Retour sur l'actualité municipale de Saguenay de 2019

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
Le conseil municipal de Saguenay, qui est entré dans la deuxième moitié de son mandat au début du mois de novembre, laisse petit à petit son empreinte sur la capitale régionale. Certains projets majeurs ont progressé pendant la dernière année, non sans susciter d’opposition. Le Progrès revient sur certains des événements marquants de 2019.

Les élus de Saguenay sur la sellette

L’année 2019 a débuté sous le signe du mécontentement à Saguenay. Les élus ont rapidement dû répondre de leurs décisions. La hausse de salaire des élus, conjuguée à l’augmentation du compte de taxes municipales, a mis les élus sur la défensive. Le 7 janvier, plus de 500 personnes se sont déplacées dans l’édifice municipal de Laterrière à la suite d’une invitation de la citoyenne Virginie Hallahan Pilotte, et ont lancé critiques et invectives à Michel Potvin. Des citoyens de Shipshaw et de Lac-Kénogami se sont joints au mouvement, plaidant payer autant de taxes que les résidants des quartiers centraux tout en recevant moins de services. À la séance du conseil municipal de février, de nombreux citoyens ont confronté les élus sur leur augmentation de salaire, mais ces derniers ont refusé de plier. Le sujet du salaire des élus sera d’ailleurs abordé lors de plusieurs périodes de questions. Ce n’est qu’à la fin de l’année que la mairesse de Saguenay, Josée Néron, proposera un réajustement de salaire aux élus de Saguenay, dans le budget 2020 de la Ville.

Michel Potvin répond à des citoyens mécontents.

Des projets majeurs d’infrastructure qui avancent... un peu

Les trois arrondissements de Saguenay ont chacun de grands projets en attente. Si aucune pelletée de terre n’a encore été faite, des progrès ont été réalisés dans plusieurs dossiers. À Chicoutimi, le sort de l’autogare est maintenant lié à celui de l’amphithéâtre, auquel on ajoutera un projet de développement résidentiel et un espace vert. Le conseiller Michel Potvin a présenté à la fin août un projet de 60 M$ qu’il décrit comme étant «à coût nul». À Jonquière, la Ville a annoncé un investissement de 2,8 M$ pour réaménager le secteur du parc de la Rivière-aux-Sables, tandis que le projet de centre multisport, qui sera construit sur le boulevard René-Lévesque, sera d’une valeur maximale de 25 M$ et sera livré dans une formule «clés en main». Après plusieurs années d’efforts, Saguenay et le comité Patrimoine Saint-Édouard ont annoncé en novembre dernier que le projet de déménager la bibliothèque de La Baie dans l’église Saint-Édouard allait se concrétiser, au coût de 11,5 M$. Le rejet du budget a cependant mis tous ces projets sur la glace. Les élus de Saguenay les ont retirés de la deuxième version du plan triennal d’investissement, qui a été adoptée le 30 décembre. La mairesse Josée Néron a cependant spécifié qu’ils pourraient tous voir le jour.

Saguenay a opté pour un compromis, dans son nouveau projet d’amphithéâtre, lequel sera situé sur la zone ferroviaire.

Les travaux du Palace débutent... « enfin ! »

Rarement un projet municipal aura-t-il connu autant d’embûches avant de débuter. Il aura fallu cinq ans à Diffusion Saguenay pour compléter le financement nécessaire à la rénovation du Théâtre Palace, ce joyau arvidien. En mai, on apprenait que les travaux estimés à 4,8 M $ allaient coûter 2,8 M $ de plus. Si Saguenay a allongé 1,4 M $ supplémentaire dès qu’elle a appris que les coûts des rénovations avaient augmenté, Québec a préféré étudier le dossier avant de donner, elle aussi, une réponse positive. Patrimoine Canada a aussi bonifié sa contribution de 650 000 $. Les travaux ont officiellement commencé au début du mois de novembre. L’entrepreneur Technipro s’affaire à effectuer de la démolition légère à l’intérieur du bâtiment, dont il ne reste que la coquille. La sécurité des usagers était compromise. Lors du prochain dévoilement de la programmation 2020-2021 de Diffusion Saguenay, en juin prochain, le Palace aura repris sa place. Le Palace avait été fermé en 2014, parce que le toit s’effritait.

