Résidences en zone inondable: des problèmes à prévoir

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Il est difficile d’évaluer les conséquences financières pour une propriété située dans une zone inondable comme c’est le cas pour les 240 propriétés du lac Kénogami et des rives de la rivière Chicoutimi. Mais il est assuré que cette situation générera un jour ou l’autre des problèmes, que ce soit lors de la vente ou au moment de faire des travaux de rénovation.

L’évaluateur agréé de la firme l’Immobilière, Jean-Pierre Côté, précise dans un premier temps qu’il faudrait une étude de marché beaucoup plus poussée afin de déterminer avec précision les impacts sur la valeur des propriétés qui seront en zone inondable. Cette situation, dit-il, n’est pas unique dans la région et concerne plusieurs endroits au Québec où il y a eu par le passé des débordements de cours d’eau avec des modifications apportées aux cotes pour identifier les zones inondables.

«Il faudrait avoir des propriétés similaires sur un site qui ressemble à celui où les propriétés sont en zone inondable. Il serait alors possible d’évaluer pour chacun des endroits les transactions des dernières années pour vérifier si cette situation cause un problème de dévaluation des résidences », explique le spécialiste.

Ce dernier ne croit pas que cette problématique, qui concerne des résidences de bonne valeur, fasse automatiquement fuir les acheteurs. Dans plusieurs cas, les résidences en question ont été au départ des chalets qui, au fil des années, ont été remplacés par des résidences unifamiliales après des rénovations ou même de nouvelles constructions.

«Il va toujours y avoir un marché pour des priorités situées en bordure des cours d’eau. Il n’y a pas de problème de ce côté. Ça pourrait devenir plus problématique si un acheteur souhaite faire des changements après l’acquisition d’une propriété et qu’il ne peut pas en raison de la zone inondable», reprend Jean-Pierre Côté.

La situation est différente pour les terrains situés en bordure de l’un des cours d’eau en cause. S’ils passent en totalité en zone inondable, ils perdront leur valeur puisque la ville n’autorisera pas de nouvelle construction en zone inondable, selon l’évaluateur.

Selon des précisions fournies par la ville de Saguenay lundi, les personnes dont les propriétés sont situées dans la zone inondable décrétée par le gouvernement du Québec, que la ville refuse d’intégrer dans son schéma d’aménagement, ne pourront plus obtenir de permis pour la construction de garages ou des modifications à l’immeuble principal.

Les compagnies d’assurance offrent habituellement une couverture en cas d’inondation qui permet à l’assuré d’avoir une protection similaire à celle du refoulement d’égout. Selon Richard Cantin, de la firme Cantin Gagnon Assurances, ce sont généralement les programmes gouvernementaux qui indemnisent les propriétaires quand des événements comme le déluge de 1996 surviennent. La clause de débordement d’un cours d’eau est offerte depuis les événements de 2017 au Québec.

La ministre responsable de la région et titulaire des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, pourrait commenter la situation qui prévaut pour le lac Kénogami et la rivière Chicoutimi dans les prochains jours. Le bureau de la ministre a indiqué lundi qu’il était nécessaire de faire le point auprès de tous les ministères concernés.

Les ministères des Affaires municipales, de l’Environnement et de la Sécurité publique sont concernés par cette affaire qui touche 240 propriétaires.