Régime forestier: Alliance Forêt Boréale applaudit la décision de Québec

Le porte-parole d’Alliance forêt boréale et maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, applaudit les engagements du premier ministre François Legault et du ministre de l’Économie Pierre Fitzgibbon sur le dépôt d’un nouveau régime forestier réclamé depuis le lendemain de son adoption il y a sept ans.

Pascal Cloutier rappelle que l’organisme qu’il préside et qui regroupe les élus des communautés forestières du Québec a été au cœur de cette bataille engagée par les régions. Les élus locaux ont dénoncé à plusieurs reprises l’entêtement de la haute fonction publique pour la modification du régime. Les engagements des numéros un et 2 du gouvernement caquiste, jeudi, comblent les attentes.

«Nous avons eu une rencontre de 50 minutes avec le ministre Fitzgibbon. Nous lui avons expliqué que la modification réclamée devait dans un premier temps toucher tout le volet de la planification qui est un problème majeur. Il est impératif et nous l’avons rappelé au ministre que la réforme s’attaque à cet aspect», a déclaré Pascal Cloutier.

La rencontre avec le ministre avait lieu à peine une heure après l’annonce de la réforme du régime à Alma par le premier ministre François Legault.

Malgré cette annonce, la discussion sur le régime forestier a amené les parties à échanger sur la problématique du coût de la fibre et les aspects spécifiques du régime qui constituent des obstacles au développement de l’industrie, dont le coût de la fibre.

Selon Pascal Cloutier, le ministre de l’Économie considère aussi la situation actuelle comme un enjeu pour l’industrie. Le régime forestier mis en place par le gouvernement libéral a fait exploser le coût de la fibre au point où le Québec est l’une des juridictions où le prix du bois est le plus élevé.

«C’est un enjeu pour nous et nos entreprises. La fibre est à la base de la solidité et de la stabilité de l’industrie. Le ministre est sur la même longueur d’onde que nous sur ce point. On croit que c’est le deuxième aspect majeur qu’il faut régler dans la modification du régime forestier.»

Le porte-parole d’Alliance forêt boréale ne pouvait laisser passer l’occasion d’attirer l’attention du ministre de l’Économie sur l’autre grand combat du groupe qui concerne toute la problématique des aires protégées, incluant le caribou forestier.

«Nous lui avons cité en exemple Rio Tinto. Si l’entreprise n’est pas en mesure d’avoir tous les jours la quantité de bauxite pour ses opérations, il sera difficile de faire des investissements. L’industrie forestière doit avoir de la prévisibilité pour pouvoir envisager des investissements à long terme.»

Le porte-parole croit qu’au terme de cette rencontre, le ministre de l’Économie a un portrait réaliste de ce qui devrait être mis de l’avant par le gouvernement du Québec pour donner un second souffle à l’un des principaux pôles de l’économie québécoise avec pas moins de 65 000 emplois. Pascal Cloutier a reconnu que Pierre Fitzgibbon avait fait ses devoirs et possédait très bien le dossier.

«L’industrie forestière, ce n’est pas un seul secteur au Québec avec des usines. C’est une véritable chaîne industrielle qui va de la sylviculture à la transformation dans les usines de sciage et les us de pâtes et papiers. On ne peut pas parler de donner un second souffle à notre industrie sans intervenir dans toute la chaîne industrielle.»

Alliance forêt boréale voulait également connaître les raisons pour lesquelles le gouvernement du Québec n’a pas jugé opportun d’intégrer le volet forestier dans le plan de relance économique. Contrairement à d’autres secteurs, le secteur forestier n’a obtenu aucune enveloppe ou projet spécifique.

Le ministre a réitéré qu’il ne souhaitait pas mettre en place de programme spécifique pour relancer l’industrie. Par contre, il a assuré les participants à la conférence qu’il n’hésitera pas à lever la main pour une participation gouvernementale dans des projets si l’occasion se présente.

«Le premier ministre du Québec avait pris un engagement électoral de modifier le régime forestier. Il considérait qu’il y avait des problèmes. Il respecte son engagement électoral et nous allons nous assurer que la modification réponde bien aux besoins exprimés par les communautés forestières.»

Le dernier volet de la rencontre a porté sur la délocalisation des fonctionnaires du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Les élus demandent au gouvernement du Québec de déplacer dans les régions le bureau central du ministère ainsi que les fonctionnaires qui y travaillent. Il est temps, selon Pascal Cloutier, que les gens qui prennent des décisions comprennent bien les réalités de ceux et celles qui vivent de la forêt.