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À sept mois des élections municipales, la Chambre de commerce a voulu parler politique avec ses membres, cette semaine.
À sept mois des élections municipales, la Chambre de commerce a voulu parler politique avec ses membres, cette semaine.

Réflexions sur le politicien idéal

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
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Quel est le politicien idéal ? À quoi ressemble une journée type d’un conseiller municipal ? Quoi savoir avant de voter pour son prochain conseiller ou maire ?

Toutes ces questions et bien d’autres ont été abordées, mercredi, dans le cadre d’une conférence virtuelle organisée par l’aile jeunesse de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord (CCISF).

L’événement visait à encourager les jeunes gens d’affaires à s’intéresser à l’imminente campagne électorale municipale. Dominique Dufour, directeur régional du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, a lancé la conférence en rappelant le rôle des personnes élues et la réalité d’une organisation municipale.

Jonathan Tremblay, ex-conseiller municipal et chroniqueur politique, Marc Saint-Hilaire, directeur général et rédacteur en chef du journal Le Quotidien, et Éric Arsneault, professeur d’actualité au Cégep de Jonquière, étaient invités à se prononcer sur le sujet et même à définir l’élu idéal.

« Il doit être en quelque sorte débrouillard. Il doit être axé sur la résolution de problème, car en fin de compte, c’est ce qu’il fait », image Éric Arseneault, insistant sur l’importance d’être proactif plutôt qu’un passif reconnu pour critiquer.

Issu du milieu de l’éducation, Jonathan Tremblay croit qu’un candidat ou un élu doit être un « bon apprenant ». Parce qu’il est impossible, du jour au lendemain, de connaître les rouages de l’administration municipale.

« Il faut avoir le goût d’apprendre. Tu es amené à connaître des choses que tu ne t’attendais pas de connaître, à toucher à des domaines que tu ne connais pas. J’aimais déjà ma ville avant de me lancer, mais mon expérience n’a fait qu’augmenter ce sentiment. Parce que j’ai pu apprendre et découvrir plusieurs facettes de cette ville et des personnes extraordinaires », témoigne l’ex-conseiller municipal.

Comment un élu peut-il se démarquer des autres en matière de développement économique ? Quelles aptitudes doit-on rechercher ?

« Se faire une tête, comme on dit, c’est à la base même d’un rôle d’élus. Et ça se fait en parlant avec du monde, surtout pour le développement économique. Oui, ça prend une bonne dose de confiance en soi, mais ça prend des gens autour. Une seule personne n’a pas toutes les solutions », commente d’emblée Marc Saint-Hilaire.

« Il y a des organismes qui existent, dont Promotion Saguenay, la Chambre de commerce. Il y a aussi la population. Oui, il faut écouter ceux qui critiquent, mais l’élu doit aussi être en mesure de se détacher d’une ligne partisane, un peu comme un bon Salomon. Il faut être capable de jouer sur ces terrains-là. Un projet est peut-être intéressant, mais il a des lacunes. Il faut donc accompagner les gens pour améliorer les choses. On a vu des échecs de projet à cause d’élus qui se sont encarcanés dans leur positon plutôt que de consulter et tenter d’obtenir un consensus.

Je pense simplement que c’est une situation qu’on voit trop souvent, car les gens n’ont pas pris la peine de voir les deux côtés de la médaille », ajoute-t-il.

Et si les gens d’affaires commençaient à se lancer en politique ? Impossible de le faire avec une entreprise, selon Jonathan Tremblay, qui a lui-même vendu son entreprise de disco mobile avant de se présenter comme conseiller.

« Je n’avais pas une multinationale, mais j’ai fait le choix de laisser mon entreprise pour la politique. La majorité des gens en affaires sont des gens qui s’impliquent, qui aiment prendre des risques. C’est ça le secret aussi pour se lancer, mais est-ce qu’ils sont prêts à le faire ? Si tu vas en politique, tu prends une pause de ton entreprise, car tu deviens en conflit d’intérêts. Je pense que les gens d’affaires qui ont réussi avec leur entreprise et qui se sentent prêts à la délaisser pour la politique, ils peuvent se lancer. Il y en a toutefois beaucoup qui veulent encore faire croître leur entreprise », constate M. Tremblay.