Plusieurs chauffeurs d’autobus déplorent un manque de mesures afin d’assurer leur sécurité avec le retour en classe.
Plusieurs chauffeurs d’autobus déplorent un manque de mesures afin d’assurer leur sécurité avec le retour en classe.

Retour en classe: les chauffeurs d’autobus s’inquiètent

L’inquiétude se fait sentir chez les chauffeurs d’autobus. Pour le président du secteur du transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), Stephen Gauley, le manque de protection offert aux chauffeurs d’autobus scolaire est aberrant et doit être amélioré.

En conférence de presse, lundi, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a effleuré les mesures de sécurité que les chauffeurs d’autobus allaient obtenir, avec la réouverture des écoles dans deux semaines. L’ajout d’un plexiglas est pour l’instant la seule mesure qui semble être adoptée pour les protéger.

Pour M. Gauley, ce n’est pas suffisant et ce ne serait peut-être pas non plus la meilleure option. La pellicule de plastique Lexan serait plus sécuritaire, selon lui, en cas d’accident, mais il aimerait voir davantage de mesures. « On demande le port de la visière, du masque, des gants et d’avoir du désinfectant à portée de main pour tous les chauffeurs, surtout s’ils doivent intervenir dans les autobus », a-t-il admis. Il pense que les chauffeurs auront encore plus à le faire, dorénavant, puisque les enfants devront respecter les nouvelles mesures imposées par le gouvernement, notamment le 2 mètres de distance entre chacun.

Cette distanciation apportera certainement des défis. Dans un autobus conventionnel, il entre environ 10 jeunes par autobus, selon lui, si on respecte la distanciation sociale. « En termes de logistique, ça va apporter des contraintes », a-t-il continué.

À ses yeux, il manque trop d’informations. « La situation pour les chauffeurs, c’est pas mal plus compliqué que de seulement installer des plexiglas dans les autobus. Que va-t-on faire pour les gens dont la santé est à risque et qui décideront de ne pas aller travailler ? J’espère qu’on ne les pénalisera pas », a-t-il noté, rappelant que plusieurs chauffeurs sont à risque de problèmes financiers et qu’ils font partie des personnes les plus à risque d’attraper la COVID-19. Plus de 54 % de ses membres ont plus de 60 ans, et 14 % qui ont plus de 70 ans.

Ses membres sont également très déçus du manque d’information offert dans le point de presse. « Tout ce qui a été fait aujourd’hui (lundi), c’est d’allumer un point d’interrogation dans la tête de tous les chauffeurs », a-t-il admis.

Mardi, une rencontre est organisée par le ministère de l’Éducation, à laquelle le FEEP-CSN pourra participer. M. Gauley espère en apprendre davantage et que des mesures claires devant assurer la santé et la sécurité de tous les chauffeurs et chauffeuses seront dévoilées.