L’offre de marchés publics doit être mieux structurée, selon l’organisation des Fêtes gourmandes du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Réinventer le marché public

Alors que Saguenay se penche sur l’avenir de ses marchés publics, l’équipe des Fêtes gourmandes propose un nouveau modèle de marché de proximité.

L’organisation régionale mise sur les marchés itinérants, jumelés à des événements ou attraits touristiques. Depuis moins d’un an, les Fêtes gourmandes offrent d’accompagner les festivals ou municipalités pour l’organisation d’une petite foire culinaire.

Cet été, l’organisation bénévole s’associe à trois événements pour présenter des marchés publics. L’équipe compte doubler le nombre d’événements l’an prochain pour arriver à une douzaine de marchés publics au Saguenay-Lac-Saint-Jean d’ici trois ans.

« On veut réinventer le marché de proximité », annonce d’emblée Raymond Rouleau, vice-président des Fêtes gourmandes. « La région a vu naître plusieurs marchés publics permanents, mais ils se sont tous essoufflés. À Saguenay, on compte un producteur pour ceux de Jonquière et de Chicoutimi. D’autres petites initiatives ont aussi vu le jour, mais à l’exception du marché public de Saint-Gédéon qui a un bon achalandage, les autres ont connu moins de succès », constate M. Rouleau.

La faible densité de la population, les petits budgets et une saison courte n’ont pas contribué à ce que ces marchés de proximité deviennent des incontournables pour la population régionale. Le peu de profit récolté à ces événements a également découragé les producteurs, qui délaissent de plus en plus les marchés publics. D’où l’importance de mieux encadrer ces « attraits » estivaux, plaide M. Rouleau.

« Le temps est fini de prendre les agriculteurs comme des bêtes de cirque. On doit leur garantir des revenus minimums dans ces événements ou du moins donner les conditions pour y arriver. Ces producteurs n’ont pas le temps de se déplacer en été, il faut donc que ça soit rentable », ajoute Raymond Rouleau, horticulteur à la retraite et bénévole aux Fêtes gourmandes.

« C’est pour cette raison que les marchés doivent être bien structurés. Il faut avoir une bonne représentativité de produits, pas juste de la salade. Ce que les Fêtes gourmandes offrent, c’est notre expertise et surtout notre liste de producteurs. On s’occupe de trouver les gens qui seront au cœur du marché et le partenaire, un événement ou une municipalité s’occupent des installations », précise M. Rouleau.

C’est cette stratégie qui a été adoptée pour les trois marchés publics de cet été. Les Fêtes gourmandes participeront au Festival du fromage de Saint-Prime, à la Fête des récoltes de Saint-Gédéon et à l’Exposition agricole de Chicoutimi. « Il faut davantage tirer profit du créneau des marchés publics. Une dizaine de producteurs de la région choisissent actuellement de présenter leurs produits dans des marchés à l’extérieur de la région plutôt qu’ici. Si la région ne réussit pas à mettre en place un modèle efficace, le marché de proximité va lui échapper », insiste M. Rouleau.