Règles entourant les déplacements en zone rouge des employés de Saguenay: un abus de pouvoir selon le syndicat

Eve-Marie Fortier
Eve-Marie Fortier
Le Quotidien
Katherine Boulianne
Katherine Boulianne
Le Quotidien
Une note envoyée aux employés de la Ville sur les comportements à adopter en lien avec la pandémie fait vivement réagir le Syndicat des employés municipaux de la Ville de Saguenay (CSN). Le syndicat considère que les exigences de la direction envers le personnel concernant les déplacements volontaires en zone rouge « manquent de respect ». Même s’il adhère aux recommandations de ne pas entrer en zone rouge, il affirme qu’il s’agit d’un « abus de pouvoir » d’interdire aux travailleurs de prendre leurs propres décisions quant à leurs journées de congé.

« Dès à présent, tout employé qui se déplacera volontairement dans une région en alerte rouge devra, à son retour, respecter un isolement obligatoire de 14 jours à même ses banques de congés afin d’éviter tout risque de contamination. L’employé qui désire éviter un tel isolement devra obligatoirement se soumettre à un test de dépistage et fournir une preuve de résultat négatif afin d’effectuer un retour au travail. Ces journées jusqu’à la réception du résultat seront prises dans les banques de congés », pouvait-on lire dans la note envoyée aux employés jeudi.

Selon le Syndicat, ce domaine d’expertise appartient à la Santé publique et il s’agit d’un « abus de pouvoir » de la part de l’employeur d’établir de telles mesures.

« Nous n’accepterons aucune mesure prise contre nos membres au retour de l’Action de grâces la semaine prochaine. Si tel est le cas de votre part, nous contesterons ces mesures par les pouvoirs qui nous sont conférés par les lois et la convention collective en vigueur, peut-on lire dans une lettre signée par Éric Blanchette, président du Syndicat des employés municipaux de la Ville de Saguenay (CSN), en réaction à la note de service émise sans présentation préalable à l’exécutif syndical. Cette façon d’agir n’est pas acceptable, surtout dans le contexte de la crise de la COVID où il est nécessaire d’établir une relation de collaboration si vous désirez que les choses fonctionnent bien. »

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SAGUENAY RESTE SUR SA POSITION

Le conseiller Michel Potvin reste ferme: peu importe la contestation du Syndicat des employés municipaux de la Ville de Saguenay (CSN) envers la mesure annoncée contre les voyages en zone rouge, la municipalité ne reculera pas.

« Des employés disaient ouvertement qu’ils partaient dans une ville en zone rouge. On ne peut pas laisser faire ça, nous avons vu ce que ça a donné avec le service de police» , explique le conseiller au Quotidien.

Michel Potvin faisait ainsi référence au policier à l’origine de l’éclosion, qui aurait été contaminé à l’extérieur de la région. C’est suite à ces événements que Saguenay a émis une nouvelle directive à ses employés. 

« Tout employé qui se déplacera volontairement dans une région en alerte rouge devra, à son retour, respecter un isolement obligatoire de 14 jours à même ses banques de congés afin d’éviter tout risque de contamination. L’employé qui désire éviter un tel isolement devra obligatoirement se soumettre à un test de dépistage et fournir une preuve de résultat négatif afin d’effectuer un retour au travail. Ces journées jusqu’à la réception du résultat seront prises dans les banques de congés à ses employés de ne pas se rendre en zone, sous peine de devoir se placer en isolement de 14 jours à leur retour. 

M. Potvin est conscient  de l’effort qui est demandé aux employés municipaux, mais il assure que la mesure controversée est nécessaire en cette période de pandémie. «On le voit que les gens baissent la garde. C’est certain que la directive est sévère, mais au moins elle fait réfléchir.  Un moment donné il faut prendre ses responsabilités et il faut réagir. Tout ce qu’on peut faire à la Ville pour limiter la propagation, on le fait. L’important c’est d’essayer d’arrêter ce virus-là. »

Le conseiller s’attend bien à ce que le syndicat des employés municipaux continue de contester la légalité de la directive, il confirme toutefois que celle-ci est là pour rester.  « Qu’ils fassent leurs griefs, on verra rendu là.  En attendant, nous appliquons la mesure», conclut Michel Potvin.