En compagnie des employés du Groupe Coderr, le président de la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean, André Paradis, la directrice générale du Groupe Coderr, Josée Gauthier, et le superviseur de production du Groupe Coderr, Joël Tremblay, ont présenté les différents projets des deux organisations.

Récupération des encombrants réfrigérés: une règle à changer

Dans une volonté de déployer une expertise à plus grande échelle et de faire sa part dans la récupération des matières polluantes, la Régie des matières résiduelles (RMR) du Lac-Saint-Jean demande au gouvernement provincial de modifier le Règlement sur la récupération et la valorisation de produits par les entreprises.

Le président de la RMR, André Paradis, a rencontré les médias, mardi matin, dans l’entrepôt temporaire du Groupe Coderr. L’entreprise d’économie sociale a développé une expertise pour récupérer à 98 pour cent les halocarbures (gaz, huiles, mercure) des encombrants réfrigérés et autres appareils frigorifiques. Les différents partenaires se sont unis afin de faire changer la réglementation, actuellement basée sur le principe pollueur payeur. Ils veulent plutôt que tous les contribuables fassent leur part pour assumer les coûts de valorisation et de récupération, ce qui permettrait de déployer davantage le projet avec de plus grandes ressources financières.

Depuis trois ans, le Groupe Coderr travaille en collaboration avec la RMR pour diminuer la présence d’encombrants réfrigérés dans les différents sites d’enfouissement du Lac-Saint-Jean. En 2018, près de 4000 encombrants réfrigérés ont été traités par des employés formés, permettant une réduction de gaz à effets de serre (GES) de 4700 tonnes. Malgré ces chiffres en apparence importants, ça représente seulement 25 pour cent des appareils réfrigérants.

Le Groupe Coderr a mis en place la responsabilité élargie des producteurs (REP), en créant cinq nouveaux emplois. Une unité de récupération, avec l’acquisition d’un équipement appelé Jaco, permet d’emmagasiner les gaz réfrigérants et les huiles utilisés dans les réfrigérateurs, congélateurs, climatiseurs, thermopompes, machines à eau et autres électroménagers du même type.

Cette machine, appelée Jaco, permet de récupérer les halocarbures, huiles, mercure et autres polluants contenus dans les électroménagers réfrigérés.

« En moyenne, un ménage compte quatre encombrants réfrigérants », a fait remarquer le superviseur de production du Groupe Coderr, Joël Tremblay, rappelant que même si certains gaz plus polluants ont été bannis au fil du temps, la présence de ces mastodontes dans les sites d’enfouissement a des effets néfastes sur l’environnement.

« Un vieux réfrigérateur mal récupéré peut être aussi dommageable en gaz à effet de serre qu’une voiture qui roule 17 000 kilomètres, a mis en contexte André Paradis. La REP mise en place par la RMR et le Groupe Coderr est une solution simple, mais qui peut avoir de grands impacts sur l’environnement. »

Le Groupe Coderr est prêt à relocaliser son entrepôt temporaire, actuellement situé dans le parc industriel du secteur sud à Alma. L’entreprise souhaite ainsi poursuivre ses efforts pour s’assurer de développer son expertise à plus grande échelle.

« La modification du règlement permettrait de créer une nouvelle filière environnementale importante dans la région, en plus de créer de nouveaux emplois en traitant plus d’unités, a soulevé la directrice générale du Groupe Coderr, Josée Gauthier. La lutte contre les changements climatiques est, en premier lieu, une question écologique et un enjeu environnemental de premier ordre. Cependant, cela n’empêche rien d’y voir un volet économique, car l’économie verte est la nouvelle économie. »

Selon des données fournies pendant la conférence de presse, il y a quelque 19 000 encombrants réfrigérés au Saguenay-Lac-Saint-Jean. À l’échelle provinciale, ce nombre s’élève à 250 000.