Les conseillers pédagogiques Jean-Rémi Dionne et Maxime Goulet, ainsi que l’enseignante et criminologue Mélanie Lavoie, attendent la confirmation du nouveau programme d’AEC en Techniques policières pour les Premières Nations.

Refonte de l’AEC en Techniques policières

Les étudiants qui entameront l’attestation d’études collégiales (AEC) en Techniques policières (Premières Nations) d’Expertis formation continue, du Collège d’Alma, devraient bénéficier d’une toute nouvelle formation offrant, notamment, plus d’heures d’enseignement. Histoire d’officialiser la refonte du programme, la Commission des études recommandera au conseil d’administration d’entériner la nouvelle version du programme.

Expertis, qui offre l’AEC en Techniques policières depuis le milieu des années 90, devrait être en mesure d’offrir le nouveau programme à une vingtaine d’étudiants dès le 10 septembre. Celui-ci s’inspire des besoins des communautés. La durée devrait ainsi passer de 900 heures à 1245 heures d’enseignement. « Nos étudiants se retrouveront souvent dans de petits services de police avec plusieurs responsabilités. Les interventions, les procédures et certains cas particuliers seront approfondis », explique le conseiller pédagogique Jean-Rémi Dionne.

La majorité des étudiants qui se présentent chez Expertis le font avec la même motivation. « Ils souhaitent briser le cycle de la violence, des drogues et de l’alcool », raconte le conseiller pédagogique Maxime Goulet. « On a une nouvelle génération qui veut faire une différence dans sa communauté. Ils sont de plus en plus jeunes dans nos groupes. Ils veulent faire une différence en retournant à leurs racines et à leurs traditions. Ils sont des agents de changement », ajoute l’enseignante et criminologue Mélanie Lavoie.

De Pikogan à Natashquan
La clientèle désirant suivre cette formation provient des quatre coins de la province. La dernière cohorte aura d’ailleurs accueilli des personnes issues de dix communautés et cinq nations. Vendredi, de jeunes autochtones ont fait 15 heures de voiture afin de participer à une journée de tests d’admission. « Les étudiants quittent tout pour venir étudier à Alma. Ils ont des enfants avec eux. C’est beaucoup d’adaptation pour eux de suivre les cours, d’être présent et à l’heure. C’est assez complexe au début, avant de s’habituer au rythme de vie », témoigne l’enseignante, qui ajoute que les problématiques sont différentes de celles des élèves évoluant au régulier.

L’enseignement à cette clientèle ciblée n’est pas plus difficile; il est seulement différent. « Le français n’est pas toujours leur première langue. C’est parfois leur deuxième ou leur troisième. On fait plus d’ajustements en classe. On prend plus de temps à toutes les activités pour s’assurer de la compréhension des étudiants », nuance Mme Lavoie.

« On doit lever notre chapeau à nos étudiants qui terminent leur formation. Ils sont partis de loin et se retrouvent dans une grande ville pour suivre une formation intensive. Ils ont vécu énormément de choses au niveau académique, personnel et familial, en une année et demie. On a le souci de les accompagner dans ce projet », conclut M. Dionne.

Les finissants de l’AEC prennent le chemin de Nicolet. Ils y compléteront un programme de formation initiale en patrouille-gendarmerie (PFIPG) autochtone de l’École nationale de police du Québec.