La maison Rémi-Hudon fait partie du parcours patrimonial de la municipalité, qui inclut la réalité virtuelle. L’application Cléophas propose un parcours dans l’autre dimension, qui permet d’en apprendre plus sur le bassin de cette maison.

Renouveau au coeur d'Hébertville

En s’établissant à Hébertville au Lac-Saint-Jean, Christian Lagacé a réalisé, en quelque sorte, un vieux rêve. Celui qui caressait le projet de restaurer un presbytère a mis la main, en compagnie de sa conjointe, sur une maison à l’histoire tout aussi imposante, la maison Rémi-Hudon. Le coup de foudre est total avec le berceau du Lac-Saint-Jean pour ce passionné de restauration de bâtiments, qui vient de faire l’acquisition, en compagnie de trois autres partenaires, d’un deuxième bâtiment situé devant la maison d’époque, l’Hôtel Hébert.

Le rêve est double, puisque la conjointe de Christian Lagacé, Nancy Gravel, caressait également le projet de s’établir au Saguenay–Lac-Saint-Jean, dans sa région natale.

Christian Lagacé et sa conjointe, Nancy Gravel, entretenaient le rêve de s’établir dans la région d’origine de celle-ci.

« C’est un vieux rêve de jeunesse. Je désirais faire l’achat d’un presbytère. J’ai fait des recherches sur Internet et j’ai trouvé cette résidence. J’ai été charmé par l’histoire de la maison [...]. Je la vois avec des yeux différents, c’est mon métier », confie Christian Lagacé, qui avait l’habitude de visiter la région quelques fois par année.

Le couple habite la maison Rémi-Hudon depuis mai 2018. Afin d’être en mesure d’y résider en permanence, l’ébéniste-artisan a multiplié les efforts et les longues heures de travail dans la résidence rurale construite en 1862. « Je ne travaille pas, je m’amuse. J’ai la chance, que peu de personnes ont, de gagner ma vie en faisant ce que j’aime le plus au monde. Je me couche et j’ai déjà hâte au lendemain matin. Je sais ce qui m’attend. Même si je travaille sept jours par semaine et 10-12 heures par jour, c’est du bonheur », souligne-t-il. Sa conjointe, Nancy Gravel, souligne le travail acharné de son conjoint et son grand souci du détail.

La maison Rémi-Hudon a été construite en 1862 au coeur de la municipalité d’Hébertville. L’étage supérieur de la résidence rénovée laisse voir ses couleurs d’origine.

Les derniers travaux permettront de compléter la finition du projet extérieur, notamment avec l’ajout de chambranles et d’ornements.

Celui qui provient de la région des Laurentides avoue être frappé par la gentillesse des résidants d’Hébertville. « Les gens viennent me voir et me parlent. On me remercie de restaurer cette maison, parce que c’est un monument. C’est mon carburant et ma paye », avoue-t-il humblement.

Le deuxième étage de la maison Rémi-Hudon laisse voir un salon d’époque.

Même si le projet est mené par l’homme de 52 ans, celui-ci rappelle l’importance de l’appui et du support des différents collaborateurs. « La municipalité est animée et positive, autant monsieur le maire (Marc Richard) que la direction. Si je n’avais pas eu cette collaboration, je n’aurais pas pu le faire », explique M. Lagacé, qui orchestre cet immense chantier sans subvention. Le passionné d’histoire souligne également le support du Service d’aide-conseil en rénovation patrimoniale (SARP). Il s’agit, selon lui, d’un précieux allié pour les personnes qui se lancent dans des travaux de rénovation d’une maison patrimoniale.

L’intérêt est tel devant la maison Rémi-Hudon et le travail réalisé par ses nouveaux propriétaires que ceux-ci prévoient organiser une journée portes ouvertes, dans les mois à venir. Ainsi, les personnes intéressées pourront découvrir l’impressionnant travail réalisé.

La cuisine du couple rappelle les styles de l’époque.

Faire revivre le secteur

Après avoir restauré la maison qu’il habite, Christian Lagacé s’est donné une autre mission, celle de dynamiser le coeur de la municipalité d’Hébertville. Cela passe notamment par la restauration, qui est en cours, de l’Hôtel Hébert (voir autre texte) et d’autres projets.

