Un groupe d’une dizaine de responsable en services éducatifs en milieu familial demande au ministre de la Famillle, Mathieu Lacombe, de s’excuser et les reconnaitre à leur juste valeur.
Un groupe d’une dizaine de responsable en services éducatifs en milieu familial demande au ministre de la Famillle, Mathieu Lacombe, de s’excuser et les reconnaitre à leur juste valeur.

Responsables des services éducatifs en milieu familial : «Assez, c’est assez!»

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Les responsables des services éducatifs (RSE) en milieu familial ont bien l’intention de se tenir debout face au ministre de la Famille, Mathieu Lacombe. Selon un groupe de RSE du bureau coordonnateur du CPE des lutins rencontré par le Quotidien, M. Lacombe a manqué de respect envers les éducatrices et elles demandent d’être reconnues à leur juste valeur.

«Assez, c’est assez! C’est un manque de respect envers nous. Il a essayé de nous mettre les parents et notre syndicat à dos», a déclaré d’emblée une des RSE présentes au sujet des déclarations du ministre Lacombe qui à plusieurs reprises mardi dernier, a demandé aux RSE de respirer par le nez en plus de rappeler que des amendes pourraient être imposé aux éducatrices qui chargeraient un parent dont l’enfant ne fréquente pas le service de garde.

Le conflit dure déjà depuis plusieurs mois alors que les RSE sont en négociations avec le gouvernement afin de renouveler leur convention collective. Si elles acceptent sans problème l’augmentation de la charge de travail, elles demandent en échangent que le gouvernement les reconnaisse comme des professionnels et d’être payé à leur juste valeur.

«Présentement, une RSE en milieu familial gagne 12,42$ de l’heure, c’est moins que le salaire minimum. On demande un rattrapage salarial pour être équivalent à une éducatrice non formée dans un centre de la petite enfance qui gagne actuellement 16,75$. Ce qu’on nous a offert, c’est 11 sous par an. C’est inacceptable», explique la présidente de l’Alliance des intervenantes milieu familial du Saguenay (ADIM), Julie St-Arnaud.

Les RSE ont d’ailleurs voté en faveur d’un mandat de grève de leur syndicat. Si la prochaine offre gouvernementale est refusée, le mandat pour être effectif à compter du 25 juin ou de le reporter à l’automne.

Les discussions se sont envenimées lors de la dernière semaine entre le ministère de la Famille et la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ), dont l’ADIM Saguenay est membre. Le gouvernement a décidé de ne pas compenser les RSE pour les montants manquants des parents qui ont décidé de garder leurs enfants à la maison et dont l’éducatrice n’a pas atteint son ratio de 50% de fréquentation. Pour certaines éducatrices, ce montant s’élève à 965$ pour la période de 11 mai au 22 juin, période à laquelle les services de garde devaient réduire à 50% leur nombre d’enfants.

«En plus de ne pas recevoir le 8,35$ des parents, on doit rembourser quand même le 1,35$ que l’on donne habituellement au gouvernement. Ça nous fait donc 9,70$ par enfant par jour. M. Lacombe vient nous dire qu’on a pas besoin de cet argent-là, mais moi, je suis mère monoparentale. J’ai besoin de mon 965$. Avoir su, je me serais mise sur la Prestation canadienne d’urgence. J’aurais perdu moins d’argent en étant fermé», a expliqué une éducatrice en colère.

«Moi j’avais mes trois enfants, donc je n’ai pas été pénalisé, mais j’ai plusieurs collègues qui, en raison de cette situation, vont fermer leur garderie. Je me lève pour elles», renchérit une autre éducatrice.

En conférence de presse, le ministre Lacombe s’est défendu en expliquant que les syndicats étaient au courant de la situation et que la responsabilité de combler le 50% des places, revenait aux intervenantes, ce que dément la FIPEQ.

Les prochaines préposées aux bénéficiaires

Plusieurs d’entre elles croient que les éducatrices seront les prochaines préposées aux bénéficiaires. «On commence déjà à manquer de relève et à voir la façon dont on est traité, ça n’ira pas en s’améliorant. On a réalisé les besoins chez les préposés aux bénéficiaires pendant la crise. Est-ce qu’on peut apprendre de nos erreurs et corriger le tir avant qu’on se retrouve dans la même situation avec nos enfants», a fait valoir une des RSE présentes lors de l’entretien.