Le vice-président de l'Association des trappeurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Marc-André Racine, est accompagné d'un jeune trappeur, Simon Gagnon, qui en est à sa deuxième saison.

Rencontre annuelle des trappeurs et acheteurs: l'occasion de faire des affaires

Dimanche, les amateurs de trappe de la région se sont rassemblés pour la rencontre annuelle des trappeurs et acheteurs organisée par l'Association des trappeurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Dans la salle de l'hôtel Delta de Jonquière, ils ont donc pu profiter de la journée pour faire des affaires, mais également pour discuter.
«Il y a deux maisons d'encan qui sont ici et qui vont prendre en consignation les fourrures des trappeurs, pour ensuite les vendre lors des encans internationaux. Il y a également un acheteur local, Mario Bilodeau, de Bilodeau Canada, alors les trappeurs ont le choix entre les deux», explique le vice-président de l'association, Marc-André Racine.
En plus de la possibilité de vendre leurs fourrures, les participants pouvaient également gagner des prix de présence et assister à une démonstration de dépiautage.
«C'est vraiment une journée populaire, affirme M. Racine. L'année dernière, on a accueilli au moins 200 personnes. Il y a un peu moins de monde cette année, peut-être à cause de la température, malgré que les trappeurs ne devraient pas avoir peur du froid! Il y a également le prix des fourrures qui est annoncé, lequel n'est pas très avantageux présentement.»
«L'économie de la fourrure, c'est toujours en dent de scie, explique Mario Bilodeau. Ça va avec la mode. Présentement, le prix de la fourrure est plutôt bas, alors il y a moins de personnes qui vont à la trappe. Mais les prix recommencent déjà à remonter, alors on estime que l'année prochaine va être une excellente saison.»
C'étaient donc les véritables passionnés qui étaient présents dimanche. Pour Marc-André Racine, la trappe est en effet d'abord et avant tout une passion.
«Je ne crois pas que la majorité des gens fassent de la trappe pour le prix de la fourrure, même si ça va influencer le nombre de captures. Toutefois, bon an mal an, je suis capable de combler tous mes frais avec la vente de fourrure. Ça paye l'essence que j'utilise pour ça, mes permis, ma chasse à l'orignal, mon propane... je n'ai pas à débourser de mes poches. Mais je travaille vraiment beaucoup!», raconte-t-il.
«Les trappeurs vont tout aimer, que ce soit la pêche, la chasse ou le piégeage. Par contre, si on les obligeait à faire un choix dans leurs activités, je crois que la grande majorité va choisir le piégeage, car c'est véritablement une passion», ajoute-t-il.
Selon lui, l'une des différences marquantes entre la chasse et la trappe est la responsabilité que le trappeur ressent envers la nature.
«On trappe toujours sur les mêmes terrains ou presque. Alors on va accorder nos pressions de piégeage sur les populations qui sont plus abondantes. On va relever le minimum des autres espèces, pour qu'on puisse revenir l'année prochaine. Je crois que le piégeur va être plus respectueux de la faune que le chasseur, car ce dernier ne fait pas de gestion. C'est le ministère qui le fait pour lui», conclut M. Racine.
Séduit par la liberté
Michel Livernoche est trappeur depuis près de 40 ans. C'est une passion, et ce qui l'a séduit dans cette activité est la liberté qu'elle lui procure. Alors il était tout naturel pour lui d'initier ses fils à cette activité, afin de créer la relève.
Félix, 7 ans, et Maxime, qui aura bientôt 9 ans, accompagnent leur père depuis qu'ils sont tout jeunes, tant dans la forêt que dans les activités touchant à la trappe. Ce qu'ils aiment par-dessus tout? Les sorties en quatre-roues et en motoneige, en plus de tendre les pièges pour les animaux.
«Mes enfants sont élevés avec la trappe. Ils passent des journées dehors. Maxime a commencé alors qu'il avait 2 ans et Félix c'était à 4 ans. Maxime a attrapé son premier lynx quand il avait 6 ans!», raconte M. Livernoche.
Selon le trappeur, ses deux enfants sont maniaques de cette activité. «Ils m'accompagnent partout.
Il y a des jeunes qui se lèvent et qui écoutent des bonshommes à la télévision. Eux, ils écoutent Les Montagnards. On reste dans le bois et ils jouent en allant poser des collets en arrière de la maison. Il faut qu'on les chicane un peu pour être certain qu'ils n'en posent pas trop!», poursuit-il.
Michel Livernoche, qui s'implique dans plusieurs comités, associations et projets concernant la trappe, estime qu'il est nécessaire pour lui de partager sa passion avec ses fils. «Je crois que la relève est extrêmement importante. Sinon, il n'y aura plus de trappeurs», explique-t-il.
Il mentionne que de plus en plus de jeunes commencent à s'intéresser à cette activité, mais que c'est très récent comme phénomène. «Je crois que ça devient un peu trop gardé par les vieux. C'est un peu comme s'ils voyaient les jeunes comme de la compétition. Il faut s'ouvrir aux jeunes et changer les mentalités pour qu'on ait une relève», ajoute-t-il.
Formation
Le vice-président de l'Association des trappeurs du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Marc-André Racine, remarque quant à lui que les jeunes participent de plus en plus aux formations pour devenir trappeur.
«Bon an mal an, je donne environ trois cours par année. Ce que je vois de plus en plus, ce sont les amants de la nature qui préparent leur retraite, les jeunes, qui sont passionnés, et quelques femmes, qui veulent accompagner leur mari. En fait, la trappe devient une activité plutôt familiale», explique-t-il.