Le cinéaste Paul-Claude Demers a reçu le Grand prix national des mains du jury professionnel composé de David Uloth, Ina Pira, Céline Bonnier, Stéphane Crête et Samuel Archibald. Son film Mon dernier été, aura accès à la sélection des Oscars dans la catégorie meilleur court métrage.

REGARD couronne ses gagnants

REGARD a couronné ses gagnants dimanche matin. Au final, 11 prix et trois mentions d'une valeur totale de 60 000$ en bourses et services ont été remis. Parmi les récipiendaires, deux réalisateurs repartent de Saguenay avec un accès à la sélection des Oscars dans la catégorie Meilleur court métrage. 
Le travail du jury professionnel n'a pas été de tout repos. Trois heures et demie de délibération ont été nécessaires avant que les membres en viennent à un consensus. «Il y a vraiment beaucoup de beaux bijoux», a souligné Céline Bonnier en guise d'explication. Le jury composé de l'auteur Samuel Archibald, des acteurs Céline Bonnier et Stéphane Crête, de même que du cinéaste David Uloth et de la programmatrice Ina Pira, a finalement remis le Grand prix national, incluant une bourse de 3000$ et 15 000$ en services créatifs, à Mon dernier été de Paul-Claude Demers, un court métrage de 15 minutes qui traite d'agressions sexuelles.    
Le Grand prix international, assorti d'une bourse de 5000$, a quant à lui été remis au film Home de Daniel Mulloy. Dans cette catégorie, une mention a aussi été accordée à Dekalb Elementary de l'Américain Reed Van Dyk. 
Pour une première fois, les récipiendaires des grands prix nationaux et internationaux auront accès au processus de sélection des Oscars dans la catégorie court métrage. 
La course navette de Maxime Aubert a quant à lui reçu le Prix de la meilleure réalisation québécoise. Le cinéaste se mérite une bourse de 2 000 $ ainsi que 10 000 $ en services par Post-Moderne. 
C'est le film Comme les dinosaures d'Émilie Rosas qui a retenu l'attention du jury dans la catégorie Meilleur scénario canadien de langue française. La cinéaste a reçu une bourse de 1 000$.
Le cri de la marmotte de Colin Nixon a été choisi comme meilleur documentaire. Le Prix du Meilleur film d'animation a quant à lui été remis à Renata Gasiorowska pour son film Cipka. Elle recevra 1000$ en bourse et une somme équivalente en services pour une formation à l'École NAD (École des arts numériques, de l'animation et du design.)
Pour une première fois, REGARD accueillait cette année des membres de l'Association internationale de la presse cinématographique (FIPRESCI) venus remettre le Prix de la critique internationale. C'est le film Une autre du réalisateur Nils Caneele qui est reparti avec le prestigieux prix. 
Le Prix de la critique québécoise, remis par l'Association québécoise des critiques de cinéma (AQCC), a été remis au film Import de la réalisatrice néerlandaise Ena Sendijaveric. Celle-ci remporte une bourse de 500 $ en argent. Dans la même catégorie, le court métrage Happy End du réalisateur tchèque Jan Saska repart avec une mention.
Jury Tourner à tout prix et jury public
Le réalisateur Justin Richard-Dostie a mis la main sur le Prix Tourner à tout prix! pour son film intitulé Quand je serai parti. Le prix qui récompense un film tourné de façon indépendante est assorti d'une bourse de 5 000 $ en argent pour la production et l'achat d'un prochain court métrage, ainsi que 15 000 $ en location d'équipements.
Dans la même catégorie, une mention a été accordée au réalisateur Tim Tracy pour DataMine
Les Internautes ont aussi été invités à voter pour leur coup de coeur. C'est le film Vie d'ruelles d'Ara Ball qui a conquis le public. 
Un jury public constitué de trois personnes de la région avait pour sa part la tâche de choisir le récipiendaire du Prix du public, assorti d'une bourse de 1000$. Son choix s'est arrêté sur La laine sur le dos du réalisateur Lofti Achour. 
Le jury public a aussi sélectionné le récipiendaire de la Bourse à la création régionale. Cette dernière, d'une valeur de 500$ en argent et de 10 000 $ en services créatifs offerts par La Bande Sonimage a été attribuée au court métrage Le silence fait peur aux brutes d'Étienne Boulanger.
JURY JEUNES CINÉPHILES ET JURY DE L'ÂME À L'ÉCRAN
Le Prix meilleur court métrage jeunesse a été remis au film Vaysha l'aveugle de Theodore Ushev, film en nomination aux Oscars pour le Meilleur court métrage d'animation en 2017. Le cinéaste canadien reçoit donc une bourse de 1 000 $. 
Finalement, le Grand prix du concours intercollégial De l'âme à l'écran a été remis au film Correspondances de Claire Stenel, une étudiante du Cégep de Rivière-du-Loup.
Un bilan plus que positif
Des salles pleines, des commentaires positifs et des réservations pour l'an prochain. La 21e édition de REGARD a pris fin dimanche soir et même si les données officielles ne sont pas encore compilées, Marie Elaine Riou, directrice générale de l'événement, dresse un bilan plus que positif du festival. 
« On est très contents. Ça s'est super bien passé. Nous avons reçu autant de personnes que l'an dernier c'est certain », affirme Marie Elaine Riou. 
La popularité de l'événement ne fait plus de doute. Samedi soir, toutes les salles étaient remplies. « Nous avons dû refuser une cinquantaine de personnes. Les salles étaient combles. C'est dommage de refuser des gens, nous allons réfléchir à la façon de trouver des places pour tous les cinéastes. En même temps, ça veut dire que les gens viennent au festival. »
Plusieurs personnes de l'extérieur de la région et même du Québec ont pris part à la 21e édition. 
« On a senti une augmentation du nombre d'invités présents, surtout chez les réalisateurs. En compétition nationale, environ 80 % d'entre eux étaient présents. Nous avons aussi reçu une belle délégation française. Beaucoup de nouvelles personnes du milieu étaient là. Les réalisateurs ont pu voir que quand on présente un film ici, on le présente devant un vrai public qui réagit, dans des salles remplies. »
Marie Elaine Riou estime que REGARD est bien positionné. 
« C'est maintenant un incontournable pour le milieu et la population. On a assis la notoriété autant du festival, que du marché et de la compétition. »
Signe que les gens ont apprécié leur passage, certains invités ont déjà planifié leur retour du 14 au 18 mars 2018. 
« Il y a un engouement. À la fin de l'événement, les gens restaient pour jaser. Quand la visite ne veut pas partir, c'est bon signe », conclut Marie Elaine Riou.
Stéphane Crête a grandement apprécié sa première expérience à REGARD.
Stéphane Crête ne regrette rien
Première fois à REGARD, première expérience à titre de membre d'un jury de courts métrages, Stéphane Crête ne regrette en rien son passage au festival. 
« Les délibérations se sont bien passées. Nos opinions étaient très divergentes, mais nous sommes parvenus à nous repositionner collectivement. Nous avons eu de beaux échanges. C'est stimulant », affirme l'acteur membre du jury professionnel de l'événement. 
L'expérience lui a donné la piqûre du court métrage. « J'aimerais continuer à en voir en quantité. »
Il y a d'ailleurs de fortes chances de revoir le comédien à Saguenay dès l'an prochain. 
« On a été bien accueilli, pris en charge d'une façon exceptionnelle. On risque de se revoir », a-t-il lancé avant de reprendre la route en direction de la métropole québécoise. anne-marie gravel