Sylvain Gaudreault est insatisfait de la réponse du ministre Éric Girard quant à sa demande de régime d’assurance pension.
Sylvain Gaudreault est insatisfait de la réponse du ministre Éric Girard quant à sa demande de régime d’assurance pension.

Régime d'assurance pension: le ministre Girard laisse Sylvain Gaudreault sur son appétit

Eve-Marie Fortier
Eve-Marie Fortier
Le Quotidien
Une lettre signée par le ministre des Finances, Éric Girard, qui exclut la mise sur pied d’un régime d’assurance pension sous le modèle de l’Ontario, laisse le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, insatisfait.

Plusieurs pressions politiques ont été effectuées auprès du gouvernement caquiste depuis l’automne, dans la foulée de la mise sous la protection de la loi de la faillite de Groupe Capitales Médias (GCM). Du nombre, Sylvain Gaudreault a effectué une sortie à l’Assemblée nationale, le 11 février, afin de réclamer au gouvernement une garantie de protection de la rente des retraités en cas de faillite de leur employeur. « Le ministre a immédiatement répondu négativement à notre demande », rapporte le candidat à la chefferie du Parti québécois.

Éric Girard a ensuite envoyé une lettre, dont Le Quotidien a obtenu copie, quelques jours plus tard, dans laquelle le ministre des Finances dit préférer l’approche mise de l’avant par Retraite Québec, soit l’administration des rentes sans garanties.

« Il semble défendre les entreprises au détriment des retraités », dénonce le député de Jonquière.

Dans sa missive, le ministre Girard affirme qu’une assurance pension impliquerait plusieurs enjeux financiers pour le gouvernement et les entreprises. « Un fonds d’assurance impliquerait un coût supplémentaire pour les employeurs québécois, qui supportent déjà des charges importantes pour ces régimes. De plus, une telle proposition soulèverait des enjeux financiers pour le gouvernement, qui serait appelé à contribuer advenant une insuffisance des fonds du régime d’assurance. »

À cela, le député de Jonquière répond que plus le régime est maintenu solvable par les entreprises, moins leur cotisation sera élevée. Il ajoute également qu’un tel régime est nécessaire pour protéger les retraités en cas de faillite de l’entreprise pour laquelle ils ont travaillé une bonne partie de leur vie. « Certaines personnes prennent leur retraite à 60 ans et vivent jusqu’à 90 ans. Ils doivent donc être assurés d’une certaine entrée d’argent durant ces 30 ans et ne pas avoir peur d’être touchés par une possible faillite de leur ancien employeur. »

Plusieurs parties de la lettre d’Éric Girard ont laissé Sylvain Gaudreault sur sa faim. Le ministre refuserait de lui fournir des statistiques par rapport à la réussite des régimes actuels. Même s’il prétend que ces derniers sont fonctionnels, aucun chiffre ne permet de le démontrer, selon le député péquiste.

« Le ministre croit que les régimes actuels sont satisfaisants pour les retraités, mais ils n’offrent aucune garantie de prévisibilité et de stabilité. La législation face à la mise en place de régimes à prestations cibles, qu’il a l’intention de déposer, ne serait pas plus rassurante, car les régimes suivraient les fluctuations du marché financier et n’offriraient encore une fois aucune garantie de prévisibilité. »

Sylvain Gaudreault confirme avoir l’intention de répliquer au ministre. « Nous avons reçu une réponse insatisfaisante du ministre, mais nous allons certainement revenir à la charge pour y répliquer. »