Après cinq ans d’attente, les travaux du Palace ont débuté en novembre.

Jonathan Tremblay démissionne

Prenant tout le monde par surprise, le conseiller de Jonquière Jonathan Tremblay a remis sa démission le 13 août, plus de deux ans avant la fin de son mandat. Celui qui était le vice-président du comité exécutif ainsi que le président de la Commission des arts, de la culture et du patrimoine a annoncé son départ, les larmes aux yeux, pendant une séance du conseil d’arrondissement de Jonquière. Il a expliqué son départ par des raisons «familiales» et «de santé». Le siège vacant de Jonathan Tremblay a été comblé le 15 décembre. Les électeurs du district 1, qui comprend Lac-Kénogami et une partie du centre-ville de Jonquière, ont choisi l’indépendant Jimmy Bouchard pour le remplacer. Ils ont préféré faire confiance à cet enseignant au niveau collégial plutôt que de voter pour le candidat de l’Équipe du Renouveau démocratique (ERD), Gilles Tremblay, qui avait reçu l’appui explicite de la mairesse de Saguenay. Le chef d’Alliance Saguenay, Dominic Gagnon, n’a pas été plus chanceux. Lui, qui tentait de faire son entrée au conseil municipal, a terminé en troisième position. Un autre indépendant, Daniel Tremblay-Larouche, a terminé deuxième.

Jonathan Tremblay a quitté son poste de conseiller municipal pour des raisons «familiales» et «de santé».

Josée Néron à l’écart pendant huit semaines

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a été au repos forcé pendant deux mois, du début de février à la fin mars, en raison d’un accident de ski. La mairesse s’est fracturé la jambe à deux endroits en amorçant un virage sur une plaque de glace au sommet d’une piste de ski de la station Mont-Saint-Anne, à Québec. « C’était très intense et je me suis accroupie au sol. Quand mon conjoint est arrivé près de moi, j’ai perdu conscience durant une trentaine de secondes », dira-t-elle au collègue Roger Blackburn lors d’une de ses premières sorties publiques après l’incident. Pendant son absence, elle a laissé les rênes de la Ville à son bras droit, Michel Potvin, qui est le maire suppléant de Saguenay. 

Josée Néron a subi une double fracture de la jambe l’hiver dernier.

Les coûts de pavage explosent

Le Service des travaux publics a eu une très mauvaise surprise en recevant les soumissions pour les travaux de pavage, d’asphaltage et de réfection des trottoirs et des bordures en 2019. Les prix avaient explosé. Pour certains travaux prévus, la hausse des coûts pouvait atteindre 325 %. Le conseiller jonquiérois Jean-Marc Crevier, dans un point de presse improvisé avant une séance du conseil municipal, est même allé jusqu’à rappeler la Commission Charbonneau et a insinué qu’il y avait eu de la collusion entre les entreprises de pavage pour expliquer cette augmentation draconienne des coûts de l’asphalte. Les entreprises de pavage, elles, se sont justifiées en invoquant la hausse du prix du bitume. Saguenay a dû repartir en appel d’offres. La Ville en aura finalement moins pour son argent. Avec le même budget, on pavera moins de kilomètres de rue et on construira moins de trottoirs. Josée Néron, qui avait promis en campagne électorale de refaire 40 kilomètres de rue à Saguenay par année, ne pourra tenir son engagement. L’opposition, menée par Dominic Gagnon, accuse le responsable de la Commission des travaux publics de Saguenay, Michel Tremblay, de « cafouillage ». 

En 2019, les coûts d’asphaltage ont explosé à Saguenay.