Retour sur l'actualité au Saguenay–Lac-Saint-Jean en 2019

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
Année électorale, marquée par la question environnementale qui prend de plus en plus de place, 2019 a changé le visage de la région. Au moment de tourner la page sur cette année faste, Le Quotidien vous présente quelques événements qui ont marqué le Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Quelque 3000 personnes ont marché pour le climat à Alma.

LA JEUNESSE MARCHE POUR LE CLIMAT

Des milliers de personnes, réparties aux quatre coins de la région, ont participé à la Marche mondiale pour le climat, à l’initiative de la militante écologiste suédoise Greta Thunberg. Pour l’occasion, les établissements collégiaux de la région et l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) ont levé les cours. Les plus gros rassemblements ont eu lieu à Saguenay et à Alma, où on a évalué le nombre de participants à 3000, mais des marches et des actions symboliques ont aussi eu lieu à Saint-Félicien, Hébertville et Roberval. Ces manifestations battent des records. Il s’agit des plus gros rassemblements populaires de la dernière décennie dans la région. Si l’objectif de ces marches était de presser les gouvernements à poser des actions pour faire face à l’urgence climatique, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, l’ombre de GNL Québec a plané sur ces rassemblements, et ce, particulièrement à Saguenay. Bon nombre de manifestants ont pris la rue pour dénoncer ce projet d’usine de liquéfaction de gaz naturel. Plusieurs politiciens ont aussi accompagné les jeunes ce jour-là.

Alexis Brunelle-Duceppe a été élu dans Lac-Saint-Jean.

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LA VAGUE BLOQUISTE FRAPPE LA RÉGION

Les dernières élections fédérales, tenues le 21 octobre et à la suite desquelles le gouvernement de Justin Trudeau a obtenu un mandat minoritaire, ont modifié le paysage politique du Saguenay–Lac-Saint-Jean. La région n’a pas échappé à la vague bloquiste qui a déferlé sur le Québec. Dans Lac-Saint-Jean, les électeurs ont donné leur confiance à Alexis Brunelle-Duceppe, qui a ému la population du Québec en échangeant avec son père, Gilles Duceppe, en direct sur les ondes de RDI, après avoir remporté son siège de député. Les Jeannois ont tourné le dos au libéral Richard Hébert, élu deux ans plus tôt lors d’une élection partielle. Dans Jonquière, Mario Simard a délogé facilement la néo-démocrate Karine Trudel. Cette dernière s’est rapidement trouvé un emploi auprès du mouvement Je crois en ma région. La bataille a été plus serrée dans Chicoutimi–Le Fjord. Le suspense a duré jusqu’à la dernière minute entre le conservateur Richard Martel, qui conserve son poste de député, et la bloquiste Valérie Tremblay. Le conservateur l’a emporté avec une avance de seulement 1,5 % des voix. Pendant la campagne électorale, seulement deux chefs des principales formations politiques ont visité la région, soit Yves-François Blanchet (Bloc) et Andrew Scheer (Conservateurs). 

La pointe Langevin s’effrite de plus en plus.

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LA POINTE LANGEVIN S'EFFRITE ENCORE

Un deuxième propriétaire de chalet de la pointe Langevin, située dans le secteur de Vauvert à Dolbeau-Mistassini, a vu le rêve d’une vie s’envoler sous la force d’une pelle mécanique, cet automne. Steve Allard a démoli son chalet, à ses frais, parce que l’érosion menaçait de faire tomber sa résidence secondaire dans le lac Saint-Jean. La Ligue des propriétaires de Vauvert a tenté de faire porter le chapeau à Rio Tinto pour l’érosion de cet endroit paisible. « Le gouvernement doit reconnaître que ce n’est pas un désastre naturel, mais plutôt un désastre causé par la gestion d’un lac et des barrages », a dit son porte-parole, Daniel Murray. Mais pour l’entreprise, le dossier semble être clos. L’érosion est causée par un phénomène fluviatile, selon une étude de WSP réalisée pour le compte de Rio Tinto, et ne peut être attribuée à la gestion des berges, estime la multinationale. En décembre, les citoyens ont riposté en publiant une contre-étude qui arrivait à la conclusion contraire. L’érosion serait causée par la construction de barrages sur la rivière Péribonka.

