La jeune Emma était bien fière de retrouver son père, Martin Prince. La maman Annie Vachon participait également aux retrouvailles.

Retour de mission à Bagotville: des retrouvailles touchantes

C’était jour de retour au bercail pour 78 militaires de la 2e et de la 3e Escadre de la base militaire de Bagotville. Grandement attendus par leurs proches, ceux qui faisaient partie du troisième déploiement du Canada en Roumanie dans le cadre de l’Opération REASSURANCE ne cachaient guère leur joie d’être en sol canadien. Plus de 337 sorties et 500 heures de vol ont été cumulées au cours de cette mission.

Ils étaient des dizaines, jeudi, à attendre impatiemment leurs proches de retour de cette mission de protection de l’espace aérien. Familles, collègues et amis ont patienté longuement avant d’apercevoir les premiers militaires.

Environ 135 membres des Forces armées canadiennes et cinq CF-18 Hornets ont fait partie de l’opération. La majorité des militaires étaient en fonction du 1er septembre au 31 décembre. Lors de leur déploiement, ils ont fait partie de la Force opérationnelle aérienne (FOA) alors qu’ils participaient aux activités renforcées de police aérienne de l’OTAN. Il s’agit d’une mission de défense collective en temps de paix.

Au quotidien, les participants prenaient part à un entraînement avec les militaires roumains. Les opérations de vol, le soutien médical, l’entretien des aéronefs, le commandement et le contrôle faisaient notamment partie des activités au programme. Trois interceptions ont eu lieu lors de cette opération, dont celle d’un Sukoi Su-27 Flanker russe qui a pénétré dans la zone d’identification de l’espace aérien roumain.

L’attente a paru une éternité pour plusieurs.

« Nous avons atteint nos objectifs. Les avions sont sortis plus de 300 fois pour 500 heures de vol. Je crois que nous avons accompli notre mission », raconte l’officier responsable des opérations, la major Kate Montambault.

Celle qui occupait un poste clé dans la mission était grandement attendue par son conjoint et ses deux enfants. La mission revêt un caractère particulier pour elle alors qu’il s’agissait de son premier déploiement depuis qu’elle est mère de famille. Ainsi, la major Montambault s’est retrouvée loin de ses proches pendant la période des Fêtes. « L’équipe là-bas était extraordinaire. On a travaillé ensemble. Les gens aiment ce qu’ils font et ça paraît. Cela rend l’atmosphère agréable », raconte-t-elle.

La major Montambault avoue qu’il s’agissait d’un grand défi de laisser la famille ici afin d’aller accomplir son travail. Toutefois, elle assure être sortie grandie de cette aventure professionnelle. La mère de famille avait particulièrement hâte d’enlacer ses enfants, chose qu’elle n’a pu faire au courant des derniers mois.

Les accolades étaient longues et nombreuses pour plusieurs familles dans le bâtiment de la base militaire de Bagotville. Ce fut notamment le cas pour la famille Ross-Lavoie. Alexandre Ross, qui en était à sa première mission du genre, était fort ému de retrouver sa conjointe, Christine Lavoie, et leur petite fille, Olivia Ross. « Quand je suis partie, elle disait quelques mots. Maintenant, elle dit de longues phrases », a confié le père de famille seulement quelques minutes après son arrivée. Sa conjointe avouait vivre le moment avec fierté et un certain soulagement. Le médecin responsable du déploiement avoue que sa jeune fille a grandement changé au courant des trois derniers mois.

La major Kate Montambault avait particulièrement hâte d’enlacer ses deux enfants, dont sa fille présente sur la photo.

Heureusement, les moyens technologiques d’aujourd’hui facilitent grandement le contact entre les familles restées ici et leurs proches en mission. Mme Lavoie assure que cela a permis de garder la famille unie malgré la distance. Ainsi, la jeune Olivia a pu voir son père au quotidien.

Le redéploiement de jeudi marquait le plus grand retour de ce contingent. À peine arrivés, c’est le retour à la vie normale pour les 78 militaires qui profiteront de quelques jours de congé. Une trentaine d’autres militaires reviendront au pays le 19 janvier prochain.

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LA VIE MILITAIRE À DEUX

La vie militaire se déroule à deux chez le couple formé par la lieutenante Vicky Kirouac et le capitaine Anthony Poirier. Celle qui est responsable des redéploiements à Bagotville attendait impatiemment le retour à la maison de son conjoint après quelques mois passés en Roumanie. 

« C’est spécial. On veut être concentré sur le travail à faire. En même temps, je l’attendais impatiemment », a fait savoir celle qui oeuvre en logistique. 

Elle aura dû faire preuve de patience puisque son conjoint a été le dernier à faire son entrée dans le bâtiment réservé à l’accueil des militaires. 

L’ingénieur aérospatial a vécu son premier déploiement lors de cette opération, une aventure qu’il a partagée à distance avec sa conjointe. 

« J’ai vécu mon expérience. La prochaine fois, ce sera au tour de ma conjointe. Elle m’a dit que c’est difficile d’être à la maison tout ce temps, j’ai bien hâte de voir cela », a-t-il laissé tomber à la blague.

La lieutenante Vicky Kirouac attendait impatiemment son conjoint, le capitaine Anthony Poirier.

Les deux militaires qui ne sont pas originaires de la région sont arrivés en sol saguenéen en 2016. Le duo assure aimer la vie militaire au Saguenay. 

Le tandem, qui rêve de fonder une famille, n’envisage pas d’être déployé au même moment. 

Toutefois, il continue de vivre sa vie militaire ensemble. Les décisions sont prises au meilleur de leurs intérêts. 

« On prend les décisions ensemble pour voir si à un certain point dans notre vie, on y va avec la carrière ou avec la famille », explique Anthony Poirier. 

Le jeune homme se rabat sur le fait que leurs métiers se complètent très facilement.