La conseillère municipale Julie Dufour a discuté du mouvement municipalisme en compagnie du professeur Jonathan Durand-Folco qui a tenu une conférence sur le sujet mercredi soir à Chicoutimi.

Redonner le pouvoir aux citoyens

Le municipalisme, ça vous dit quelque chose ? Le professeur Jonathan Durand-Folco a présenté, mercredi, à l’Érudit café de Chicoutimi, ce nouveau mouvement citoyen qui prend de l’ampleur en Europe et aux États-Unis.

« C’est un mouvement politique qui vise à rapprocher les citoyens des décisions prises par leur municipalité. C’est peu présent au Québec. Le but est de redonner le pouvoir aux citoyens et leur permettre d’être des agents de changement », a évoqué le professeur adjoint à l’École d’innovation de l’Université Saint-Paul d’Ottawa.

Le philosophe était l’invité du Groupe de recherche et d’intervention régionales (GRIR). C’est la conseillère Julie Dufour qui animait la soirée de discussion avec l’auteur. Jonathan Durand-Folco a réalisé plusieurs conférences, dont quelques-unes en Europe, et a participé à un forum de discussion avec la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Devant plus d’une quarantaine de personnes, Jonathan Durand-Folco a présenté des exemples d’actions qui s’inscrivent dans le municipalisme. « Aux États-Unis, des villes comme San Francisco ou Chicago se sont opposées à des décrets du président Trump et ont proposé des alternatives. À Bruxelles, les autorités ont décidé d’accueillir des réfugiés alors que le gouvernement l’interdisait », a-t-il exposé.

Ce mouvement peut facilement se développer au Québec et dans la région, selon l’universitaire. « Les villes pourraient mettre en place des budgets participatifs. D’ailleurs, la ville de Saint-Basile-le-Grand en a fait l’expérience récemment. Je vois les municipalités comme un espace politique et vecteur de transformation sociale », expose-t-il. 

Jonathan Durand-Folco propose aux élus et aussi aux citoyens de développer des outils qui vont favoriser la consultation et la prise de décisions. « Il faut que les citoyens se sentent plus impliqués. Avec le défi de l’exode des jeunes et la problématique du manque de main-d’oeuvre, les façons de faire doivent changer pour impliquer les gens dans les décisions de leur communauté », lance-t-il. 

Ultimement, ce mouvement peut favoriser la démocratie et accroître le sentiment d’appartenance dans les municipalités. 

Le professeur considère que des regroupements comme l’Union des municipalités du Québec et la Fédération des municipalités du Québec représentent une forme de municipalisme. Par contre, il pense que les municipalités doivent aller plus loin et multiplier les actions, comme de faire des alliances entre elles dans certains cas précis afin de faire changer des décisions, lois ou règlements provenant des gouvernements supérieurs. Au fond, il souhaite que le développement territorial naisse des localités au lieu d’être imposé par Québec ou Ottawa. Le professeur préconise de redonner un réel pouvoir local aux gens et aux villes et non d’être seulement des exécutants de l’État. 

Pour ceux qui aimeraient en savoir plus sur le sujet, Jonathan Durand-Folco a écrit un livre sur le sujet intitulé, À nous la ville ! Traité de municipalisme.