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Réforme du régime forestier: la promesse de François Legault attendra

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
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L’industrie forestière, les communautés nordiques dont l’économie repose sur ce secteur et les associations d’entreprises de tout le domaine de la sylviculture doivent désormais faire une croix sur la promesse du premier ministre François Legault qui s’est engagé, lors d’une visite au Lac-Saint-Jean, à procéder à l’amélioration du régime forestier (Loi sur l’aménagement durable des forêts).

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a fermé définitivement la porte à une modification du régime pendant l’actuel mandat caquiste. Il a fait connaître cette position émanant de la machine administrative du ministère, vendredi dernier, dans le cadre d’une rencontre avec les maires des communautés forestières regroupées au sein d’Alliance Forêt Boréale.

Cette rencontre, réclamée depuis plusieurs mois par l’organisme présidé par le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, n’a pas vraiment répondu aux attentes des communautés forestières. Le ministre Pierre Dufour a assuré qu’il ne fallait pas compter sur lui pour modifier la loi, et qu’il fallait attendre la mise en place des mesures administratives et leurs impacts sur l’industrie avant de songer peut-être à des modifications dans un échéancier d’un peu plus de deux ans.

Selon des informations qui ont circulé au terme de cette rencontre, le ministre n’a finalement pas donné de réponse claire sur l’ensemble des points soulevés, à l’exception de son opposition ferme à des modifications législatives.

Alliance Forêt Boréale a transmis à l’ensemble de ses partenaires, incluant les syndicats et bénéficiaires de garanties d’approvisionnement, un document formel avec des questions pour obtenir des réponses par écrit. L’organisme n’a pas émis de commentaire officiel, mais une position pourrait être adoptée au cours du prochain conseil d’administration, s’est contenté de dire le président Pascal Cloutier.

Le cœur des demandes concerne tout le volet de la planification des opérations forestières. Les entreprises, qui ont cédé cette responsabilité avec la mise en place du régime forestier actuel, considèrent que le résultat net de cette modification a été de propulser la fibre québécoise au sommet pour le coût de la ressource dans les juridictions comparables. Le coût de la fibre au Québec est devenu en peu de temps parmi les plus élevés dans le monde.

Les entreprises du secteur de la sylviculture (reboisement, entretien de plantation, débroussaillage) exigent les mêmes modifications, mais n’ont toujours pas eu de réponse. Elles sont également en demande pour une plus grande efficacité du ministère à fournir le détail des travaux plus rapidement.

Les communautés forestières ont de plus engagé un bras de fer avec le ministre Pierre Dufour pour la décentralisation de tout ce qui concerne les opérations régionales. Le ministre ne va pas plus loin que l’engagement de la CAQ sur le déploiement des fonctionnaires en région au rythme des départs à la retraite. Il n’a cependant pas été en mesure de fournir des chiffres précis aux maires concernant l’état de cette promesse électorale.

« Au rythme où ça se passe, aussi bien dire que ça va devenir une promesse que les gouvernements vont faire pendant les 50 prochaines années », a confié au Quotidien un élu particulièrement déçu de la position du ministre Pierre Dufour.

Possibilité forestière

L’autre grande inquiétude qui persiste dans les communautés forestières, et qui a été ramenée dans l’actualité par la situation de la Coopérative Boisaco de Sacré-Coeur, concerne la possibilité forestière qui est à la base de l’activité industrielle. Les élus redoutent le Plan caribou qui n’est toujours pas arrêté, ainsi que des projets d’aires protégées qui sont discutés en sourdine entre Québec et des communautés autochtones, comme l’aire protégée d’initiative autochtone du réservoir Pipmuacan.

À titre d’exemple, la stratégie caribou, proposée par le ministère, va faire perdre 20 % des approvisionnements forestiers de la coopérative Boisaco en 2023. Cette baisse d’approvisionnement ne tient pas compte du projet d’aire protégée que Québec devrait accorder à la communauté de Betsiamites pour le réservoir Pipmuacan. C’est donc l’ensemble des activités de cette coopérative forestière, qui est le pilier économique de 12 communautés, qui sont menacées par cette situation.

Le ministre n’a pas été plus précis sur les problèmes vécus dans la relance de l’usine de Chambord, l’enveloppe des travaux sylvicoles qui a diminué de 25 M$ par rapport à une annonce du ministre ainsi que la situation budgétaire d’ensemble du ministère, principalement pour les opérations régionales. Une compression dans la masse salariale décrétée par le Conseil du Trésor risque d’avoir un impact sur les activités fauniques ainsi que celles des opérations régionales du ministère dans la prochaine année.

Les membres du conseil d’administration d’Alliance Forêt Boréale ont soulevé plusieurs questions au ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, lors d’une rencontre tenue vendredi dernier. Plusieurs ont quitté cette rencontre avec une certaine déception et attendent les réponses écrites du ministère.