L’ébéniste-artisan garde dans sa manche plusieurs autres idées. « Mon but, c’est de revitaliser le centre-ville. La maison, le bar et des serres pour le village. Ça donnera de la vie dans le secteur. La Véloroute passe devant et les gens s’arrêtent, même s’il n’y a rien qui attire l’oeil. Ça commence à prendre forme », conclut-il.

La maison Rémi Hudon s’inscrit dans le circuit patrimonial d’Hébertville.

UN BÂTIMENT AU COEUR DE L'ANCIENNE CAPITALE COMMERCIALE RÉGIONALE 

La maison Rémi-Hudon a été construite en 1862. Natif de Saint-Denis-de-Kamouraska, le principal intéressé a fait construire la maison de trois étages, après un voyage de reconnaissance, pour ensuite y installer un magasin général au rez-de-chaussée. Le commerce fut longtemps l’un des plus importants du genre au Lac-Saint-Jean. 

Le 612 rue Labarre est ensuite devenu une centrale téléphonique et une école. Le bâtiment à vocation résidentielle et commerciale a même été, dans les années 1950, une boutique 5-10-15.

« Ce bâtiment constitue donc un témoin privilégié de l’histoire de la localité, berceau du Lac-Saint-Jean, et de la fonction de capitale commerciale régionale de cette dernière au XIXe siècle », peut-on lire sur le site Internet du ministère de la Culture et des Communications.

La famille Hudon s’est départie de la résidence de 21 pièces en 1976. Elle a alors été convertie en une auberge qui portait le nom de La Lucarne.

Christian Lagacé et Nancy Gravel ont fait l’acquisition de la maison Rémi-Hudon en 2018. Ceux-ci en ont assuré la restauration en vue de l’habiter.

Cité immeuble patrimonial, une protection est accolée à l’enveloppe extérieure de la résidence. Selon le ministère de la Culture et des Communications, le bâtiment est représentatif de la maison québécoise d’inspiration néoclassique. Grandement présente dans la seconde moitié du XIXe siècle, la construction est une adaptation de la demeure rurale d’inspiration française aux conditions climatiques du pays, aux matériaux et aux influences de styles.

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L'HÔTEL HÉBERT RENAÎT POUR LES HOMMES

(Annie-Claude Brisson) – L’Hôtel Hébert, qui est situé devant la maison Rémi-Hudon, est, lui aussi, au coeur d’une grande transformation orchestrée par Christian Lagacé. Le projet, qui prend place dans le bâtiment plus récemment occupé par le Bar de l’autre place, est réalisé en compagnie de sa conjointe Nancy Gravel et du couple formé de Gina Beaudoin et de Robin Labonté. 

Beaucoup de temps et d’énergie y sont consacrés en vue d’y créer un espace dédié aux hommes, qui portera un nom rassembleur, « Les artisans d’Hébertville ». 

« C’est pour les hommes retraités qui pourront s’amuser, bricoler et en apprendre sur l’ébénisterie », raconte M. Lagacé. 

Celui-ci explique son choix de par l’abondance d’activités dédiées aux femmes, contrairement à ce qui existe pour les hommes. Il espère que l’endroit devienne un lieu de réseautage et de partage.

M. Lagacé compte accoler une vocation artistique à ce bâtiment ancré au coeur de l’histoire d’Hébertville. Déjà, des discussions sont en cours avec des artisans du milieu. 

Ainsi, des ateliers de vitraux, de peinture, de sculpture et de musique pourraient occuper l’espace dans un avenir rapproché.

Plusieurs étapes

Avant que la population puisse découvrir la version finale du projet, Christian Lagacé et ses partenaires doivent traverser plusieurs étapes de démolition, de construction et de restauration. 

« On a tout retiré les murs et les planchers. C’était à l’abandon depuis quelques années. L’hiver dernier, l’eau coulait dans le bâtiment. C’était plein de champignons. On a tout arraché et tout décontaminé. Tout est maintenant parfait », explique-t-il.

Le passé du bâtiment devrait être rappelé, notamment, grâce à la galerie inspirée de celle de l’époque et présente sur deux façades, ainsi qu’à la crête faîtière en métal qui se trouvait, autrefois, au sommet du bâtiment. 

Les enseignes devraient également correspondre à la belle époque de l’Hôtel Hébert.

Force est d’admettre que Christian Lagacé ne manque pas de projets dans la municipalité d’Hébertville.

Toutefois, l’homme passionné par la restauration de bâtiments désire se faire discret quant à ses projets à venir.