En entrevue, la mairesse Josée Néron a qualifié d’inquiétante l’annonce du report des deux projets de Rio Tinto.

Report d'investissements: les élus veulent rencontrer Rio Tinto

Rio Tinto doit prendre rendez-vous avec le Saguenay-Lac-Saint-Jean afin d’expliquer quelle est sa vision future de la production d’aluminium dans la région.

C’est en ces termes que la mairesse de Saguenay, Josée Néron, a résumé la rencontre tenue mardi matin avec son collègue d’Alma, Marc Asselin, le préfet de la MRC du Fjord-du-Saguenay, Gérald Savard, le conseiller municipal Jean-Marc Crevier ainsi que plusieurs leaders syndicaux des usines de Rio Tinto et des représentants des commissariats industriels de Saguenay et d’Alma.

Cette rencontre fait suite à l’annonce, au milieu du mois d’octobre, par la multinationale, du report pour une période indéfinie des projets de centre de coulée de billettes à l’Usine Alma et de 16 nouvelles cuves AP60 au Complexe Jonquière.

En entrevue, la mairesse a qualifié d’inquiétante l’annonce du report de ces deux projets, des investissements pourtant attendus depuis 17 ans dans un cas. « Je crois, en tant qu’élus, qu’il est temps pour nous de se concerter. Rio Tinto est partenaire de la région depuis 100 ans. On veut s’asseoir avec eux et surtout qu’ils nous communiquent leur vision de l’avenir de la production d’aluminium, une industrie très importante dans la région », a évoqué Mme Néron.

Cette dernière remet en question l’argumentation invoquée par Rio Tinto concernant le contexte mondial et le prix de la tonne d’aluminium, alors que du côté de l’aluminerie Alouette de Sept-Îles, dans laquelle Rio Tinto est actionnaire à 40 %, un investissement de 474 millions $ sera réalisé d’ici 2023 afin d’optimiser les installations.

Selon elle, les alumineries régionales se situent au premier quartile au niveau des coûts de production d’aluminium en raison des centrales hydroélectriques possédées. Il devient difficile de comprendre la logique de l’entreprise qui invoque le mauvais contexte après avoir annoncé des investissements importants dans le passé.

Même si elle ne l’affirme pas publiquement, Mme Néron laisse entendre que Rio Tinto, une société minière multinationale britanno-australienne, semble moins intéressée par le sort de communautés moins connues comme celles du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Dans ce contexte, la mairesse de Saguenay et son collègue d’Alma se sont entendus afin de mobiliser les élus de la région dans le but de provoquer un dialogue avec Rio Tinto et connaître ses intentions. « Ces projets doivent se réaliser avec tous les acteurs de la région, mais il faut aussi connaître la vision de Rio Tinto. »

Le travail du comité devrait se poursuivre dans les prochaines semaines.

Rencontre avec Laforest

Sur le même sujet, la ministre Andrée Laforest a tenu une rencontre, lundi matin, avec les représentants du Syndicat national des employés (es) de l’aluminium d’Arvida (Unifor).

Par voie de communiqué, la députée a mentionné que cette rencontre a permis d’établir que la région pourra diversifier une partie de sa base économique en misant sur tous les atouts qu’elle possède, soit un vaste territoire, une main-d’œuvre qualifiée et tous les services sociaux et gouvernementaux. Il a été convenu que les syndiqués fourniront à la ministre leurs demandes d’ici la fin de la semaine. Mme Laforest confirme qu’elle doit rencontrer prochainement la haute direction de Rio Tinto pour discuter de ses intentions.