Retombées de 12 G$ pour le Québec

La minière Arianne Phosphate évalue à 12 milliards de dollars les retombées économiques de la mine du Lac-à-Paul pour les 26 années d'exploitation.
En pleine période de recherche de financement, les dirigeants de la minière dévoilent une portion d'un nouveau rapport pour leur projet du secteur des Passes-Dangereuses, au Lac-Saint-Jean.
Réalisé par la firme Raymon Chabot Grant Thornton, le rapport évalue toutes les retombées pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean et l'ensemble du Québec. Il laisse miroiter, selon ce que Le Quotidien a pu apprendre, des retombées de 12 G$ et une moyenne de 1670 emplois soutenus durant la vie du projet.
Il s'agirait, selon la direction de l'entreprise, du plus important investissement pour la région au cours des 10 dernières années.
«Depuis le début du projet, nous discutons avec les investisseurs et les différents intervenants à partir de notre étude de préfaisabilité», précise Jean-Sébastien David, chef de l'exploitation chez Arianne Phosphate.
«Étant donné que plusieurs personnes voulaient en savoir plus, nous avons fait faire une mise à jour de notre projet. L'exploitation n'est plus basée sur une période de 17 ans, mais bien de 26 ans. L'investissement de départ était d'environ un milliard de dollars et il s'élève maintenant à plusieurs centaines de millions de dollars supplémentaires», note M. David.
Arianne Phosphate estime à 1,7 G$ les coûts reliés à la construction de la mine (1,2 G$ pour sa mise en place, 500 M$ pour la mise à niveau durant 26 ans et 243,8 M$ pour les infrastructures de transport incluant la construction du quai à L'Anse-à-Pelletier).
L'entreprise dépensera 7,4 G$ pour l'exploitation minière et devrait créer 375 emplois permanents.
«Nous avons aussi prévu un montant de 47 millions de dollars pour la restauration du site, une restauration qui commencera dès la cinquième année d'exploitation avec le reboisement. Nous ne voulons pas attendre la fin de la vie de la mine pour restaurer le site», précise le chef d'exploitation, qui prévoit des recettes d'environ 4 G$ pour les gouvernements en taxes et impôts.
Jean-Sébastien David confirme que l'entreprise se trouve actuellement en phase de financement. Elle est associée à la Banque Nationale et à la Wells Fargo pour les services financiers.
Quant au calendrier des travaux, les dirigeants suivent celui établi. Ils espèrent passer devant le Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE) en 2014 et souhaitent entreprendre les premières installations au printemps 2015, avec un début de production en 2017.
En ce qui concerne la deuxième transformation, Arianne Phosphate a octroyé un mandat pour l'exploitation d'une usine d'acidulation, afin de rendre le minerais inerte soluble et assimilable pour les plantes.
Une étude d'opportunité a été donnée à un partenaire en provenance de l'industrie chimique lourde afin que l'on trouve une solution.
Une manne pour le SLSJ
 Les intervenants économiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean s'accordent sur au moins un aspect du projet de la minière Arianne Phosphate. La région a besoin d'un investissement aussi important.
Préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, Gérald Savard n'a pas été en mesure de prendre connaissance des derniers chiffres publiés sur les retombées économiques du projet d'exploitation du Lac-à-Paul.
«Tout ce que je sais, c'est qu'il s'agit d'un projet d'importance pour notre secteur et pour toute la région. Il est question d'un investissement de plus d'un milliard de dollars et de plus de 400 emplois», commente Gérald Savard.
«Je ne pense pas que les gens de l'Anse-à-Pelletier s'opposent au projet, mais ils veulent conserver le paysage de l'endroit où ils habitent. La MRC, la municipalité de Saint-Fulgence et Arianne Phosphate ont formé un comité pour trouver une façon de cohabiter avec les résidants de l'Anse-à-Pelletier. Je pense que l'on va y parvenir», reprend M. Savard, qui souhaite l'appui de la population dans ce projet économique.
Porte-parole du Regroupement des chambres de commerce, Dave Gosselin a pu survoler les grandes lignes du rapport des retombées économiques. Il voit le tout d'un bon oeil.
«Les retombées économiques s'annoncent vraiment importantes. Tous les acteurs doivent jouer de prudence ou agir de concert pour que la phase du financement se concrétise», indique M. Gosselin.
Ce dernier ne cache pas que l'économie régionale montre des signes de fatigue depuis plusieurs mois et qu'un projet comme celui d'Arianne Phosphate serait apprécié au Saguenay-Lac-Saint-Jean.
«Ce pourrait être un projet historique. Nous avons oeuvré depuis plusieurs années pour l'exploitation de l'aluminium et de la forêt, nous en sommes peut-être rendus à l'exploitation de nos ressources minières.»
«C'est probablement l'occasion de rendre le rêve de Bernard Lapointe, le fondateur d'Arianne Phosphate, une réalité», a conclu Dave Gosselin.
En plus du projet d'Arianne Phosphate, le territoire de la MRC du Fjord-du-Saguenay pourrait voir aussi des investissements de 1,2 milliard de dollars à la mine Niobec, à Saint-Honoré, et un projet de 800 millions de dollars pour un parc d'éoliennes.