Revenir à l’essentiel

CHRONIQUE / Au départ de Roberval, nous sommes une quarantaine de randonneurs, en ski ou en raquette, à nous être lancé le défi de traverser le lac Saint-Jean. Un défi physique, car nous aurons à parcourir 30 kilomètres au cours des prochains jours, dormant sous la tente à des températures sous les -20° Celsius, mais surtout un « défi intérieur », où nous aurons le temps de faire une introspection personnelle.

« Traverser le lac Saint-Jean est une très bonne excuse pour prendre du temps pour soi, de méditer et de régler plein de choses dans notre vie », estime Mario Cantin, vice-président associé à la Banque Nationale et cofondateur du Double défi des deux Mario. Pour l’homme qui a perdu une fille en bas âge à la suite d’un accident de la route, l’aventure lui permet d’adopter un rythme plus simple.

Avancer, manger et dormir. En gros, c’est notre plan de match pour traverser le lac Saint-Jean. Au passage, on doit aussi se garder au chaud, prendre soin de soi et régler les problèmes dès qu’ils surviennent pour éviter que la situation ne dégénère. Le froid nous pousse donc à être solidaires et intelligents, en travaillant davantage sur la prévention.

Malgré les difficultés physiques et météorologiques qui peuvent s’imposer sur notre chemin, les objectifs sont simples et clairs. Au lieu de se tracasser avec les mille et un problèmes de la vie de tous les jours, la nature permet ainsi de se reconnecter à l’essentiel.

C’est aussi une porte ouverte sur la contemplation. En avançant lentement, mais sûrement, le rythme amène des relents méditatifs. C’est comme si l’âme se permettait d’errer, simplement, et que seul l’instant présent compte vraiment. C’est comme si on prenait vraiment le temps de vivre.

Il ne faisait que -10 °C lors de notre départ mardi matin, mais un vent de 30 à 50 km/h ajoutait une touche glaciale au départ. Heureusement, le vent est de dos, mais à certains moments, la poudrerie prend le dessus et le blanc couvre le paysage.

Devant nous se dresse une page blanche, qui donne l’impression que tout est possible. Il suffit de tracer son propre chemin et d’écrire sa propre histoire. Bien sûr, il y aura des obstacles sur le chemin. Pour certains, ce sera la distance à parcourir en tirant un traîneau qui pèse près de 40 kg. Pour d’autres, ce sera de dormir sous la tente à -20 °C.

Mais c’est en sortant de sa zone de confort que l’on apprend à savoir réellement qui on est, remarque Mario Cantin. Et chaque fois que l’on réussit à vaincre un défi personnel, cette zone de confort s’agrandit. En faisant vivre un tel défi sur les glaces du lac Saint-Jean, on permet ainsi aux participants de vivre comment l’aventure peut les transformer, tout comme le font les jeunes survivants du cancer avec la fondation Sur la pointe des pieds.

Heureusement, l’équipe de la fondation offre un support professionnel hors pair pour aider tout le monde à atteindre l’objectif. Des chaufferettes d’appoint aident à garder les tentes bien au chaud, des petits bouillons et chocolats chauds sont toujours disponibles, et l’équipe de bénévoles offre un soutien de tous les instants pour que tout le monde demeure confortable.

Bon, c’est l’heure de la soupe et je dois aller souper… dehors. Demain, je vous raconterai comment s’est passée ma première nuit sur le lac… à -20 °C.