller faire deux voyages par année dans le Sud. On s’entend que ce n’est pas une grande marge de manœuvre, mais cette personne a la possibilité de faire des choix. »

Saguenay a une particularité que les six autres villes étudiées par l’IRIS n’ont pas. Si le revenu viable pour une personne seule est l’un des plus bas, arrivant sixième sur les sept régions étudiées avec 23 888 $, il grimpe au second rang pour une personne monoparentale avec un enfant (40 593 $), derrière Sept-Îles (41 579 $). Pour un couple avec deux enfants d’âge préscolaire, le revenu viable pour une famille de Saguenay s’élève à 60 405 $, ce qui est le deuxième plus haut total des sept villes à l’étude.

« Pour une famille avec deux enfants, les parents sont obligés d’être propriétaires d’une voiture pour se déplacer, aller reconduire les enfants à la garderie, etc., soulève Pierre Hurteau. Ce n’est pas le cas pour une personne seule, qui n’a pas les mêmes contraintes d’horaire qu’un parent. »

Pour l’IRIS, le développement de cet indice vient offrir une nouvelle mesure pour évaluer réellement le revenu nécessaire pour se sortir la tête hors de l’eau. Le chercheur illustre sa pensée en mentionnant que le revenu viable permet d’accéder à la première marche de la classe moyenne.

« Présentement, le gouvernement du Québec utilise des indicateurs de pauvreté pour calculer la sortie de la pauvreté, ce qui fait en sorte qu’on ne calcule rien du tout finalement, note Philippe Hurteau. On considère que dès qu’une personne couvre ses besoins de base, elle n’est plus pauvre, ce qui est littéralement faux. Ça fait en sorte qu’on est incapable de mettre en place des politiques publiques qui ont un peu de l’allure pour effectivement lutter contre la pauvreté. Avec l’indice du revenu viable, on vient donner un outil au gouvernement sur lequel s’appuyer pour revoir ses politiques de lutte à la pauvreté et offrir quelque chose de réellement efficace qui pourrait améliorer le sort des gens au bas de l’échelle. »

L’IRIS, un institut de recherche sans but lucratif, est indépendant du gouvernement. Il publie des rapports, mais n’intervient pas directement dans la gestion et aucun travail de collaboration n’est effectué avec les fonctionnaires.

« Mon rêve serait que le gouvernement reprenne l’indicateur et le développe par lui-même, et que l’IRIS puisse travailler sur autre chose, partage Philippe Hurteau. On pourrait peaufiner, développer et ajouter certaines variables, ce qu’on ne peut faire actuellement en raison d’un manque de ressources. »

L’augmentation du salaire minimum, la garantie d’un revenu minimum et l’ajout de programmes publics sont au nombre des solutions proposées par l’Institut de recherches et d’informations socioéconomiques.