Le directeur de la Santé publique du Québec, le Dr Horacio Arruda, s’est montré intéressé au CAPO.

Rencontre fructueuse avec la ministre

Les représentants du Comité action prévention opioïdes (CAPO), fondé il y a près d’un an à Jonquière, sortent ravis d’une rencontre tenue lundi au cabinet de la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois. L’objectif était de lui présenter l’organisme et sa mission, en vue de l’implantation prochaine d’un plan d’action national.

Le CAPO a vu le jour à la suite d’une série de vols de narcotiques perpétrés dans des pharmacies de Jonquière l’an dernier. La pharmacienne Guylaine Rousseau, dont le commerce a été le théâtre de braquages, a souhaité mettre en place un organisme pouvant agir en amont. Après avoir frappé à plusieurs portes pour obtenir du soutien et des données statistiques, sans grand succès, elle s’est tournée vers le politique. Guylaine Rousseau a trouvé une oreille attentive chez le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, qui a tout de suite saisi les enjeux liés à la consommation d’opioïdes sur le territoire de sa circonscription, mais aussi dans l’ensemble de la région.

Lors d’une conférence de presse tenue en septembre dernier, le politicien disait souhaiter profiter des travaux nécessaires au déploiement d’un plan d’action provincial pour sensibiliser la ministre à la crise des opioïdes et ses effets, dans un contexte régional.

En entrevue téléphonique lundi, Sylvain Gaudreault s’est dit très heureux des rencontres, lesquelles ont permis aux représentants du CAPO de discuter avec la ministre, des membres de son cabinet et le directeur de la Santé publique du Québec. Selon ce que rapporte le député Gaudreault, le Dr Horacio Arruda s’est montré intéressé par les objectifs poursuivis par le CAPO et par les résultats d’un sondage mené par l’organisme au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« Nous avons reçu un très bon accueil et c’est très positif. Nous avons senti beaucoup d’écoute de la part de la ministre Charlebois, mais surtout de la part de M. Arruda. Nous lui avons parlé des réalités régionales, dont le plan d’action provincial devra prendre en compte. Il va dans le même sens que nous en ce qui concerne l’importance d’agir en prévention. La ministre s’est aussi montrée ouverte à nos propositions », a résumé Sylvain Gaudreault.

Projet Pilote

Guylaine Rousseau se réjouit d’avoir pu expliquer la raison d’être de l’organisme qu’elle a cofondé et dont elle est devenue la porte-parole. Selon la pharmacienne, même si le nombre de méfaits commis dans des pharmacies a diminué, des vols continuent d’être perpétrés dans d’autres commerces, un phénomène qui n’est pas étranger à la consommation de drogues et à la dépendance.

« Notre objectif, c’est la réduction des méfaits. Pour y arriver, il faut mettre en place les outils nécessaires pour bien comprendre les problématiques liées à la consommation et mettre en place des solutions pour que les personnes qui consomment ne commettent pas de méfaits », met en relief Guylaine Rousseau, qui croit que l’initiative déployée à Jonquière pourrait faire des petits et profiter à l’ensemble de la population québécoise. La région pourrait même être le théâtre d’un projet pilote. 

La Sûreté du Québec (SQ) et la Sécurité publique de Saguenay (SPS) sont des partenaires du CAPO, tout comme Le Patro de Jonquière, le Centre de justice de proximité du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le CAVAC et d’autres organismes communautaires. Des représentants du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS), par l’entremise du Centre de réadaptation en dépendance (CRD), siègent aussi au comité. Guylaine Rousseau et Sylvain Gaudreault espèrent que le CAPO sera officiellement reconnu par les instances en santé de façon à ce qu’il puisse bénéficier des ressources financières nécessaires à son bon fonctionnement et à son positionnement.