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LE QUOTIDIEN TOMBE, POUR MIEUX SE RELEVER

Les six journaux de Groupe Capitales Médias (GCM), dont Le Quotidien fait partie, ont encaissé un coup dur le 19 août. Ce jour-là, l’entreprise s’est mise sous la protection de la Loi sur la faillite. Le gouvernement Legault a allongé cinq millions $ d’urgence pour permettre la poursuite des activités des six journaux. Devant cette mauvaise nouvelle, l’appui de la population et des organismes de la région a été immédiat. Le 22 août, près de 200 personnes ont répondu à un appel lancé par la section régionale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) et se sont réunies dans un bar de la rue Racine. Le 5 novembre, grâce à la générosité du public, des artistes et des organismes de la région, l’encan du Quotidien permettait d’amasser quelque 40 000 $. Des dizaines de citoyens ont ensuite participé à la campagne de contributions volontaires de la coopérative qui rachète le journal et qui a officiellement été fondée le 3 décembre. La transaction a été officialisée le 23 décembre, alors que le juge Claude Dumais, de la Cour supérieure, a entériné le plan de restructuration soumis par les coopératives.

Le maire Deny Tremblay a été élu à la tête de Saint-Ambroise le 10 septembre.

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ÇA BRASSE À SAINT-AMBROISE

Le conseil de ville de Saint-Ambroise, municipalité de la rive nord du Saguenay, a souvent été le théâtre d’échanges houleux en 2019. La mairesse Monique Gagnon a quitté officiellement ses fonctions le 31 mars. Si elle est restée discrète sur les raisons de son départ, on comprend entre les lignes que le climat difficile à l’hôtel de ville a joué un rôle prépondérant dans sa décision. À quelques semaines d’intervalle, deux conseillers, le directeur général de la municipalité et le directeur des travaux publics l’ont imité. Au début du mois de juin, Deny Tremblay a été élu maire lors d’une élection partielle, mais l’accalmie a été de courte durée. Avant la fin de 2019, le conseiller Nicholas Tremblay a été la cible d’une demande introductive d’instance en déclaration d’inhabileté, parce qu’il aurait loué sa pelle mécanique à la municipalité. La plainte a été soumise par Deny Tremblay. La réplique du conseiller ne s’est pas fait attendre. Nicholas Tremblay a mis le maire en demeure, ainsi que son avocat, Me Pierre Mazurette, affirmant qu’ils ont tenu des propos « hautement diffamatoires » à son sujet. 

Le deuxième séisme était d’une magnitude de 3,5.

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DEUX SÉISMES CONSÉCUTIFS

À quelques jours d’intervalle seulement, deux séismes ont fait trembler la région. Un premier tremblement de terre d’une magnitude de 3,4 a été enregistré le 12 novembre, vers midi, à 13 km au sud de La Baie. Deux jours plus tard, on a ressenti une secousse d’une magnitude 3,5 dont l’épicentre était situé à 24 kilomètres au sud de La Baie, vers 23 h 15. Si ces tremblements de terre ravivent les souvenirs de 1988, quand un séisme de 6,0 à l’échelle de Richter avait été ressenti en plein mois de novembre, les sismologues ont lancé un appel au calme. Ces deux secousses ne sont pas annonciatrices d’une troisième plus forte. « Les séismes, c’est chaotique. On peut être 50 ans sans en avoir un et en ressentir quelques-uns la même semaine », a précisé Reynald Du Berger, géologue-sismologue et professeur retraité de l’Université du Québec à Chicoutimi. Les deux tremblements de terre de novembre étaient cependant liés entre eux. « On a affaire au même mécanisme, à la même faille, donc les deux événements [sont] reliés », ajoutait M. Du Berger.