Saguenay doit entreprendre des correctifs afin de renforcer son système de traitement des eaux usées, afin de réduire le nombre de déversements d’eaux usées.

Réseau d'égouts inadéquat: Saguenay tarde à se conformer

Cinq ans après l’adoption de la politique gouvernementale des déversements d’égout et malgré 15 000 déversements d’eaux usées sans aucune forme de traitement, Saguenay n’a toujours pas déposé au ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques du Québec (MELCC) de plan de gestion des débordements à long terme.

Saguenay a été informée en 2013 de la nécessité d’entreprendre des correctifs afin de renforcer son système de traitement des eaux usées. Le 1er avril 2014, le gouvernement du Québec adoptait la «Position sur l’application des normes canadiennes des débordements des réseaux d’égout».

C’est ce qui se dégage des informations transmises au Progrès par le ministère de l’Environnement après que le journal ait mis au jour les problèmes importants du système d’assainissement des eaux de Saguenay. Le système actuel n’est plus en mesure de traiter le volume d’eaux usées, et la Ville doit déposer au ministère des mesures compensatoires temporaires, faute de quoi des projets d’ensemble résidentiel risquent de se retrouver sur la glace.

Malgré les explications fournies par l’administration municipale, le ministère a exigé qu’elle confirme l’octroi de mandats à des firmes spécialisées pour élaborer des mesures compensatoires afin d’autoriser des projets domiciliaires faisant l’objet de demandes de certificat d’autorisation. Les informations transmises par le MELCC n’identifient toutefois ni les projets ni les promoteurs visés par ces obligations.

Le conseil pas informé

Le MELCC confirme que Saguenay doit déposer au plus tard en 2020 un plan global final. Or, moins d’un an avant l’échéance fixée par le gouvernement, tout indique que les hauts fonctionnaires de Saguenay n’avaient pas informé le nouveau conseil municipal de ce problème de taille, qui nécessitera des investissements évalués entre 15 et 40 M$, selon ce que le gouvernement du Québec acceptera comme mesure compensatoire.

Pendant tout ce temps, et encore aujourd’hui, les débordements du réseau, qui se traduisent par des déversements d’eaux usées sans traitement dans le bassin versant, se poursuivent. En 2017, le MELCC confirme que les installations de Saguenay ont été à l’origine de 2994 déversements.

Il n’y a pas de raison d’attendre que ces déversements soient moins fréquents pendant les autres années, puisque Saguenay n’a réalisé aucun investissement significatif dans le remplacement des pompes des stations par des équipements de plus grande capacité.

Le conseiller municipal Michel Potvin, qui a été le premier informé de ce problème alors qu’il remplaçait la mairesse, Josée Néron, a expliqué que la Ville avait proposé au ministère de tenir compte d’une modulation de ses opérations de vidange du réseau d’aqueduc pour compenser l’augmentation du parc immobilier. Dans les réponses fournies au Progrès, le ministère ne précise pas si ces mesures constituent les orientations préliminaires qui font l’objet d’analyse auprès des spécialistes du gouvernement.

Le cabinet de la mairesse a refusé de confirmer au Progrès l’identité du promoteur qui s’est plaint de cette problématique. Il est également impossible de savoir si la Ville fait face à une démarche judiciaire de la part d’un promoteur dont le projet aurait été refusé par le MELCC.

Le MELCC a transmis au Quotidien des informations par écrit via la responsable des communications de la direction régionale. La demande d’entrevue logée par Le Quotidien avec un responsable du dossier au MELCCC a cependant été refusée.

Il faut préciser que tout ensemble résidentiel qui comprend un prolongement du réseau d’égouts doit être autorisé par le MELCC.