Béton Multi surfaces voulaient offrir une nouvelle option aux clients, en fabriquant des monuments en béton blanc. Le problème, c'est que les corporations des cimetières catholiques de Jonquière et d'Alma refusent leur produit.

Refusées pour une question de durabilité

Les dirigeants de la Corporation des cimetières catholiques de Jonquière ont été surpris de voir que la question des tombes en béton a causé un certain débat. Selon eux, en un an à Jonquière, une seule personne a demandé à avoir ce genre de monument, qui n'est pas accepté sur les cimetières gérés par l'organisme pour une question de durabilité.
En début de semaine, l'entreprise Béton Multi surfaces déplorait que l'installation de ses pierres tombales en béton blanc soit interdite dans les cimetières de Jonquière et d'Alma. D'après la responsable du développement des affaires de l'entreprise, Martine Chateauneuf, les cimetières de Chicoutimi, Saint-Honoré, Chibougamau et Montréal ont tous accepté de recevoir les pierres en béton.
Toutefois, selon le président de la corporation des cimetières catholiques de Jonquière, Roger Pelletier, l'organisme a préféré conserver le granit pour construire les pierres tombales, puisque la ténacité de ce matériau a déjà été prouvée au fil des années. « Notre contrat avec les gens est de 99 ans. On croit que le granit a fait ses preuves et résiste mieux que le béton, qui n'a pas encore fait ses preuves. C'est la raison pour laquelle on a refusé d'accepter du béton dans nos cimetières. C'est pour la protection du consommateur », a indiqué M. Pelletier qui a accepté de répondre aux questions des médias mardi matin, même si ces derniers n'avaient pas été officiellement convoqués. 
Il poursuit en mentionnant que le granit se nettoie bien et résiste à la tondeuse qui passe parfois sur les plaques posées par terre, ce qui facilite l'entretien des cimetières. « On croit que peut-être que le béton ne fera pas le même travail », ajoute-t-il.
D'après le vice-président de la corporation, Jean-Paul Lavoie, il s'agit simplement d'une décision administrative. D'ailleurs, puisque le conseil d'administration a choisi de ne pas utiliser les pierres tombales en béton, la corporation n'a pas accepté l'invitation de Béton Multi Surface d'aller visiter leurs produits.
« On s'est rencontré en conseil d'administration après avoir eu l'invitation, et nous avons décidé que pour le moment, les installations resteraient en granit. Nous voulons assurer aussi une uniformité dans nos cimetières. On sait que le granit ne s'effrite pas et que c'est facile pour les réparations. Nos columbariums sont également tous en granit. C'est pour ça qu'on n'a pas donné de réponses à l'entreprise », explique M. Lavoie.
Le vice-président assure aussi que les clients sont mis au courant des demandes de la corporation lorsqu'ils veulent faire installer une pierre tombale. « On leur explique nos demandes, pour que ça corresponde à un certain standard et que l'entretien soit facile. Nos contrats sont de 99 ans, alors ça coûte cher. On doit avoir les fonds pour gérer ça pendant longtemps. Et même si les familles sont décédées, on continue l'entretien pour que les cimetières soient attrayants », ajoute Jean-Paul Lavoie.
« On ne l'a pas pris à la légère cette décision. On veut vraiment assurer une certaine continuité. On était sept, et on a pris la décision de garder ce qu'on faisait déjà pour essayer de plaire à tout le monde. Jusqu'à présent, on a eu une personne qui a demandé une pierre en béton. On ne dit pas que l'entreprise n'a pas raison de proposer ce produit, mais on a choisi de ne pas avoir de béton », conclut l'un des membres du conseil d'administration, André Martel.
Même s'ils n'avaient pas convié les médias, André Martel, Jean-Paul Lavoie et Roger Pelletier ont tout de même répondu aux questions des journalistes mardi. Pour eux, l'utilisation du granit est préférable au béton en raison de la durabilité.
Du béton pourtant garanti 100 ans
Le 13 avril dernier, les entreprises Granit Moreau et Monuments Lavoie faisaient parvenir une lettre aux conseils d'administration des fabriques de paroisses et aux corporations de cimetières, affirmant que le béton avait jadis mené à la détérioration des cimetières et qu'ils n'effectueraient pas de travaux d'inscriptions, de peinture et de redressement sur les monuments lancés par l'entreprise Béton Multi surfaces. Toutefois, les pierres tombales de béton blanc sont garanties 100 ans. 
Le Quotidien a obtenu copie de cette lettre signée par les dirigeants des deux entreprises régionales. 
« Granit Moreau et Monuments Lavoie sont les deux plus anciens fabricants de monuments de granit de la région. [...] L'éthique qui les anime les enjoint à respecter les normes nord-américaines de qualité en matière de fabrication de monuments. Le maintien du patrimoine cémétérial a toujours été une priorité pour ces deux compagnies », peut-on lire dans la lettre.
« En conséquence, Granit Moreau et Monuments Lavoie annoncent par la présente qu'elles n'effectueront pas de travaux sur ce nouveau type de produit de ciment et demandent que votre organisme en avise les familles et concessionnaires de lot afin de leur éviter toute situation fâcheuse dans l'avenir. Il ne s'agit pas pour Granit Moreau et Monuments Lavoie d'empêcher la saine compétition, mais de contribuer au maintien des normes qui ont traversé avec succès l'épreuve du temps », avaient écrit les dirigeants de Granit Moreau et Monuments Lavoie. 
Par ailleurs, alors que la Corporation des cimetières catholiques de Jonquière affirmait mardi accepter seulement les monuments avec une garantie de vie de 99 ans, Béton Multi surfaces avaient assuré à la journaliste du Quotidien, la semaine dernière, que ses pierres tombales avaient été créées par des ingénieurs et garantissaient 100 ans de vie. 
« Nous ne sommes plus dans l'ancien temps. Le béton n'est plus ce qu'il était et nos monuments sont garantis un siècle », avait affirmé la responsable du développement des affaires de l'entreprise, Martine Chateauneuf.